Archives du blog

Catherine présente La perspective Nevski, de Nicolas Gogol

La perspective Nevski est une nouvelle de Nicolas Gogol parue en 1835 dans le recueil Arabesques.

Le titre russe est Невский проспект.

On trouve cette nouvelle dans les Nouvelles pétersbourgeoises avec Le nez, Le portrait, Le manteau, La calèche et Le journal d’un fou.


Nicolaï Vassilievitch Gogol (Николай Васильевич Гоголь) ou Mykola Vassyliovytch Hohol (Микола Васильович Гоголь) en ukrainien est né le 20 mars 1809 dans la région de Poltava (centre de l’Ukraine).

Après ses études, il a quitté son pays et a travaillé dans un ministère à Saint-Pétersbourg. Il a commencé à écrire dès 1829 (poèmes, nouvelles), est devenu professeur (un de ses élèves sera Ivan Tourgueniev), a rencontré Alexandre Pouchkine, a publié des contes, des nouvelles, du théâtre. Puis il a voyagé pendant 12 ans en Europe (Allemagne, Suisse, France, Autriche, Pologne) avant de retourner en Russie, à Moscou, où il est mort le 4 mars 1852.

Vous pouvez lire une bibliographie et une chronologie des œuvres dans l’intégrale Quarto.


« Il n’y a rien de plus beau que la perspective Nevski […]. » (page 575, première phrase de la nouvelle).

Vraiment ?

Après une description enjouée de la perspective Nevski et de ses passants du matin au soir, l’auteur s’attache plus particulièrement à deux personnages, deux jeunes hommes : le peintre Piskariov et le lieutenant Pirogov.

L’un d’eux aura un destin tragique…

« Comme le destin se joue mystérieusement de nous ! » (page 607).


L’humour de Gogol rejoint la pauvreté d’esprit et la noirceur de la vie dans ce récit parfait.

J’aurais voulu lire plus d’une nouvelle mais avec la rentrée littéraire, je suis très occupée.  Ce n’est que partie remise car, avec les Nouvelles complètes parues en janvier 2010 aux éditions Quarto Gallimard (1008 pages, 24,90 €, ISBN 978-2-07-012494-7) dans ma bibliothèque, je reprendrai assurément ma lecture de Gogol que j’aime beaucoup.


C’était ma lecture pour J’aime les classiques de septembre et je le présente aussi dans le cadre de Une année en Russie et pour le défi Nouvelles sur les 5 continents (Europe).

 

Cette chronique de lecture est originellement parue le 29 septembre dans La culture se partage, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Catherine.

Catherine présente Grimms manga, de Kei Ishiyama

Grimms manga est un recueil de cinq contes de Jacob et Wilhelm Grimm adaptés et dessinés par la mangaka Kei Ishiyama. Il est paru aux éditions Pika en novembre 2009 et contient 167 pages de manga dont 4 en couleur plus 56 pages des contes originaux (9,90 €, ISBN 978-2-8116-0155-3).

Dans le cadre du Challenge BD de Mr Zombi, je me suis engagée à lire au moins un manga et j’ai eu l’occasion de lire Grimms manga, mais lorsque j’ai vu qu’il y avait aussi les textes des frères Grimm, je me suis dit que ça ferait un bon classique pour J’aime les classiques de juillet en espérant que Marie n’y verra pas d’inconvénient.

Jacob (1785-1863) et Wilhelm (1786-1859) Grimm sont les deux aînés d’une famille de Hanau (Allemagne) qui eut neuf enfants. Ils ont très tôt recueilli des contes allemands mais aussi nordiques en particulier danois. Les cinq contes qui suivent ont été publiés dans Contes de l’enfance et du foyer (deux recueils, 1812 et 1815). Pour ceux qui lisent l’allemand, les contes de Kinder und Haus-Märchen sont en ligne sur http://de.wikisource.org/wiki/Kinder-_und_Hausmärchen. Sur Grimmstories.com, de nombreux contes (dont Hansel et Gretel, et Raiponce) sont disponibles en français, anglais, allemand, espagnol, néerlandais, italien et danois. Vous trouverez l’intégrale des Contes de l’enfance et du foyer dans l’édition de José Corti parue en mai 2009 (1100 pages, 2 volumes, 50 €, ISBN 978-2714310002).


