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Catherine présente Le chat du rabbin, de Joann Sfar

J’ai lu cette série de bande dessinée durant le weekend de Pâques – pur hasard, aucun lien de cause à effet, juste que j’avais deux heures de libre – mais je n’avais pas encore publié ma note de lecture…

Tome 1 : La Bar-Mitsva

Dargaud – Poisson Pilote, avril 2002, 48 pages, 10,95 €, ISBN 2-205-05207-1

Préface d’Eliette Abécassis : « […] C’est à la fois une poésie, un conte pour adulte, et une discussion intelligente, pondérée, et drôle, du judaïsme. […]. » (page 2).

Dès les premières cases, j’adore : « Chez les Juifs, on n’aime pas trop les chiens. Un chien, ça vous mord, ça vous court après, ça aboie. Et ça fait tellement longtemps que les Juifs se font mordre, courir après ou aboyer dessus que, finalement, ils préfèrent les chats. Enfin, pour les autres Juifs, je ne sais pas, mais mon maître, lui, il dit ça. Je suis le chat du rabbin. » (page 3). Eh oui, c’est un chat qui raconte cette histoire, un chat gris aux yeux verts, un chat plein d’humour, parfois cynique, souvent subtil, un chat « complètement libre » qui sait lire et qui veut étudier la Kabbale, un chat qui veut faire sa Bar-Mitsva ! Un chat qui aime sa maîtresse, Zlabya, la fille unique du rabbin (veuf), un chat qui pour obtenir la parole a dévoré le perroquet : « Cet oiseau parle sans cesse, qui n’a rien à raconter. » (page 7) ! « Zlabya, ma fille, il y a eu un miracle : le chat parle ! – Oh ! Papa, c’est merveilleux ! – Oui, mais il y a un grand malheur, aussi. – Quoi donc ? – Il ne dit que des mensonges. » (page 10). Un chat qui observe les quatre élèves de son maître et qui découvre leurs défauts, leurs vilénies, leurs mensonges. Mais humains et chat ne se ressemblent-ils pas ?

J’adore ! Il faut absolument que j’embraie sur le tome 2 !


Tome 2 : Le Malka des lions

Dargaud – Poisson Pilote, avril 2003, 48 pages, 10,95 €, ISBN 2-205-05369-8

Préface de Fellag : « Ce chat iconoclaste a une conscience des problèmes humains qui dépasse de loin celle des humains eux-mêmes. […]. » (page 2).

Le rabbin a reçu deux lettres ce matin. L’une est du Malka des lions, un cousin qui va leur rendre visite : Zlabya et ses copines sont en ébullition ! L’autre est de Paris car le rabbin doit faire une dictée pour prouver qu’il est bon en français et « être agréé par le consistoire des Juifs de France » (en un mot garder le poste de rabbin qu’il occupe depuis trente ans). J’avais oublié de dire que l’histoire se déroule en Algérie. La dictée ne se passe pas très bien… Le chat, voulant aider son maître, invoque le nom de Dieu en sachant très bien que c’est interdit et perd l’usage de la parole… Heureusement le cousin arrive, accompagné de son lion porte-bonheur !
Arrive aussi le petit-fils d’un voisin mourant, un charmant jeune homme qui plaît bien à Zlabya mais qui doit « entrer en fonction ici-même dans quelques semaines » ! S’en est trop pour le rabbin qui part se recueillir sur la tombe de Messaoud Sfar, son ancêtre, toujours de bon conseil. En chemin, le rabbin et le chat rencontrent Cheikh Mohammed Sfar, un vieil arabe qui voyage à dos d’âne et qui est aussi un descendant de Messaoud Sfar.
 

Ce tome 2 est aussi amusant que le premier et le chat (le lecteur aussi) apprend beaucoup de choses sur les traditions juives, sur l’amitié fraternelle entre les Juifs et les Arabes (ancêtre commun), mais curieusement il ne parle plus de faire sa Bar-Mitsva.


Tome 3 : L’exode

Dargaud – Poisson Pilote, octobre 2003, 48 pages, 10,95 €, ISBN 2-205-05497-X

Préface de Georges Moustaki : « […] Je me réjouis de constater que, dans l’œuvre de Sfar, les valeurs
philosophiques et l’art de vivre de la minorité judéo-méditerranéenne dans laquelle a baigné mon enfance ont gardé toutes leurs lettres de noblesse. […]. » (page 2).
 

