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Catherine présente Le chat du rabbin, de Joann Sfar

J’ai lu cette série de bande dessinée durant le weekend de Pâques – pur hasard, aucun lien de cause à effet, juste que j’avais deux heures de libre – mais je n’avais pas encore publié ma note de lecture…

Tome 1 : La Bar-Mitsva

Dargaud – Poisson Pilote, avril 2002, 48 pages, 10,95 €, ISBN 2-205-05207-1

Préface d’Eliette Abécassis : « […] C’est à la fois une poésie, un conte pour adulte, et une discussion intelligente, pondérée, et drôle, du judaïsme. […]. » (page 2).

Dès les premières cases, j’adore : « Chez les Juifs, on n’aime pas trop les chiens. Un chien, ça vous mord, ça vous court après, ça aboie. Et ça fait tellement longtemps que les Juifs se font mordre, courir après ou aboyer dessus que, finalement, ils préfèrent les chats. Enfin, pour les autres Juifs, je ne sais pas, mais mon maître, lui, il dit ça. Je suis le chat du rabbin. » (page 3). Eh oui, c’est un chat qui raconte cette histoire, un chat gris aux yeux verts, un chat plein d’humour, parfois cynique, souvent subtil, un chat « complètement libre » qui sait lire et qui veut étudier la Kabbale, un chat qui veut faire sa Bar-Mitsva ! Un chat qui aime sa maîtresse, Zlabya, la fille unique du rabbin (veuf), un chat qui pour obtenir la parole a dévoré le perroquet : « Cet oiseau parle sans cesse, qui n’a rien à raconter. » (page 7) ! « Zlabya, ma fille, il y a eu un miracle : le chat parle ! – Oh ! Papa, c’est merveilleux ! – Oui, mais il y a un grand malheur, aussi. – Quoi donc ? – Il ne dit que des mensonges. » (page 10). Un chat qui observe les quatre élèves de son maître et qui découvre leurs défauts, leurs vilénies, leurs mensonges. Mais humains et chat ne se ressemblent-ils pas ?

J’adore ! Il faut absolument que j’embraie sur le tome 2 !


Tome 2 : Le Malka des lions

Dargaud – Poisson Pilote, avril 2003, 48 pages, 10,95 €, ISBN 2-205-05369-8

Préface de Fellag : « Ce chat iconoclaste a une conscience des problèmes humains qui dépasse de loin celle des humains eux-mêmes. […]. » (page 2).

Le rabbin a reçu deux lettres ce matin. L’une est du Malka des lions, un cousin qui va leur rendre visite : Zlabya et ses copines sont en ébullition ! L’autre est de Paris car le rabbin doit faire une dictée pour prouver qu’il est bon en français et « être agréé par le consistoire des Juifs de France » (en un mot garder le poste de rabbin qu’il occupe depuis trente ans). J’avais oublié de dire que l’histoire se déroule en Algérie. La dictée ne se passe pas très bien… Le chat, voulant aider son maître, invoque le nom de Dieu en sachant très bien que c’est interdit et perd l’usage de la parole… Heureusement le cousin arrive, accompagné de son lion porte-bonheur !
Arrive aussi le petit-fils d’un voisin mourant, un charmant jeune homme qui plaît bien à Zlabya mais qui doit « entrer en fonction ici-même dans quelques semaines » ! S’en est trop pour le rabbin qui part se recueillir sur la tombe de Messaoud Sfar, son ancêtre, toujours de bon conseil. En chemin, le rabbin et le chat rencontrent Cheikh Mohammed Sfar, un vieil arabe qui voyage à dos d’âne et qui est aussi un descendant de Messaoud Sfar.
 

Ce tome 2 est aussi amusant que le premier et le chat (le lecteur aussi) apprend beaucoup de choses sur les traditions juives, sur l’amitié fraternelle entre les Juifs et les Arabes (ancêtre commun), mais curieusement il ne parle plus de faire sa Bar-Mitsva.


Tome 3 : L’exode

Dargaud – Poisson Pilote, octobre 2003, 48 pages, 10,95 €, ISBN 2-205-05497-X

Préface de Georges Moustaki : « […] Je me réjouis de constater que, dans l’œuvre de Sfar, les valeurs
philosophiques et l’art de vivre de la minorité judéo-méditerranéenne dans laquelle a baigné mon enfance ont gardé toutes leurs lettres de noblesse. […]. » (page 2).
 

Ouf, Abraham a conservé son poste de rabbin, le jeune homme de Paris étant là pour une autre synagogue. Mais il épouse Zlabya et l’emmène à Paris en voyage de noces et pour la présenter à ses parents et à ses sœurs. Le rabbin et le chat sont bien sûr du voyage. Mais le chat n’a toujours pas retrouvé la parole. Le rabbin s’est mis en tête de retrouver un neveu, Raymond Rebibo, un grand chanteur à ce qu’il dit… L’exode, c’est-à-dire le voyage jusqu’à Paris via Marseille, ne se déroule pas comme prévu : déjà il pleut des trombes d’eau à Paris (c’est gris, c’est moche) et en plus le rabbin refuse de loger chez les parents de son gendre qui ne respectent pas le Shabbath et les traditions juives. Il fuit sous la pluie (le chat le suit), se réfugie trempé dans une église catholique (la synagogue était fermée et l’hôtel l’a refusé). Le chat fait la connaissance d’un chien (un corniaud) et le rabbin retrouve son neveu chanteur. Voici une aventure rocambolesque comme on peut en vivre à Paris ! Le rabbin, Zlabya et le chat découvrent la vie européenne, la religion catholique, la nourriture non-casher, les soirées parisiennes…