Le petit Chaperon rouge

Conte : Une fillette est envoyée par sa maman dans la forêt pour donner à manger et à boire à sa grand-mère seule et malade. Mais le petit Chaperon rouge rencontre un loup qui veut dévorer à la fois la grand-mère et la fillette.

Manga : Histoire totalement différente puisque le loup est ici un garçon-loup qui va demander la fillette en mariage !


Raiponce

Conte : Un couple qui a du mal à avoir un enfant est contraint de laisser sa fille à peine née à la sorcière qui a donné des raiponces de son jardin. La vieille femme enferme Raiponce dans une tour et y accède grâce aux cheveux que la jeune fille envoit par la fenêtre. Mais un jour, un jeune prince entend Raiponce chanter et en tombe amoureux.

Manga : Histoire adaptée puisque c’est l’inverse, le bébé enlevé par la sorcière est un garçon et c’est Éva, une paysanne qui entend le chant de Raiponce et en tombe amoureuse.


Hansel et Gretel

Conte : Hansel et Gretel sont abandonnés dans la forêt par leur père et leur marâtre. En essayant de touver leur chemin, ils sont attirés par une maison en confiserie où habite une sorcière qui veut les engraisser pour les manger.

Manga : Histoire adaptée avec un Hansel narcissique et une femme cruelle mais belle, fascinée par la beauté du garçon, puis par le courage de sa petite sœur.


Les douze chasseurs

Conte : Un fils de roi a promis à son père mourant d’épouser la princesse que le vieil homme a choisie pour lui. Il quitte donc la jeune fille dont il est amoureux mais celle-ci trouve un subterfuge pour être près de son bien-aimé : elle et onze jeunes filles se déguisent et deviennent les chasseurs du nouveau roi. Le lion du roi, « un animal étrange qui avait connaissance de toutes choses cachées et secrètes » prévient le roi du subterfuge mais le jeune homme ne croit pas son animal.

Manga : Le prince Maximilien est à la chasse avec sa bien-aimée, la princesse Christina, et l’aigle Fabian, lorsqu’il est appelé en urgence auprès du roi. Il promet à son père mourant d’épouser la femme qu’il lui a choisie et quitte Christina. Mais celle-ci se déguise en chasseur et se fait appeler Christian. Le chat Bastien qui devine tout et dit la vérité essaie de prévenir son maître en vain.


Les deux frères

Conte : « Il était une fois deux frères, l’un riche et l’autre pauvre ». Le riche est mauvais et le pauvre est bon mais il doit abandonner ses deux fils car ils ont mangé chacun un petit morceau de l’oiseau d’or de son riche frère. Les deux garçons sont recueillis par un chasseur, puis partent à l’aventure. Ils se retrouvent chacun avec un lièvre, un renard, un loup, un ours et un lion et se séparent. Un des deux frères tue un dragon et se prépare à épouser la fille du roi mais il est changé en pierre par un maléfique maréchal. Un an plus tard, l’autre frère arrive dans la même ville et découvre la vérité.

Manga (en deux parties) : Walter et Volker sont deux frères jumeaux tumultueux. L’histoire se déroule un peu différemment du conte, mais ils sont bien accompagnés des mêmes animaux. Walter tue le dragon et se réjouit d’épouser la princesse Anna, lorsque le ministre Gottlos le transforme en pierre et prend sa place. Heureusement Volker et les animaux vont le libérer et rétablir la vérité.


Tout le monde (ou presque) a déjà lu des contes, de Grimm, ou d’autres auteurs, mais il est vraiment agréable de les relire et de les comprendre en tant qu’adultes car de nombreuses choses échappent aux enfants ! En fait, on sait qu’il y a plusieurs niveaux de lecture dans les contes (des études ont été menées et des livres ont été rédigés comme L’envers des contes de René-Lucien Rousseau ou Ce que disent les contes de Luda Schnitzer).

Une mère qui envoie sa fille en pleine forêt à la merci de mauvaises rencontres (il a bon dos le loup, rappelez-vous Le roman du loup, de Claude-Marie Vadrot !), des parents qui laissent une sorcière prendre leur nouveau-né, d’autres parents qui abandonnent des enfants dans la forêt car ils ne peuvent plus les nourrir, un jeune homme qui pour obéir à son père quitte lâchement sa bien-aimée, etc. Les loups, les forêts, les sorcières, les maléfices, tant de choses qui font peur et qui sont utilisées pour montrer l’indigence des parents, la faiblesse, la lâcheté, la cruauté, etc.

Des histoires à méditer donc…

D’ailleurs, je vais sûrement relire d’autres contes car c’est quand même toujours un véritable émerveillement !


C’est la douzième bande dessinée que je présente dans le cadre du Challenge BD de Mr Zombi et c’est aussi mon classique pour J’aime les classiques de juillet.

Je la présente également ici dans le cadre de BD sur les 5 continents, pour l’Asie (j’avais dit que je lirais un manga).


Cette chronique de lecture est originellement parue dans La culture se partage, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Catherine.

Catherine présente Cyrano de Bergerac, d’Edmond Rostand

Cyrano de Bergerac est une comédie héroïque en cinq actes d’Edmond Rostand créée en 1897.

Il existe plusieurs éditions (de 300 à 400 pages selon la taille du texte), brochée, poche, scolaire, anthologie, recueil et même en bande dessinée. J’illustre mon article avec deux de mes couvertures préférées.

Edmond Rostand (son nom complet est Edmond Eugène Alexis Rostand) est né à Marseille le 1er avril 1868 dans une famille aisée (son père est économiste). Il passe ses étés à Bagnères de Luchon (une station thermale de Haute-Garonne, en Midi-Pyrénées). Il étudie le Droit à Paris et il est publié dès 1887. Il est élu à l’Académie française en 1901. Il est mort à Paris le 2 décembre 1918 (de la grippe espagnole) mais il est enterré dans sa ville natale.

Parmi ses œuvres : un vaudeville (Le gant rouge, 1888), des comédies (dont Cyrano de Bergerac, 1897), des drames (comme L’Aiglon, 1900), de la poésie.

Les fils qu’il a eus avec son épouse Rosemonde Gérard (1866-1953, poétesse) sont les célèbres Maurice Rostand (1891-1964, romancier, poète et dramaturge) et Jean Rostand (1894-1977, écrivain et biologiste, académicien).

Un site sur Edmond Rostand et un autre dédié à Cyrano de Bergerac.


Attention histoire dévoilée en partie !!!


Premier acte : Une représentation à l’hôtel de Bourgogne

1640, Paris, salle de l’hôtel de Bourgogne où va jouer Clorise.

Parmi la foule qui s’installe au parterre, des cavaliers, des bourgeois, des pages, des marquis gascons dont le jeune Christian de Neuvillette qui va entrer dans les Gardes en tant que Cadet.

Christian est amoureux d’une belle jeune fille (il ne connaît pas encore son nom) et il a toutes ses chances car il est très beau mais… : « Je n’ose lui parler car je n’ai pas d’esprit. » prouve qu’il est lucide sur sa condition de « bon soldat timide ». Puis Christian apprend que sa bien-aimée se nomme Magdeleine Robin, surnommée Roxane, et qu’elle est promise au Comte de Guiche…

Mais Clorise va commencer. Alors que Montfleury commence sa tirade, Cyrano intervient, l’oblige à se taire et fait le spectacle ! Ensuite il part à la porte de Nesle (les comédiens et la foule lui font un cortège) se battre seul contre cent hommes qui veulent tendre un piège à son ami Lignière, un poète.

Répliques cultes !

« Un ivrogne doit boire son bourgogne… (Il boit.) à l’hôtel de Bourgogne ! ».

Et évidemment celles sur le nez de Cyrano : « Un nez !… Ah ! Messeigneurs, quel nez que ce nez-là !… », « Apprenez que je m’enorgueillis d’un pareil appendice, […]. », « C’est un roc !… c’est un pic !… c’est un cap ! Que dis-je, c’est un cap ?… C’est une péninsule ! », etc.


Deuxième acte : La rôtisserie des poètes

Rue Saint-Honoré, dans la boutique de Ragueneau, rôtissier-pâtissier.

Ami de Cyrano et des poètes, Ragueneau n’hésite pas à les laisser manger contre leurs écrits, ce qui ne convient pas du tout à son épouse, Lise, qui a fait fabriquer des sacs en papier avec prose et poèmes ! « Fourmi !… n’insulte pas ces divines cigales » ! » lui répond-il.

Cyrano y rencontre Roxane qui est sa cousine. « Je me suis donc battu, madame, et c’est tant mieux, Non pour mon vilain nez , mais bien pour vos beaux yeux. » mais celle-ci lui avoue qu’elle est amoureuse d’un beau jeune homme qu’elle a vu à la Comédie. « Il a sur son front de l’esprit, du génie, Il est fier, noble, jeune, intrépide, beau… » : la pauvre, elle se fait des idées !

Cyrano me plaît beaucoup, il veut être libre, indépendant, et ne pas être obligé d’écrire pour les puissants.

Alors qu’il raconte à la demande générale ses exploits, Christian l’interrompt continuellement en faisant des allusions à son nez mais Cyrano n’ose rien dire au bien-aimé de Roxane et lui propose finalement : « Dis, veux-tu qu’à nous deux nous la séduisions ? ».


Troisième acte : Le baiser de Roxane

Roxane connaît les lettres de Christian (Cyrano) par cœur mais elle est toujours courtisée – et promise – à Monsieur de Guiche… Heureusement ce dernier doit partir pour le siège d’Arras où il est nommé mestre de camp ! Roxane use d’un subterfuge pour que le régiment des Cadets dont fait partie Christian (et Cyrano) reste à Paris. Christian parle seul avec Roxane mais il se montre tellement sot qu’elle le renvoie. Cyrano rattrape le coup avec la scène du balcon (clin d’œil à Roméo et Juliette ?). Cyrano s’emporte un peu : « Ah ! que pour ton bonheur je donnerais le mien […]. » mais l’affaire est faite pour Christian !


Quatrième acte : Les Cadets de Gascogne

Monsieur de Guiche ayant compris la ruse de Roxane a bien sûr envoyé le régiment des Cadets à Arras. Mais le siège se prolonge, il y a de nombreux morts, les survivants meurent de faim… « Qu’est-ce qu’on pourrait bien dévorer ? (Cyrano, lui jetant le livre qu’il tient à la main.) L ‘Iliade. » : éclat de rire ! Enfin Cyrano écrit deux fois par jour des lettres à Roxane au nom de Christian et risque à chaque fois sa vie pour les envoyer. Mais Roxane arrive dans un carrosse conduit par Ragueneau et rempli de bonnes nourritures et boissons : de quoi remonter le moral des troupes ! Mais Christian…


Cinquième acte : La gazette de Cyrano

Automne 1655, Paris, couvent des Dames de la Croix où Roxane s’est retirée après la mort de Christian. De temps en temps, Monsieur de Guiche lui rend visite, elle lui a pardonné et ils sont devenus amis. Chaque semaine, Cyrano vient également la voir et lui raconte ce qui se passe à Paris. Mais ce jour-là…


J’ai essayé de ne pas trop en dire à la fin car il faut que vous puissiez le lire et garder le plaisir de la découverte et du suspense.

Je l’avais déjà lu, deux fois, peut-être même trois, mais le charme était encore au rendez-vous pour cette nouvelle lecture ! J’en déduis que cette histoire est intemporelle et apporte quelque chose à chaque lecture.

En plus, c’est vraiment drôle.

Note : Edmond Rostand cite Théophraste Renaudot (1586-1653) et parle de sa Gazette. Effectivement, Renaudot est un des fondateurs de la presse avec sa Gazette qu’il a lancé le 30 mai 1631 avec le soutien de Richelieu (1585-1642). Ce journal – le plus ancien en France – paraîtra jusqu’en 1915. Cent-vingt numéros de la Gazette sont consultables librement sur Gallica.


Cette chronique de lecture est originellement parue le 26 avril dans La culture se partage, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Catherine.