Ouf, Abraham a conservé son poste de rabbin, le jeune homme de Paris étant là pour une autre synagogue. Mais il épouse Zlabya et l’emmène à Paris en voyage de noces et pour la présenter à ses parents et à ses sœurs. Le rabbin et le chat sont bien sûr du voyage. Mais le chat n’a toujours pas retrouvé la parole. Le rabbin s’est mis en tête de retrouver un neveu, Raymond Rebibo, un grand chanteur à ce qu’il dit… L’exode, c’est-à-dire le voyage jusqu’à Paris via Marseille, ne se déroule pas comme prévu : déjà il pleut des trombes d’eau à Paris (c’est gris, c’est moche) et en plus le rabbin refuse de loger chez les parents de son gendre qui ne respectent pas le Shabbath et les traditions juives. Il fuit sous la pluie (le chat le suit), se réfugie trempé dans une église catholique (la synagogue était fermée et l’hôtel l’a refusé). Le chat fait la connaissance d’un chien (un corniaud) et le rabbin retrouve son neveu chanteur. Voici une aventure rocambolesque comme on peut en vivre à Paris ! Le rabbin, Zlabya et le chat découvrent la vie européenne, la religion catholique, la nourriture non-casher, les soirées parisiennes…

C’est toujours drôle, mais je suis déçue que le chat ne parle plus…


Tome 4 : Le paradis terrestre

Dargaud – Poisson Pilote, septembre 2005, 52 pages, 10,95 €, ISBN 2-205-05725-1

Préface de Jean « Moebius » Giraud : « […] Joann Sfar […] fait partie de ces gens d’âme dont le rôle est de raconter des histoires qui donnent du sens aux histoires que leurs aînés leur ont racontées. […]. » (page 3).

Le rabbin est en voyage à Oran ; le chat « traîne » avec le cousin Malka et son lion qui traversent le désert et se donnent en spectacle de village en village, mais ils sont suivis par un serpent qui effraie le chat. Le Malka est vieux, le lion aussi, et ils ont moins de succès qu’avant en ce qui concerne la « protection des habitants » mais le Malka charme toujours autant avec ses histoires (comme celle d’un prince des montagnes qui l’a entendu chanter en plusieurs langues en plein désert et avec qui il est devenu ami). Pourtant la vie entre les communautés a changé depuis que l’abbé Lambert a tenu un discours de haine contre les Juifs et les Arabes… Il « s’habille en homme de Dieu, mais ce n’est pas un bon chrétien. » (page 40). « […] en douce, il leur disait que leurs malheurs, c’était la faute des Juifs. […] il leur expliquait que tous leurs soucis, c’était la faute des Arabes. » (page 41). Des heures sombres approchent, peut-être même une guerre, mais Abraham Sfar, le rabbin enseigne à ses étudiants « Tu auras passé des années à préparer une guerre, à t’endurcir, et le jour où on viendra te tuer, tu mourras tout de même. Crois-moi, il vaut mieux employer ton temps dans l’étude. » (page 50).

Si seulement les hommes avaient étudié et travaillé au lieu de faire la guerre… Drôle, philosophique, poétique même, dommage que le chat ne soit plus le personnage central.


Tome 5 : Jérusalem d’Afrique

Dargaud – Poisson Pilote, décembre 2006, 84 pages, 12,50 €, ISBN 2-205-05868-1

Préface de Philippe Val : « Je pense comme toi. Au contraire de l’amitié entre les hommes, l’amitié entre les peuples n’existe pas. […]. » (page 3).

Le chat continue d’observer le monde des humains. « Je crois qu’elle n’est pas heureuse avec lui. Tant mieux. Elle s’occupe plus de moi. » (page 6).

Le mari de Zlabya se fait livrer une énorme caisse pleine de livres juifs en provenance de Russie mais à l’intérieur au milieu des livres, il y a un Russe que tout le monde croit mort ! Que faire ? Comment ces Séfarades vont-ils enterrer un Ashkénase ? L’homme est -il même juif ?

« Elle est jolie, ta fille. – Oh, toi, on ne comprend rien à ce que tu dis, alors ça ne sert à rien de parler. » (page 18). Le Russe raconte la vie en Russie, la Révolution… Mais personne ne l’écoute, personne ne le comprend. « Écoute, mon ami, ferme-la. