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Encore du théâtre avec le Challenge Tennessee Williams de Will

Le théâtre est à la mode en ce moment !

Après Théâtre sur les 5 continents (sur ce blog) et Tous au théâtre ! de Leiloona, voici le Challenge Tennessee Williams.

C’est Will qui a lancé ce challenge le mercredi 2 juin sur son blog, Kabaret Kulturel.

L’objectif de ce challenge (je laisse la parole à Will) :

« Lire une (ou plusieurs) pièce(s) de Tennessee Williams et regarder une (ou plusieurs ) adaptation(s) ciné d’une de ses pièces. Les pièces peuvent être différentes : par exemple, vous pouvez lire Un tramway nommé désir et regarder La chatte sur un toit brûlant. Mais vous pouvez lire et regarder l’adaptation de la même pièce, c’est à votre convenance. Et en faire un billet sur votre blog. Le challenge sera réussi dès que vous aurez lu une pièce et vu une adaptation […]. Mais rien ne vous empêche d’en lire et d’en voir plus d’une, bien évidemment. […]. Le challenge prendra fin en juin 2011. »

Plus d’informations sur Tennesse Williams, le challenge, listes des pièces et des adaptations cinématographiques, etc. sur Kabaret Kulturel : Challenge Tennessee Williams.

Il existe deux logos pour ce challenge, je les mets les deux (taille réelle sur le blog du défi), les participants choisissent celui qu’ils préfèrent.

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Lee Rony présente Fungi de Yuggoth, de Lovecraft

Fungi de Yuggoth, de Lovecraft

Traduction de François Truchaud – Illustrations de Jean-Michel Nicollet


Dans l’œuvre de l’auteur de Providence, la poésie tient une place plus importante qu’il n’y paraît. En effet le jeune Howard écrivit ses premiers vers à l’âge de 12 ans : Le grand dieu Pan.

Dans ce recueil nous trouvons 65 poèmes dont les 36 sonnets formant les Fungi de Yuggoth lesquels furent écrits entre le 27 décembre 1929 et le 4 janvier 1930. Dans une lettre adressée à Clark Ashton Smith il écrit : « Vous y trouverez la suggestion de scènes à demi oubliées où qu’on ne peut localiser… Ces pseudo-souvenirs vagues et trompeurs m’ont toujours hantés depuis mon enfance… » Ainsi, vers 6 ou 7 ans, fut-il tourmenté par des cauchemars mettant en scène les « Maigres Bêtes de la Nuit », créatures horrifiantes n’attendant qu’une opportunité pour pénétrer le monde des humains.

Dans ces poèmes – comme dans la plupart des textes de Lovecraft – nous trouvons ce même sentiment de nostalgie pour un ailleurs qui est inaccessible, pour une époque disparue à jamais, si tant est qu’elle ait jamais existé, et, sous-jacente, la menace que la réalité ne soit qu’un masque susceptible de se détacher à tout instant pour révéler une peu plaisante réalité.

Il n’est pas inutile de rappeler les influences que subit Howard : Thomas Gray, James Thomson, Edwin Arlington Robinson et, bien sûr, Poe.


Pour la petite histoire La fiancée de la mer est le seul poème d’amour écrit par HPL, il est en outre unique par l’utilisation de deux personnages, la plupart de ses œuvres mettant en scène un homme seul face à un savoir qui va le détruire mais avec l’impression que cette fin, atroce, est préférable à une vie banale se limitant à la satisfaction des simples instincts fondamentaux ! Facile de formuler le même vœu, du moment qu’il n’engage pas, réellement, notre avenir.


Un court exemple :

« Je mis le livre sous ma veste, m’efforçant

De le dissimuler en un pareil endroit ;

Puis me hâtai à travers les anciennes rues du port

Tournant souvent la tête et allant d’un pas nerveux.

Des fenêtres maussades et furtives, encastrées dans de vieilles briques branlantes

Me lorgnaient bizarrement comme je passais devant elles,

Et, songeant à ce qu’elles abritaient, je désirai jusqu’à la nausée

Apercevoir un coin de ciel pur et bleu, rédempteur.


Personne ne m’avait vu prendre l’objet… pourtant

Un rire pâle résonnait dans ma tête en proie au vertige.