C’est toujours drôle, mais je suis déçue que le chat ne parle plus…


Tome 4 : Le paradis terrestre

Dargaud – Poisson Pilote, septembre 2005, 52 pages, 10,95 €, ISBN 2-205-05725-1

Préface de Jean « Moebius » Giraud : « […] Joann Sfar […] fait partie de ces gens d’âme dont le rôle est de raconter des histoires qui donnent du sens aux histoires que leurs aînés leur ont racontées. […]. » (page 3).

Le rabbin est en voyage à Oran ; le chat « traîne » avec le cousin Malka et son lion qui traversent le désert et se donnent en spectacle de village en village, mais ils sont suivis par un serpent qui effraie le chat. Le Malka est vieux, le lion aussi, et ils ont moins de succès qu’avant en ce qui concerne la « protection des habitants » mais le Malka charme toujours autant avec ses histoires (comme celle d’un prince des montagnes qui l’a entendu chanter en plusieurs langues en plein désert et avec qui il est devenu ami). Pourtant la vie entre les communautés a changé depuis que l’abbé Lambert a tenu un discours de haine contre les Juifs et les Arabes… Il « s’habille en homme de Dieu, mais ce n’est pas un bon chrétien. » (page 40). « […] en douce, il leur disait que leurs malheurs, c’était la faute des Juifs. […] il leur expliquait que tous leurs soucis, c’était la faute des Arabes. » (page 41). Des heures sombres approchent, peut-être même une guerre, mais Abraham Sfar, le rabbin enseigne à ses étudiants « Tu auras passé des années à préparer une guerre, à t’endurcir, et le jour où on viendra te tuer, tu mourras tout de même. Crois-moi, il vaut mieux employer ton temps dans l’étude. » (page 50).

Si seulement les hommes avaient étudié et travaillé au lieu de faire la guerre… Drôle, philosophique, poétique même, dommage que le chat ne soit plus le personnage central.


Tome 5 : Jérusalem d’Afrique

Dargaud – Poisson Pilote, décembre 2006, 84 pages, 12,50 €, ISBN 2-205-05868-1

Préface de Philippe Val : « Je pense comme toi. Au contraire de l’amitié entre les hommes, l’amitié entre les peuples n’existe pas. […]. » (page 3).

Le chat continue d’observer le monde des humains. « Je crois qu’elle n’est pas heureuse avec lui. Tant mieux. Elle s’occupe plus de moi. » (page 6).

Le mari de Zlabya se fait livrer une énorme caisse pleine de livres juifs en provenance de Russie mais à l’intérieur au milieu des livres, il y a un Russe que tout le monde croit mort ! Que faire ? Comment ces Séfarades vont-ils enterrer un Ashkénase ? L’homme est -il même juif ?

« Elle est jolie, ta fille. – Oh, toi, on ne comprend rien à ce que tu dis, alors ça ne sert à rien de parler. » (page 18). Le Russe raconte la vie en Russie, la Révolution… Mais personne ne l’écoute, personne ne le comprend. « Écoute, mon ami, ferme-la. Quand tu parles, je comprends rien. Tais-toi ! » (page 20).

Heureusement, le Russe et le chat se comprennent, et le rabbin trouve à l’église orthodoxe un riche russe qui sert de traducteur. Le Russe a quitté son pays et veut aller en Éthiopie à la recherche des Juifs noirs, les descendants de la Reine de Saba. Des Juifs noirs ? Impossible !

Allez, tout le monde part en Afrique, le Russe, le riche qui paye les frais de l’expédition, le rabbin, son gendre et son chat, et puis aussi le Cheikh Mohammed Sfar, en pélerinage comme chaque année sur la tombe de l’ancêtre commun avec son âne.

« Croyez-moi, notre Dieu n’est pas haineux. Il aime la science et les Arts. Il n’est jamais aussi heureux que lorsque ses enfants sont paisibles. Quel dommage qu’il laisse tant d’ignorants parler en son nom. » (page 51).

Un album riche, plus épais, plein d’humour, de violence, de peinture et d’aventures.

Un hommage à Tintin, page 67, au Congo belge, avec un Tintin exécrable et accompagné d’un chien stupide !

Et puis l’amour pour le beau jeune homme russe avec une jeune et jolie serveuse noire prête à le suivre au bout du monde !

La suite « bientôt dans une tragédie érotique intitulée Tu n’auras pas d’autre Dieu que moi ! ». Mais ça fait un bout de temps qu’il est attendu, ce tome 6 !!! D’autant plus que l’intégrale des 5 albums vient de paraître chez Dargaud. Alors finalement, un tome 6 ou pas ?

Une série que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire et que je conseille à tous pour passer un excellent moment de lecture.

Et voici 5 tomes d’un coup pour le Challenge BD de Mr Zombi et pour le Challenge PAL sèches de Mo’.


Cette chronique de lecture est originellement parue le 8 décembre 2010 dans La culture se partage, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Catherine.

 

 

 

Pascale présente L’étoile qui tombit – Pardieu la belle fête !, de Gilles Durieux

L’étoile qui tombit – Pardieu la belle fête !, de Gilles Durieux

Le cherche midi, mai 2010, 144 pages, ISBN 978-2-7491-1730-0


Quatrième de couverture

De Gilles Durieux, son ami et préfacier Bernard Giraudeau écrit : « Alors on écrit la vie avec des cris accrochés à la douleur, au chagrin, à la jouissance des jours, des femmes, de l’alcool… ». Comme il a raison !

« Avec ce nouveau recueil, Gilles continue de s’exprimer sur le registre singulier qui est le sien : celui de la fraternité nostalgique, de l’amitié indéfectible, de la souffrance et du bonheur – ou des bonheurs – qu’apportent la vie. Je ne vois aucun poète, aujourd’hui, exprimant de façon aussi directe, aussi simple, aussi « populaire » (au meilleur sens du mot) cette émotion au quotidien qui est l’expression de la vie même.

Les souvenirs se bousculent, les personnages se croisent, se rencontrent et se perdent dans les poèmes de Gilles. Sous une apparente simplicité de forme et de contenu, il y a beaucoup de culture, de clins d’œil, de références multiples dans ces poèmes plus « composés » qu’il paraît. Mais Gilles nous fait oublier ce savant débraillé pour ne nous laisser à lire que la « substantifique moelle » de cette émotion nommée poésie. Fidèle à son habitude, il nous livre aussi une galerie de portraits « en creux » de tous ceux qui comptent ou ont compté à ses yeux… et ils sont légion, car je ne connais pas de Breton solitaire moins isolé que Gilles Durieux. Le vrai barde, c’est lui. Ça va « barder » !

Jean Orizet


La loco et son train

La poésie ça/ se braconne/ Des Flandres au Rhône/ De haut en bas

Les muses on les rançonne/ celles qui se nichent / sur ma péniche/ Sont à la barre / du tôt ou du tard

Avec un col bleu de marin/ des bas résille de la Liza/ il y a encore le Baron de l’écluse/qui chante en imitant quelqu’un

Dans son dimanche au bord de l’eau/ les répliques fusent / sur un bateau l’engin / réclame encore sa loco et son train

La poésie ça s’illusionne / cartonne / sur ton calepin / de petits dessins

Chantent l’eau vive / et Bapaume/ chantent le poulet d’grain/ et tous les enfants de Chaplin / que l’on compte pour s’endormir

Gilles Durieux


(suite de la présentation du recueil gagné chez Celsmoon : L’étoile qui tombit – Pardieu la belle fête !)

J’ai lu pour ne pas dire braconné ce livre à petit pas, d’un texte à un autre, j’ai souvent perdu mon latin, bousculé par des mots venus du cœur d’un poète vers ses proches, un clin d’œil par-ci et par-là à des illustres personnages, ces textes se lisent comme des dessins en trompe-l’œil.

C’est étrange, troublant et même déstabilisant de se plonger dans cette poésie d’ailleurs, on admire sans vraiment se douter ce qui se cache derrière ces poèmes, et pourtant on ressent ô combien l’humain pur et chaleureux, ambitieux et généreux tout le long du recueil.

La plume de Gilles Durieux devient des ciseaux d’argent taillant le roc brut, texte après texte, se dévoile une facette puis une autre où la lumière vient s’y mirer en toute simplicité mais avec une authenticité telle que ce roc se mue en un diamant pur et admirablement travaillé.

Des textes à l’odeur d’un vécu, d’un personnage haut d’estime, sincère qui ne fait pas de manière.

Ne tentez pas de mettre une étiquette sur cette poésie, ni forme ni principe, c’est la poésie de Gilles Durieux : belle et chantante, bousculant nos a priori poétiques, un langage unique pour un poète atypique.

Les mots en offrande se chahutent dans les vers, les rimes n’en font qu’à leur tête, et le tout devient un joyeux mélange savoureux et original qui surprend certes mais nous offre un vent nouveau aux embruns vivifiants.

Tout un recueil qui ressemble aux vagues frappant les récifs, l’écume nous laisse rêveur, le bruit fracassant nous rend un peu pantois, alors que la fraîcheur nous laisse en éveil prêt à affronter la prochaine déferlante.

Une poésie qui swingue, caracole et fanfaronne, sous un petit air américain, il faut avoir le pied marin, et vogue ce joyeux rafiot vers une lecture d’aventure.

Chapeau bas Monsieur Durieux !


La préface de Bernard Giraudeau est sublime, elle est poème, une entrée en matière qui nous met déjà du vague à l’âme (début de la préface).

« Il fut un jour, un beau jour sans doute, je ne me souviens d’aucun nuage, d’une pluie, peut-être lumineuse, bleue.

J’étais sans conscience, mon maître. Je t’ai glissé des mots en attente. Et tu as murmuré les tiens. Un vent d’Ouessant, Belle-Ile, je ne sais plus, nous dispersa. Il ne restera rien de nos empreintes, des ombres dessinées sur une mémoire tenace. Un jour, au coin d’une page sans brume, je te revis, ami. Tu me reçus comme une crique et nous nous ‘lîmes’ du verbe lire, bien sûr, aucune râpe en ces lignes, que des douleurs après ponçage des mots, des bois flottés en chapelet sur les vagues. »


J’inscris ce livre au challenge de la Poésie sur les 5 continents.


Cette chronique de lecture est originellement parue le 4 juillet dans Les mots de Pascale, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Pascale.

Catherine présente Silence, la queue du chat balance, de Patrick Bertrand

Silence, la queue du chat balance est un recueil de poésie de Patrick Bertrand illustré par Serge Ceccarelli et paru en avril 2002 aux éditions Actes Sud Junior dans la collection Des poèmes plein les poches (8 €, 61 pages, ISBN 2-7427-3753-7).


J’ai ouvert ce petit livre par hasard et j’ai lu le premier poème : Une âme.

« L’œil est un éclair,

La griffe, une lame,

Regard clair

Et patte de velours,

Le chat est une âme,

Une histoire d’amour. »


Très émue, j’ai compris qu’il fallait que je le lise !

Finalement, nous l’avons lu en famille et tout le monde a véritablement apprécié ce recueil, idéal non seulement pour les enfants mais aussi pour les adultes.

26 poèmes, beaux, intelligents, tendres, drôles ou tristes, en vers ou non, joliment illustrés avec les couleurs qui siéent aux félins, 26 poèmes qui sont tous une porte d’entrée vers l’âme des chats.

Lecture commune avec Edwyn (sa note est un peu différente de la mienne).

Lecture pour le challenge Poésie sur les 5 continents, continent Europe.


Cette chronique de lecture est originellement parue le 21 juin dans La culture se partage, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Catherine.

Catherine présente Cyrano de Bergerac, d’Edmond Rostand

Cyrano de Bergerac est une comédie héroïque en cinq actes d’Edmond Rostand créée en 1897.

Il existe plusieurs éditions (de 300 à 400 pages selon la taille du texte), brochée, poche, scolaire, anthologie, recueil et même en bande dessinée. J’illustre mon article avec deux de mes couvertures préférées.

Edmond Rostand (son nom complet est Edmond Eugène Alexis Rostand) est né à Marseille le 1er avril 1868 dans une famille aisée (son père est économiste). Il passe ses étés à Bagnères de Luchon (une station thermale de Haute-Garonne, en Midi-Pyrénées). Il étudie le Droit à Paris et il est publié dès 1887. Il est élu à l’Académie française en 1901. Il est mort à Paris le 2 décembre 1918 (de la grippe espagnole) mais il est enterré dans sa ville natale.

Parmi ses œuvres : un vaudeville (Le gant rouge, 1888), des comédies (dont Cyrano de Bergerac, 1897), des drames (comme L’Aiglon, 1900), de la poésie.

Les fils qu’il a eus avec son épouse Rosemonde Gérard (1866-1953, poétesse) sont les célèbres Maurice Rostand (1891-1964, romancier, poète et dramaturge) et Jean Rostand (1894-1977, écrivain et biologiste, académicien).

Un site sur Edmond Rostand et un autre dédié à Cyrano de Bergerac.


Attention histoire dévoilée en partie !!!


Premier acte : Une représentation à l’hôtel de Bourgogne

1640, Paris, salle de l’hôtel de Bourgogne où va jouer Clorise.

Parmi la foule qui s’installe au parterre, des cavaliers, des bourgeois, des pages, des marquis gascons dont le jeune Christian de Neuvillette qui va entrer dans les Gardes en tant que Cadet.

Christian est amoureux d’une belle jeune fille (il ne connaît pas encore son nom) et il a toutes ses chances car il est très beau mais… : « Je n’ose lui parler car je n’ai pas d’esprit. » prouve qu’il est lucide sur sa condition de « bon soldat timide ». Puis Christian apprend que sa bien-aimée se nomme Magdeleine Robin, surnommée Roxane, et qu’elle est promise au Comte de Guiche…

Mais Clorise va commencer. Alors que Montfleury commence sa tirade, Cyrano intervient, l’oblige à se taire et fait le spectacle ! Ensuite il part à la porte de Nesle (les comédiens et la foule lui font un cortège) se battre seul contre cent hommes qui veulent tendre un piège à son ami Lignière, un poète.

Répliques cultes !

« Un ivrogne doit boire son bourgogne… (Il boit.) à l’hôtel de Bourgogne ! ».

Et évidemment celles sur le nez de Cyrano : « Un nez !… Ah ! Messeigneurs, quel nez que ce nez-là !… », « Apprenez que je m’enorgueillis d’un pareil appendice, […]. », « C’est un roc !… c’est un pic !… c’est un cap ! Que dis-je, c’est un cap ?… C’est une péninsule ! », etc.


Deuxième acte : La rôtisserie des poètes

Rue Saint-Honoré, dans la boutique de Ragueneau, rôtissier-pâtissier.

Ami de Cyrano et des poètes, Ragueneau n’hésite pas à les laisser manger contre leurs écrits, ce qui ne convient pas du tout à son épouse, Lise, qui a fait fabriquer des sacs en papier avec prose et poèmes ! « Fourmi !… n’insulte pas ces divines cigales » ! » lui répond-il.

Cyrano y rencontre Roxane qui est sa cousine. « Je me suis donc battu, madame, et c’est tant mieux, Non pour mon vilain nez , mais bien pour vos beaux yeux. » mais celle-ci lui avoue qu’elle est amoureuse d’un beau jeune homme qu’elle a vu à la Comédie. « Il a sur son front de l’esprit, du génie, Il est fier, noble, jeune, intrépide, beau… » : la pauvre, elle se fait des idées !

Cyrano me plaît beaucoup, il veut être libre, indépendant, et ne pas être obligé d’écrire pour les puissants.

Alors qu’il raconte à la demande générale ses exploits, Christian l’interrompt continuellement en faisant des allusions à son nez mais Cyrano n’ose rien dire au bien-aimé de Roxane et lui propose finalement : « Dis, veux-tu qu’à nous deux nous la séduisions ? ».


Troisième acte : Le baiser de Roxane

Roxane connaît les lettres de Christian (Cyrano) par cœur mais elle est toujours courtisée – et promise – à Monsieur de Guiche… Heureusement ce dernier doit partir pour le siège d’Arras où il est nommé mestre de camp ! Roxane use d’un subterfuge pour que le régiment des Cadets dont fait partie Christian (et Cyrano) reste à Paris. Christian parle seul avec Roxane mais il se montre tellement sot qu’elle le renvoie. Cyrano rattrape le coup avec la scène du balcon (clin d’œil à Roméo et Juliette ?). Cyrano s’emporte un peu : « Ah ! que pour ton bonheur je donnerais le mien […]. » mais l’affaire est faite pour Christian !


Quatrième acte : Les Cadets de Gascogne

Monsieur de Guiche ayant compris la ruse de Roxane a bien sûr envoyé le régiment des Cadets à Arras. Mais le siège se prolonge, il y a de nombreux morts, les survivants meurent de faim… « Qu’est-ce qu’on pourrait bien dévorer ? (Cyrano, lui jetant le livre qu’il tient à la main.) L ‘Iliade. » : éclat de rire ! Enfin Cyrano écrit deux fois par jour des lettres à Roxane au nom de Christian et risque à chaque fois sa vie pour les envoyer. Mais Roxane arrive dans un carrosse conduit par Ragueneau et rempli de bonnes nourritures et boissons : de quoi remonter le moral des troupes ! Mais Christian…


Cinquième acte : La gazette de Cyrano

Automne 1655, Paris, couvent des Dames de la Croix où Roxane s’est retirée après la mort de Christian. De temps en temps, Monsieur de Guiche lui rend visite, elle lui a pardonné et ils sont devenus amis. Chaque semaine, Cyrano vient également la voir et lui raconte ce qui se passe à Paris. Mais ce jour-là…


J’ai essayé de ne pas trop en dire à la fin car il faut que vous puissiez le lire et garder le plaisir de la découverte et du suspense.

Je l’avais déjà lu, deux fois, peut-être même trois, mais le charme était encore au rendez-vous pour cette nouvelle lecture ! J’en déduis que cette histoire est intemporelle et apporte quelque chose à chaque lecture.

En plus, c’est vraiment drôle.

Note : Edmond Rostand cite Théophraste Renaudot (1586-1653) et parle de sa Gazette. Effectivement, Renaudot est un des fondateurs de la presse avec sa Gazette qu’il a lancé le 30 mai 1631 avec le soutien de Richelieu (1585-1642). Ce journal – le plus ancien en France – paraîtra jusqu’en 1915. Cent-vingt numéros de la Gazette sont consultables librement sur Gallica.


Cette chronique de lecture est originellement parue le 26 avril dans La culture se partage, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Catherine.

Lelf présente Janua Vera, de Jean-Philippe Jaworski

Janua Vera, de Jean-Philippe Jaworski

Folio SF, février 2009, 488 pages, 8,20 €


8 nouvelles, 8 destinées. Au cœur du Vieux Royaume évoluent des personnalités bien différentes. Prêtre d’un vieux culte, barbare au combat, paysanne, assassin, copiste, chevalier ou roi, tous sont confrontés aux affres de la vie médiévale. Quand certains se trouvent mêlés à des intrigues politiques, d’autres tentent de survivre à de rudes combats ou courent après des chimères.


Un univers médiéval

Janua Vera, bien plus qu’un simple livre de fantasy, est un véritable volume historique. Ce monde moyenâgeux est décrit avec soin. Barbare et rude, loin des visions romantiques de certaines séries, il est d’une grande crédibilité. Les protagonistes souffrent, subissent le froid et la faim, vivent tranquillement, complotent ou plus simplement travaillent. L’aspect fantasy s’exprime de façon très légère, surtout au travers ce royaume inconnu, mais aussi par l’apparition de certaines formes de magie ou de créatures quelque peu différentes, qui s’intègrent discrètement aux nouvelles. Les textes se terminent par des chutes intelligentes et bien amenées, souvent lourdes de sens, parfois attendues mais sans pour autant provoquer la frustration, simplement peut-être parce qu’elles sont inévitables.


Des nouvelles un peu longues, servies par un style splendide

La difficulté principale du recueil vient de la longueur des nouvelles et du détail du texte qui nécessitent une bonne disponibilité de lecture pour bien entrer dans l’histoire (à ne pas lire deux pages par jour en somme). L’appel émotionnel ne fonctionne pas à tous les coups, mais quel bonheur de se retrouver à rire, pleurer ou angoisser devant ce livre lorsque Jaworski réussit à entraîner à sa suite !

Le grand point fort du recueil réside dans la qualité du langage et la capacité de l’auteur à intégrer une multitude de détails et de vocabulaire précis sans alourdir son style. La plume de Jean-Philippe Jaworski est un vrai plaisir de maîtrise et d’ambiance. Elle rend vivant les personnages et donne réellement consistance aux décors, le lecteur arrivant à percevoir l’humidité, le froid ou le poids d’une arme à leur simple évocation. Un tour de force impressionnant qui permet au Vieux Royaume de se dessiner sans effort sous les yeux du lecteur, qui s’attachera sans souci à cet univers médiéval.


Petit détail par nouvelles

Janua Vera – Évoque un Roi-Dieu en proie à un cauchemar, s’apparentant à un mythe évoquant Gilgamesh. La chute est bien amenée, mais la nouvelle reste une des plus « faibles » du recueil.

Mauvaise donne – Permet de suivre un assassin de profession : Benvenuto. Ce texte, prélude au roman Gagner la guerre, présente un intérêt à la fois pour son côté « bas-fonds » dans la première partie, et dans la seconde pour le côté politique très intelligent et intéressant. La chute annonce le roman à la perfection.

Le service des dames – Fait penser aux romans de courtoisie grâce à ce chevalier joutant verbalement avec une châtelaine et un duel d’honneur. Il y a beaucoup de jeu de paroles, fiel derrière des mots de miel. Le paysage est particulièrement réussi ici. Et encore une belle chute.

Une offrande très précieuse – Décrit une bataille avec un héros pas très malin qui le sait, loin des clichés de fantasy. Le texte présente un aspect onirique en seconde partie, des longueurs au milieu, mais se révèle émouvant grâce à son héros. Le cœur se serre à l’évocation de son histoire.

Le conte de Suzelle – La nouvelle la plus émouvante suit le parcours d’une jolie fillette un peu rêveuse et attachante à qui le lecteur ne peut que souhaiter une belle vie. Il la verra grandir et passer les ans, jusqu’à la chute, poignante. Une nouvelle qui émeut et laisse au bord des larmes.

Jour de guigne – Dans un style purement pratchettien, Jaworski choisit le burlesque et le grotesque, arrivant à faire bien sourire pour une nouvelle bien décalée au ton léger appréciable. Maître Calame est un beau guignol, victime d’une malédiction.

Un amour dévorant – Une très longue nouvelle où des fantômes du passé hantent un bois pour le malheur de ceux qui les approchent de trop près. Sympa pour le décor et les anecdotes des habitants, un peu angoissante. Je l’ai moyennement appréciée, mais la lecture hachée n’aide pas ici.

Le confident – Un prêtre a choisi de s’enfermer dans le noir absolu et s’explique. Il est intéressant de voir son parcours et d’apprendre à connaître son culte. La chute m’a un peu laissée de marbre alors qu’elle se serait bien prêtée à quelque chose de poignant.


En résumé : un très bon recueil qui vaut surtout pour la qualité de l’écriture, mais aussi pour quelques beaux moments d’émotions. Une lecture parfois difficile à cause des longueurs, mais qui laisse une impression très positive.

Une lecture commune avec Le Cercle d’Atuan. Chroniques des membres : El Jc, Olya, Vert, Tigger Lilly, Daenerys, Arutha, Ryuuchan.


Première lecture des défis Littératures de l’imaginaire sur les 5 continents et Nouvelles sur les 5 continents pour l’Europe !


Cette chronique de lecture est originellement parue le 8 mai dans Imaginelf, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Lelf.

Pascale présente Une Europe des poètes, de Bernard Lorraine

Une Europe des poètes, de Bernard Lorraine qui a sélectionné les poèmes regroupés dans cette anthologie poétique européenne.

Hachette / Le Livre de Poche, décembre 1991, 416 pages, ISBN 978-2-10168291


Quatrième de couverture

Une poésie sans frontières : en un seul livre, les plus beaux poèmes des pays de l’Europe des Douze.

Les frontières s’effacent, l’Europe devient notre espace vie commune ; issus d’une même histoire, les Européens se reconnaissent un même destin, ils inventent une même culture.

Mais l’Europe unie n’est pas uniforme.

De l’Antiquité à nos jours, chacun dans sa langue, les poètes constituent l’Europe, notre patrie, tout en sauvegardant, l’originalité irremplaçable de leur chant poétique.

Les traducteurs de ce livre unique et divers sont tous des poètes.


