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Lelf présente Axiomatique, de Greg Egan

Axiomatique, de Greg Egan

Le Livre de Poche, octobre 2009, 496 pages, 7,50 €, ISBN 978-2-253087831


Axiomatique est un recueil de 18 nouvelles de science-fiction, écrites par Greg Egan, auteur australien très remarqué ces dernières années. En France, son recueil Océanique vient de recevoir le prix du Cafard Cosmique après avoir obtenu le prestigieux Prix Hugo et le Prix Locus en 1999. Greg Egan est spécialisé en Hard Science, ses nouvelles sont empruntes des connaissances scientifiques actuelles, utilisées pour expliquer des sociétés futuristes.

Axiomatique, où l’on trouve des assassins marchant entre les mondes parallèles, des artistes fous prêts à tout pour faire vivre l’Art, un cristal qui permet l’immortalité, des implants qui modifient les convictions profondes, des vortex temporels instables ou encore des savants qui jouent au Tout-Puissant.


De la hard-science au service d’une réflexion sur la condition humaine

La plongée dans ce recueil n’est pas des plus aisée, le style de Greg Egan étant très poussé, notamment dans la théorie scientifique. Physique, chimie, biologie ou mathématiques sont les supports des nouvelles et l’auteur se sert de connaissances avérées pour imaginer les évolutions et dérives possibles de ces sciences. Le lecteur scientifique reconnaîtra ainsi du vocabulaire et des principes connus, mais que les non-scientifiques se rassurent, il n’est pas facile, quoi qu’il en soit, de suivre la pensée de l’auteur. Néanmoins, selon les nouvelles la théorie est accessible ; et même en renonçant à une compréhension totale le message passe bien et l’aventure est un plaisir à suivre.

La science sert de prétexte à une profonde réflexion sur l’humain. L’auteur soulève notamment de nombreuses questions d’éthique (eugénisme, tests pharmaceutiques, définition d’une entité intelligente, les scientifiques qui jouent au Tout-Puissant…), ainsi que sur la nature profonde de l’Homme (où commence et s’arrête la liberté, comment définir une personnalité – notamment si on la copie, qu’est-ce qui définit un couple et sa longévité…). Ces interrogations philosophiques sont relativement poussées et abordées de différentes façons, certains textes se faisant parfois écho entre eux. La science-fiction est le moyen idéal pour soulever ces thématiques et Greg Egan l’utilise de manière subtile, proposant différents niveaux de lecture, le lecteur n’étant pas obligé de voir toutes ces analyses derrière l’aventure, mais la percevant néanmoins.


Des récits d’aventure riches

Côté intrigue, le suspense est de mise. Les héros sont souvent amenés à faire des choix dont les conséquences bouleversent leur quotidien, ou celui de leur entourage immédiat, voire celui de la société entière. Le déroulement est parfois prévisible, ce qui n’entache pas vraiment l’intérêt de la lecture, étant donné la profondeur de réflexion qu’il est possible de développer. Le petit détail amusant à souligner est le décor évoqué : l’Australie. Il est assez inhabituel de parcourir les rues des villes de ce pays ou d’avoir des histoires qui utilisent ses caractéristiques (comme par exemple dans Eugène, où l’on apprend que les gens choisissent d’avoir la peau noire, ce qui est plus pratique au soleil et fait chuter le taux de cancers de la peau).


Quelques nouvelles appréciées, plus en détail :

Lumière des événements : Les hommes reçoivent le journal de leur vie à l’avance, écrit par leur moi futur. Quelle place reste-t-il pour l’imprévu, ne peut-il y avoir de mensonges et comment peut-on s’écarter de cette route toute tracée ?

Le coffre-fort : Une conscience qui passe de corps en corps, habitant les gens pour 24 h. Plutôt comique au départ et intéressant de voir cet homme projeté dans des inconnus et s’approprier leur vie.

En apprenant à être moi : Pour prévenir la dégradation du cerveau et garantir l’immortalité de la conscience, les hommes ont tous un cristal qui enregistre une copie de leur cerveau. Cristal et cerveau sont-ils une seule personne ou deux entités qui pourraient se différencier et qui cohabitent ? Une belle question d’identité, des réponses qui pourraient bien faire froid dans le dos.

Orbites instables dans la sphère des illusions : Un couple marche entre les bulles d’attractions qui renferment des croyances. S’ils s’approchent de trop près d’une de ces bulles, ils pourraient malgré eux adopter la croyance qui la caractérise et ne plus jamais repartir. J’ai une petite affinité personnelle pour la réflexion qu’elle propose, autour de la définition de liberté. Même quand on se croit en liberté, l’est-on vraiment. Quand on se rebelle et refuse les sentiers battus, ne suit-on pas également un chemin établi par avance. Jusqu’à quel point est-on libre de ses choix et de ses mouvements ? La prise de conscience suffit-elle à changer cet état ? De bons souvenirs de philo en somme, et une nouvelle qui conclut bien le recueil.


En bref, Axiomatique est un bon recueil, une bonne surprise de retrouver toute cette réflexion éthico-philosophique et de voir les sciences utilisées de manière aussi pointue. Mais c’est également une lecture un peu exigeante. Avis aux amateurs.

Ce livre a été lu en LC, retrouvez les chroniques des autres blogueurs : Guillaume44, Anudar, Valunivers, Cachou, Charmante Lova, Nadège.

Axiomatique constitue également la deuxième étape de mon tour des 5 continents en nouvelles et en imaginaire, pour l’Océanie.


Cette chronique de lecture est originellement parue le 25 juin dans Imaginelf, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Lelf.

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Johan présente Là où vont nos pères, de Shaun Tan

Là où vont nos pères, de Shaun Tan

Dargaud, 2008, 120 pages, 15,50 €, ISBN 978-2205059700


Je vais faire d’une pierre, trois coups aujourd’hui. En effet l’ouvrage que je vais vous présenter entre dans le cadre de 3 challenges auxquels je participe : À la découverte d’un pays d’Everthkorus (consacré à l’Australie pour la première édition), le défi BD sur les 5 continents de Catherine (pour l’Océanie) et mon challenge BD. Eh oui aujourd’hui c’est encore mieux que le shampooing, c’est du 3 en 1 sur mon blog ^^

Là ou vont nos pères (The arrival en VO) est un album de BD franco-belge de Shaun Tan (auteur sino-australien donc j’espère que ça ira pour les deux autres challenges ^^) publié chez Dargaud dans la collection Long Courrier en 2008. À noter que cet album a reçu le Fauve d’or à Angoulême en 2008 (prix qui récompense le meilleur album).

Un homme quitte sa famille pour partir à l’étranger et tenter de s’en sortir là-bas, dans cet endroit où il ne connaît rien n’y personne et où tout lui est étranger.


Mon avis

J’ai envie de dire OUAHOU !!! On prend une bonne claque dans la gueule devant cet album. Déjà il faut savoir que vous ne trouverez pas le moindre texte, point de phylactères par ici, juste les dessins somptueux de Shaun Tan qui parlent d’eux-mêmes. Parfois les dessins s’étalent sur une double page, d’autres fois c’est une succession de petites vignettes semblables à des photos dans un album, ce découpage sert habilement le récit et renforce la beauté de l’histoire.

Cet album est un fantastique hommage muet à tous ces gens qui ont décidé de tout quitter et de partir dans un pays étranger dans l’espoir de pouvoir y vivre une vie meilleure pour eux et leur famille. Ces gens qui partent dans un endroit complètement inconnu, en ne parlant pas la langue, en ne connaissant rien des coutumes, etc., qui risquent tout avec seulement un espoir, celui de mieux vivre, d’assurer un avenir radieux pour leur famille.

Le fait qu’il n’y ait pas le moindre texte, fait également que chacun s’approprie l’histoire à sa façon, y voyant ce qu’il veut en fonction de son vécu, etc., en faisant ainsi un album abordable à tous les âges. En revanche cette absence de texte peut, peut-être, en déboussoler certains, puisqu’ici c’est au lecteur de comprendre et d’imaginer ce qu’il veut.

Les dessins sont entièrement dans des tons sépias, grisés, etc., qui donnent également l’impression d’avoir entre les mains un album de photos souvenirs, dont tous les instantanés mis bout à bout nous racontent l’histoire de la famille.

En bref, une BD atypique, mais qui vaut vraiment le coup de s’y intéresser (enfin comme d’hab je vous conseille de feuilleter avant d’acheter, ou d’emprunter avant, pour vous faire une idée) ne serait-ce que pour le superbe trait de Shaun Tan et pour le vibrant hommage qu’il rend à tous les exilés, immigrés, réfugiés, etc., qui ont pris un jour leur courage à deux mains et ont tout quitté dans l’espoir d’une vie meilleure.


Question bonus : vous seriez prêt à quitter tous vos proches, pour partir vivre ailleurs dans l’espoir d’une meilleure vie ?


Cette chronique de lecture est originellement parue le 25 mai dans Les lectures de Mr. Zombi, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Johan.

Johan de ‘Les lectures de Mr. Zombi’

Je viens juste de m’apercevoir que je n’avais toujours pas annoncé ma participation à un nouveau challenge (alors que ça fait un bail que j’ai dit que j’y participais ^^) et je vais donc y remédier.

Ce nouveau challenge, est organisé par Catherine et s’intitule BD sur les 5 continents (pour tout savoir c’est par ici) et j’ai décidé d’y participer car il complète à merveille mon challenge BD (notamment la clause géographique qui se remplit plus facilement lol), et parce que Catherine est très sympa et son logo tout mimi (donc à quoi bon s’en priver ^^).

Donc si vous aussi vous avez envie de participer à ce défi BD, n’hésitez pas à aller vous inscrire et à nous faire partager vos BD venus des quatre coins du globe (plutôt des 5 coins d’ailleurs lol).

Question bonus : Des 5 continents, lequel vous n’associez pas du tout avec la BD ?

[Article paru le 20 mai sur Les lectures de Mr. Zombi]

Afrique : ?

Amérique : ?

Asie : ?

Bambi Slaughter présente Le koala tueur et autres histoires du bush, de Kenneth Cook

Le koala tueur et autres histoires du bush, de Kenneth Cook

Autrement, collection Littératures, février 2009, 154 pages, ISBN 978-2-7467-1239-3


« Je n’aime pas les koalas. Ces sales bêtes, aussi hargneuses que stupides, n’ont pas un poil de gentillesse. Leur comportement social est effroyable – les mâles n’arrêtent pas de se tabasser ou de voler les femelles de leurs semblables. […] Leur fourrure est infestée de vermine. Ils ronflent. Leur ressemblance avec les nounours est une vile supercherie. Il n’y a rien de bon chez eux. Sans parler du fait qu’un jour, un koala a essayé de me jouer un tour pendable. »


Ce recueil de nouvelles de l’Australien Kenneth Cook nous fait découvrir une Australie loin de Melbourne et consorts. Via des nouvelles courtes, l’auteur nous plonge dans le bush sauvage australien et au mileu de sa faune. Grouillant de crocodiles, de serpents vénimeux, de cochons sauvages très agressif… Le bush n’a rien d’une carte postale de vacances.

Si Kenneth Cook affirme que toutes les histoires relatées dans ce recueil sont véridiques, on est bien tentés de le croire : ce bush a l’air d’être autant surprenant qu’imprévisible et dangereux.

Enfin, si l’auteur se trouve assez souvent dans des situations compliquées : un koala accroché à l’entre-jambe, un pote saoul au milieu de serpents mortels…, il a l’art de le raconter avec légèreté, en utilisant l’humour ce qui nous fait finalement lire le recueil d’une traite avec un grand sourire.

Livre lu dans le cadre du challenge d’Evertkhorus : Destination Australie, et celui de Nouvelles sur les 5 continents.


Cette chronique de lecture est originellement parue le 25 mai dans Polars and co (mais pas que), blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Bambi Slaughter.

Lee Rony présente Visages noyés, de Janet Frame

Visages noyés, de Janet Frame

Rivages poche / Bibliothèque étrangère, 2004, 308 pages, ISBN 2743612398

Faces in the water (1961) est traduit de l’anglais (Nouvelle-Zélande) par Solange Lecomte (1963).


Certes le défi Poésie sur les 5 continents, comme son nom l’indique, concerne la poésie mais en explorant l’œuvre de Janet Frame j’ai découvert le roman dont le titre est celui de cet article.

L’auteur y scanne la réalité, souvent sordide, de l’enfermement psychiatrique, au point qu’il apparaît que qui y rentre saint d’esprit ne semble pouvoir en sortir autrement que dément. Nous voyons la (sur)vie au quotidien de Fiona, Sheila, Mary-Margaret et tous les autres dont leurs efforts pour demeurer vivants, sinon pensants, dans un cadre leur murmurant continuellement qu’ils ne sont plus ni l’un ni l’autre ! Les visages traduisent le flou de consciences fragmentées et dans leurs regards nous devinons des âmes rongées par l’acide de pensées qu’elles ne peuvent maîtriser.

Nous entendons les cris des malades et les grincements des portes, à moins que ce ne soit le contraire… Nous sentons la rétention des camisoles, le grésillement des électrochocs, nous apercevons des silhouettes errantes, spectres en attente d’une mort salvatrice, nous regardons par-dessus l’épaule d’infirmières dissimulant leur répulsion sous un masque de méchanceté, ainsi la société cache-t-elle sa peur derrière de hauts murs.

Qu’est-ce que la folie, est-elle dans le crâne de cette femme qui regarde par la fenêtre un spectacle qu’elle ne peut décrire, dans les gestes de celle-ci dessinant un invisible portrait ou dans le commentaire froid et technique d’un spécialiste ?

Et puisque je pose la question j’y réponds : le troisième est le pire !

Comment survivre dans ce monde terrifiant (l’asile) sinon en créant son univers, comment survivre dans le monde atroce (le nôtre) sinon en s’inventant un ailleurs supportable, un blog peut-être. Mais qui vit du bon côté des barreaux ?

À se demander si le monde n’est pas plus beau vu par la fenêtre d’un asile psychiatriste

Diagnostiquée schizophrène en 1945, après avoir été profondément traumatisée par la mort de ses deux sœurs par noyade à dix ans d’écart, elle sera internée pendant huit ans et subira deux cents électrochocs sans pour autant cesser d’écrire. Son premier recueil Le Lagon sera publié en 1951. Son succès lui évite une lobotomie programmée. Subissant par la suite de nouveaux examens ,il sera démontré qu’elle ne souffrit jamais de schizophrénie.

Née à Dunedin, Nouvelle-Zélande, le 28 août 1924, elle est attirée tôt par la littérature et veut devenir poète alors que sa famille la pousse à devenir institutrice, métier qu’elle tentera, en vain, d’exercer !

En 1988 elle met un terme à sa carrière après The Carpathians.

Au final elle publiera un recueil de poèmes, cinq de nouvelles et onze romans. En 1990 Jane Campion adaptera son autobiographie Un ange à ma table au cinéma. En 2004 elle meurt d’une leucémie sans avoir eu le prix Nobel auquel elle fut proposé l’année précédente.

Dommage, pour le Nobel !


Cette chronique de lecture est originellement parue le 15 mai dans Lire au nid, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Lee Rony.

Pascale présente Tour de Terre en poésie, de Jean-Marie Henry

Tour de Terre en poésie, de Jean-Marie Henry

Rue du Monde, collection La Poésie, juillet 1998, 62 pages, ISBN 2-912084-09-1

Illustrations de Mireille Vautier

Anthologie de poésies du monde – 50 poèmes de cinquante cultures différentes dans leur langue d’origine et leur traduction en français.


Note de présentation

Une anthologie multilingue de poèmes du monde entier. Chaque texte est présenté dans sa langue originale et dans sa traduction française. Les enfants découvriront ainsi le romani, le touareg, le basque, l’arabe, le vietnamien, le turc, l’albanais, etc.

Une occasion d’évoquer de nombreuses cultures, et certains enfants s’y reconnaîtront. Une occasion, également, de situer géographiquement ou historiquement les divers poèmes. Et de constater que l’on retrouve, chez les poètes du monde entier, des préoccupations, des thèmes, des émotions similaires.

Les enfants et/ou parents pourront dire les poèmes, en français ou, pour ceux qui lisent d’autres langues, dans la version originale.


Mon voyage

Un ouvrage charmant et remarquable qui m’a fait découvrir une foule de poésies d’origine les moins attendues comme il est précisé dans la présentation, pourtant je ne dirais pas un tour de Terre, mais un tour de langues voire dialectes puisqu’on y croise l’occitan, le catalan, le breton, le corse, le créole, pour ceux qui nous sont proches et restent somme toute plus des langues que des dialectes, quant aux langues qui me sont étrangères je ne peux affirmer si ce sont des langues pures ou des dialectes : quelle est la différence je ne suis pas experte en la matière mais en croisant les noms je suis restée dans l’inconnu (voir ci-après).

On ne se contente plus de découvrir un continent mais bien des peuples particuliers avec leurs us et coutumes, leur langue, à travers leur poésie. Tout ce beau monde regroupé dans un album jeunesse avec le texte et l’alphabet d’origine, le tout agrémenté d’illustrations, c’est un très beau livre qui mérite d’être mis entre les petites menottes de nos enfants.

J’ai fait des découvertes de poètes bien sûr mais aussi de pays et de langues (cliquez sur les liens pour en savoir plus) comme (cliquez sur le nom pour lire la définition) : amharique, hindi, wolof *, peul, rundi, tamoul, singhalais, letton, khmer, nahuatl, inuktitut.

Pour vous donner un exemple de définition trouvée ici : * Le wolof (parfois écrit ouolof) est une langue parlée au Sénégal, en Gambie et en Mauritanie. Il appartient à la branche atlantique des langues nigéro-congolaises. Sa parenté avec le peul est très ancienne. Il a aussi des liens avec d’autres langues de la région comme le sérère, le diola, le bassari, le baïnouk.

Pour celles aux origines plus connues malgré tout qui m’ont surprise agréablement : Rromani, basque, touareg, arabe, vietnamien, turc, portugais, albanais, néerlandais, danois, finnois, chinois, malgache, espagnol, arménien, breton, cheyenne, russe, catalan, occitan, anglais, japonais, suédois, coréen, kurde, kabyle, corse, géorgien, navajo, quetchua, tibétain, italien, thaï, polonais, créole, hawaïen, allemand, hébreu, grec, français.

Voyez la longue liste hétéroclite, originale de textes que l’ont peu lire dans ce petit livre, 3 points forts pour cet album :

1. la diversité des langues,

2. multilingue pour tous les textes,

3. l’alphabet d’origine calligraphié.


Le texte que je vous présente n’est pas banal puisqu’il est d’origine Rromani :

Le toit de notre maison.

« Le toit de notre maison/c’est le grand ciel tout nu./Notre maison est solide/Personne ne peut la renverser.

Les fondaisons de notre maison/ c’est un coin de terre sans rien./Notre maison est solide/personne ne peut la ruiner.

Les murs de notre maison/c’est le froid et ce sont les vents./Notre maison est solide/personne ne peut l’atteindre.

À notre maison, il y a une fenêtre/À la fenêtre, tes yeux./Notre maison est solide/C’est le cœur tsigane. »

JENUZ DUKA (Rromani)

À lire ce texte, cela me rappelle le très beau roman ZOLI que je vous conseille de lire si vous souhaitez connaître le peuple ROM.


Je vous précise également, qu’il y a beaucoup d’auteurs anonymes surtout pour les origines moins connues comme khmer, ce qui me pousse à poursuivre ma découverte de tous ces peuples.


Comme j’ai une admiration pour les peuples nomades je vous mets un poème d’un seul vers :

« La Terre n’a qu’un soleil. »

ANONYME (Touareg)


Puis deux vers qui me parlent, extraits d’un poème vietnamien :

« Son âme est une lune dans la nuit avancée

moitié profonde ténèbre, moitié lueur de rêve. »


Préface pour clore cet article

Puis j’aimerais vous retranscrire la préface tout à fait concise et parfaite pour clore ce tour de terre en poésie :

« La langue que nous parlons, que nous écrivons est d’abord l’expression de ce que nous sommes, de ce que nous pensons, de ce que nous apprenons.

C’est par elle que nous posons notre regard sur le monde et que nous allons à sa rencontre.

Les autres utilisent parfois un langage qui n’est pas le nôtre.  Il nous faut alors dépasser un sentiment d’incompréhension pour écouter une nouvelle manière d’exprimer ou de rêver la vie.

Par la singularité de leur musique et de leur écriture, plus de cinq mille langues participent ainsi à la beauté du monde, s’enrichissant souvent de leurs différences.

Mais comme les espèces animales et végétales, les langues de la terre sont fragiles. Si certaines dominent, c’est au détriment de celles qui disparaissent, quelquefois sans laisser de traces.

Il n’existe pourtant pas de grandes et de petites langues : chacune porte en elle le poème qui nous parle, l’émotion qui nous ressemble étrangement. »

Jean-Marie Henry


J’inscris cette lecture dans le cadre du challenge de la Poésie sur les 5 continents.


Cette chronique de lecture est originellement parue le 19 avril dans Mot à mot…, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Pascale.

Lelf de ‘Imaginelf’

Bonjour Catherine,

Je t’envoie enfin mon inscription pour les Nouvelles sur les 5 continents (il n’est jamais trop tard). Je combinerai avec le challenge des Littératures de l’imaginaire sur les 5 continents puisque je ne lis que ce genre en nouvelles.

Je me présente quand même : je m’appelle Lelf, je suis une grande fan des genres de l’imaginaire depuis quelques années. J’ai (re)découvert ces genres grâce à un ami, qui m’a également fait découvrir les nouvelles. Depuis, j’adore ce format et ma PAL croule sous les anthologies et recueils en tout genre. Pratique pour un tel (double) challenge.

Participer à ce challenge c’est autant, pour moi, faire baisser ma PAL (même si ça se fait relativement spontanément) que promouvoir un format un peu méconnu qui est pourtant très riche et qui regorge de merveilles.

J’ai déjà une liste, mais elle est susceptible d’évolution, vu que je n’ai pas encore bien cherché toutes les possibilités pour certains continents et que pour d’autres j’ai déjà une masse de recueils et d’anthologies.

Afrique : Poste à pourvoir : Jésus-Christ de Kojo Laing (Ghana) et Lettre au fils de Hamilcar Barca (Tunisie), toutes deux dans l’anthologie Utopiae 2005 chez L’Atalante. Une pierre, deux coups.

Amérique : pour ne pas choisir la facilité de l’étasunien qui se glisse facilement dans une anthologie, je choisis Dimension Latino, anthologie présentée par Sylvie Miller et publiée chez Rivière Blanche (Amérique centrale et du Sud).

Asie : pour l’instant, je pense à un recueil de Haruki Murakami (Japon), mais j’aimerais découvrir autre chose de la littérature asiatique de l’imaginaire, donc titre à voir.

Europe : Janua Vera, de Jean-Philippe Jaworski (France).

Océanie : Axiomatique, recueil de Greg Egan (Australie). Titre également susceptible de changer au fur et à mesure de mes découvertes.

Et vous retrouverez bien sûr toutes les chroniques de ces ouvrages et de bien d’autres sur mon blog consacré à la bande dessinée et aux littératures de l’imaginaire : Imaginelf (http://www.imaginelf.com). ^^

Voilà pour la présentation, je file faire la présentation du challenge sur mon blog. À bientôt !

Lelf

Bulle de ‘Pensées de Bulle’

Un nouveau challenge ! Eh oui, je n’arrête pas, mais je trouve que c’est une très bonne motivation pour lire des livres de ma Pile à Lire et/ou ça permet de faire des découvertes très intéressantes. Cette fois-ci le thème est Nouvelles sur les 5 continents. Les modalités de ce challenge sont ici.


Ça y est, j’ai choisi ma liste de nouvelles à lire. Ça n’a pas été très facile à trouver ! Pfiou !

Afrique : Kilomètre 230 (recueil de 12 nouvelles écrites par 12 auteurs africains de pays différents)

Amérique : L’Aleph de Jorge Luis Borges et/ou Les nouvelles extraordinaires d’Edgar Allan Poe

Asie : Au bord du lac de Yasushi Inoue et/ou Une matinée d’amour pur de Yukio Mishima

Europe : Coup de chance et autres nouvelles de Roald Dahl

Océanie : L’enfant et le chat de Libby Hathorn


Bulle – Pensées de Bulle


[La présentation du défi sur le blog de Bulle.]

Bambi Slaughter de ‘Polars and co (mais pas que)’

Catherine, qui a déjà créé plusieurs défis du même gabarit a lancé le 10 avril le défi des Nouvelles sur les 5 continents.

Les modalités sont simples : il suffit de lire au moins une nouvelle pour chaque continent.

Bien sûr, il est possible de coupler ses nouvelles avec des challenges en cours.


En ce qui me concerne, j’ai choisi des recueils de nouvelles pour tous les continents.


Voici ma liste :

Afrique : Les baleines de Quissico de Mia Couto

Amérique : Moisson noire 2003 : Les meilleures nouvelles policières américaines

Asie : Saules aveugles et femmes endormies de Haruki Murakami

Europe : Kiss Kiss de Roald Dahl

Océanie : Le koala tueur et autres histoires du bush de Kenneth Cook


La présentation de Bambi Slaughter sur Polars and co (mais pas que).

Laura présente Beach Burial, de Kenneth Slessor

Beach Burial, de Kenneth Slessor

J’avoue, j’ai cherché sur Wikipédia, parce que je ne connaissais pas de poète australien ; grâce à Catherine, c’est fait :


Kenneth Slessor (27 mars 1901 – 30 juin 1971)

La suite sur Wikipédia.


Derniers vers de Beach Burial

Dead seamen, gone in search of the same landfall,

Whether as enemies they fought,

Or fought with us, or neither ; the sand joins them together,

Enlisted on the other front.

Marins morts, partis à la recherche du même débarquement,

Ou bien ils ont combattu comme ennemis,

Ou bien ont combattu avec nous, ou ni l’un ni l’autre ; le sable les a réunis,

Engagés sur l’autre front.


Œuvres de Kenneth Slessor

1920 : Country towns

1926 : Earth Visitors

1930 : A Bushranger

1932 : Cuckooz Contrey

1939 : Five Bells

1944 : Beach Burial ; One Hundred Poems

1957 : Poems


Une note de lecture de Laura, participante que vous pouvez retrouver sur son blog Laura Vanel-Coytte.