Je soupçonnai alors quels mondes de la nuit et du mal

Étaient aux aguets dans le volume que j’avais convoité.

La route devint étrange, ainsi que les murs, démentiels…

Et loin derrière moi résonnèrent des pas invisibles. »


Bien sûr la traduction ne rend pas les rimes, c’était impossible, ou presque.

J’ai la chance de posséder un exemplaire de la première édition française de ce volume, dédicacée par le traducteur et l’illustrateur.

Actuellement ces poèmes sont disponibles chez Laffont dans la collection Bouquins.


J’ai relu ces vers dans le cadre du défi Poésie sur les 5 continents et ne le regrette pas.


Cette chronique de lecture est originellement parue le 3 avril dans Lire au nid, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Lee Rony.

Catherine présente La triste fin du petit Enfant Huître, de Tim Burton

La triste fin du petit Enfant Huître et autres histoires est un recueil de Tim Burton paru aux éditions 10/18 dans la collection Domaine étranger en septembre 2007 (123 pages, illustrations en couleur, 7,40 €, ISBN 978-2-264-02768-9). Une édition spéciale est parue en novembre 2008 aux éditions 10/18 (128 pages, 10 €, ISBN 9782264048738). Traduction de René Belletto (qui a adapté en privilégiant les rimes).

Avec The melancoly death of Oyster Boy & other stories, Tim Burton, extraordinaire réalisateur américain né en août 1958, publiait en 1997 son premier livre qu’il illustrait lui-même.

Lorsque je me suis rendue compte que ces histoires étaient écrites sous la forme de poésie (en vers ou en prose), j’ai tout de suite décidé de les présenter pour le défi Poésie sur les 5 continents pour le continent américain.

Je connais l’univers de Tim Burton à travers ses films colorés, baroques et très originaux, mais j’ai été vraiment surprise par les personnages (pratiquement tous hideux) de ses poésies parce qu’on les croirait tout droit sortis d’un cerveau dérangé (désolée, hein, Tim !). Jugez plutôt : un enfant-robot, un enfant qui a des clous dans les yeux, un enfant tache, un enfant huître, un enfant toxique, un enfant momie, etc. Les filles ne sont pas en reste avec une qui a plusieurs yeux, une qui fixe tout le temps, une faite d’ordures, une qui porte des aiguilles de vaudou, etc.

Les enfants seraient-ils donc tous de monstrueuses créatures ?

Je remarque la présence presque systématique des yeux, l’importance du regard donc, celui que l’on porte sur soi-même et celui des autres.

Monstruosité, cruauté, mort et humour noir sont les maîtres-mots de ce recueil de poésie surprenant !


Trois extraits


Stick Boy and Match Girl in love (pages 10 à 13)

« Stick Boy liked Match Girl,

he liked her a lot.

He liked her cute figure,

he thought she was hot.

But could a flame ever burn

for a match and a stick ?

It dit quite literally ;

he burned up pretty quick. »

Brindille et Allumette amoureux

« Brindille aimait bien Allumette,

il l’aimait vraiment beaucoup,

il adorait sa jolie silhouette,

et il la sentait chaude comme tout.

Mais le feu de la passion peut-il être,

entre une brindille et une allumette ? Eh bien

oui, à la lettre :

il flamba comme rien. »


Roy, the Toxic Boy (page 76-77)

« […]

The one and only time

I ever saw Toxic Boy cry

was when some sodium chloride

got into his eye.

[…]. »

Ludovic, l’Enfant Toxique

« […]

La seule fois, l’unique

où je vis l’Enfant Toxique pleurnicher,

ce fut quand du sérum physiologique

dans son œil alla se nicher.

[…]. »


Junk Girl (pages 98 et 99)

« There once was a girl

who was made up of junk.

She looked really dirty,

and she smelled like a skunk.

[…]. »

La fille faite d’ordures

« Il était une fois une nénette

qui d’ordures était faite.

Elle était vraiment cracra

et puait comme un putois.

[…]. »


Alors ? Est-ce que ça vous a donné envie de découvrir l’univers littéraire et poétique de Tim Burton ?


Cette chronique de lecture est originellement parue le 4 mars dans La culture se partage, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Catherine.