Mon avis

Une fois encore je vais devoir me répéter : la poésie ne se passe pas à la moulinette pour en tirer une critique, laissons-la telle qu’elle doit être : libre d’être perçue par tous les lecteurs selon son affinité avec les mots et toujours attachée à son auteur.

Ce petit livre fort intéressant nous fait voyager dans toute l’Europe des Douze, chaque pays est introduit par une présentation géographique mais surtout l’historique de la poésie de ce pays.

Bien sûr, cette anthologie ne pouvait contenir tous les poètes de chaque patrie européenne, mais elle a su mettre les plus beaux échantillons couvrant une large plage temporelle. Rappelant que ce livre date de 1991, vous ne croiserez que l’Europe des Douze. Pour connaître l’historique de l’Europe, les pays membres de l’Union européenne passez par ici.

Avant de commencer le voyage, l’Europe est mise en avant et nous pouvons lire des poèmes qui lui sont dédiés écrits par des poètes de toute nationalité au-delà de l’Europe c’est ainsi que j’ai croisé Pablo Neruda nous contant notre Europe avec ses mots par ce joli texte : Quelques mots à l’Europe.

Il serait bien difficile de retracer tout le livre par des poèmes mais je puis vous assurer qu’on y découvre beaucoup de poètes plus ou moins connus en France et qui méritent d’être lus.

Je vais pourtant vous mettre un texte.


Majesté

Passe un roi, et c’est le Poète.

Non par son pouvoir d’ordonner,

Mais par sa grâce, et magique, et secrète,

D’imaginer.

Son spectre : la plume, aveugle navette

Du métier à tisser les vers.

Son manteau, c’est la peau, pure hermine que fouette

La fange des chemins divers.

Un grand souverain

Au triste destin :

Un monstre humain

De droit divin.

Miguel Torga (pour le Portugal)


La poésie européenne ne pourrait se cantonner dans un seul style et courant, c’est pourquoi ce livre est riche et intéressant si on veut aborder la poésie de l’Europe, bien sûr la restriction nous pousse à dépasser ces pages et par la magie du virtuel rechercher d’autres auteurs européens.

Je ne peux que vous inciter à découvrir ce livre que vous trouverez dans toute bonne bibliothèque voire d’occasion sur le Net, je suis moins sûre qu’il soit encore en vente actuellement dans les librairies, il date de 1991.

J’ai lu ce livre dans le cadre du challenge poesie5continents pour le continent  images[2] .

Ne pouvant nous restreindre à un seul poète, un seul pays, profitons de la richesse de cette Europe afin de nous y abreuver pleinement, chaque pays étant une découverte avec ses poètes multiples, belle synergie pour les lecteurs avides de savoir ou tout simplement de plaisir.

Lisez les noms des auteurs et vous serez surpris d’y croiser des personnages illustres dont on ne pouvait imaginer :  poètes…


Poètes présentés par pays

Allemagne : Johann Wolgang von Goethe – Friedrich von Schiller Friedrich Novalis – Clemens Brentano – Adalbert von Chamisso – Annette von Droste-Hülshoff – Heinrich Heine – Eduard Mörike – Friedrich Nietzsche – Sfefan George – Christian Morgenstern – Gottfried Benn – Stephan Hermlin

Angleterre : William Shakespeare – John Donne – William Blake – Robert Burns – William Wordsworth – Samuel Taylor – Lord Byron – Alfred Tennyson – Emily Jane Brontë – Rudyard Kipling – T.S. Eliot

Belgique : Georges Rodenbach – Emile Verhaeren – Charles Van Lergerghe – Max Elskamp – Maurice Maeterlinck Géo Libbrecht – Marcel Thiry – Paul Neuhuys – Robert Goffin Géo Norge – Achille Chavée – Maurice Carême – Andrée Sodenkamp – Roger Bodart – Jaan Mogin – Liliane Wouters – Guido Gezelle – Karel Van de Woestijne – Karel Jonckheere – Herwig Hensen – Joes de Haes

Danemark : Thomas Kingo – Hans Christian Andersen – N.F.S Grundtvig – Sophus Claussen – Thorkild Bjornvig

Espagne : Saint Jean de la Croix – Lope de Vega – Franscisco de Quevedo – Gustavo Adolfo Bécquer – Miguel de Unamuno – Antonio Machado – Juan Ramon – Pedros Salinas – Jorge Guillén – Federico Garcia Lorca – Rafael Alberti

France : Charles d’Orléans – François Villon – Joachim du Bellay – Pierre de Ronsard – Louise Labé – Jean de la Fontaine – Alphonse de Lamartine – Victor Hugo – Alfred de Musset – Charles Baudelaire – Paul Verlaine Arthur Rimbaud – Paul Fort Mari Noël – Jules Supervielle – Paul Éluard – Louis Aragon – Robert Desnos – Jacques Prévert Maurice Fombeurre – Claude Roy – René Guy Cadou

Grèce : Homère – Aristophane – Constantin Cavafy – Nikos Kazantzakis – Georges Seferis Yannis Ritsos

Irlande :  Samuel Lover Thomas Moore Samuel Ferguson – William Butler Yeats – James Joyce – Eavan Boland

Italie : Virgile – Saint François d’Assise – Dante Alighieri – François Pétrarque – Laurent de Médicis – Michel-Ange Buonarroti – Giacomo Léopardi – Umberto Saba – Dino Campana – Vincenzo Cardarelli – Giuseppe Ungaretti – Eugenio Montale – Salvatore Quasimodo – Valerio Magrelli

Luxembourg :  Paul Palgen – Edmond Dune – José Ensch – Nikolaus – Anise Koltz

Pays-Bas : Pieter Cornelis Boutens – Hendrik Marsman – Remco Campert Judith Herzberg

Portugal : Almeida Garret – Fernando Pessoa – Mario de Sà Carneiro – Miguel Torga


Pour aller plus loin je vous invite à lire (bilingue) la poésie de l’Europe sur ce site (cliquez sur le logo)

Cette chronique de lecture est originellement parue le 24 mars dans Mot à mot…, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Pascale.

Catherine présente Le collectionneur, de Christine et Olivier Orban

Le collectionneur est une pièce de théâtre écrite par Christine et Olivier Orban à paraître le 7 janvier 2010 aux éditions Albin Michel (84 pages, 10 €, ISBN 978-2-226-19576-0). Cette pièce est inspirée du roman éponyme de Christine Orban paru aux éditions Albin Michel en 1993 (réédition en même temps que la pièce).


Christine Orban est née à Casablanca (Maroc) mais elle quitte sa famille pour étudier le Droit à Paris. Elle aime les chevaux, l’Art et aurait aimé être psychanalyste. Elle est l’épouse d’Olivier Orban. Monsieur est éditeur et madame est auteur : Les petites filles ne meurent jamais (1986, elle a 25 ans), Le fil de soi (1988), Une année amoureuse dans la vie de Virginia Woolf (1990), La femme adultère (1991), Le collectionneur (1993), Une folie amoureuse (avec Olivier Orban, 1997), L’âme sœur (1998), L’attente (1999), Emmanuel Ungaro (1999), J’étais l’origine du monde (2000), Fringues (2002), Le silence des hommes (2003), La mélancolie du dimanche (2004), Deux fois par semaine (2005), Petites phrases pour traverser la vie en cas de tempête… et par beau temps aussi (recueil de pensées, 2007), N’oublie pas d’être heureuse (2008) et La vie m’a dit… (essai, 2009). Bien que certains titres me disent quelque chose, je ne connaissais pas cette romancière !


Je remercie Gilles Paris de m’avoir envoyé ce livre car j’aime le théâtre mais je n’en lis pas assez souvent (j’ai eu ma période Anouilh, Molière, Ionesco… !) et voilà, le premier livre paru en 2010 que je chronique est du théâtre (c’est un signe !).


Après guerre, Arpad de la Castille vit avec son épouse Olivia dans un manoir en forêt de Fontainebleau. Collectionner les pièces de monnaie anciennes (grecques et romaines) est une telle passion pour lui qu’Olivia en est jalouse.

Un jour Madame Vallière, une vieille dame qui n’a pas d’héritier lui propose une pièce unique au monde : une monnaie romaine en or, frappée par Cléopâtre pour ses trente ans, en cinquante exemplaires uniquement et qui ont été englouties et fondues durant la fête à Tanis (tremblement de terre et irruption volcanique), sauf celle qu’elle a fait envoyer à Marc-Antoine resté à Alexandrie. Quel honneur et quelle aubaine pour Arpad mais il aime la discrétion.

Cependant lors de la visite de leur ami Arthur Lord, Olivia ne peut s’empêcher d’en parler et propose d’inviter le comte Alberoni, un collectionneur émérite.

Lorsque le comte Alberoni, venu tout spécialement de Naples, prend la pièce de monnaie pour l’observer, une panne de courant plonge la maison dans le noir. Mais au retour de la lumière, la pièce a disparu…

Alberoni a-t-il volé la pièce ? Quant à Arpad, il ne vit plus que dans le remords et manque sombrer dans la folie…


Ce récit est un huis-clos, et comme tout huis-clos qui se respecte il est quelque peu oppressant. Les dialogues sont plein de force et le mystère plane sur cette pièce de monnaie. Et qu’est-ce qui est plus important ? Les objets ou les êtres humains ? Posséder des choses ? Ou l’amour, l’amitié, la présence d’êtres chers ?

Cette pièce sera mise en scène par Daniel Benoin (metteur en scène, auteur, comédien) et jouée au Théâtre National de Nice du 20 au 31 janvier (rencontre prévue avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation du jeudi 28 janvier) avec les comédiens François Marthouret (Arpad), Nathalie Roussel (Olivia), Jacqueline Scalabrini (Madame Vallière), Paul Chariéras (Arthur) et Jean-Claude Penchenat (comte Alberoni).

De plus une rencontre-dédicace avec Christine Orban est prévue le samedi 23 janvier à 16 heures à la Librairie Jean Jaurès (2 rue Centrale) à Nice.

Si vous aimez le théâtre, dirigez-vous vite vers le défi Théâtre sur les 5 continents !


Si les informations ci-dessus datent un peu, c’est parce que cette chronique de lecture est originellement parue le 5 janvier dans La culture se partage, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Catherine.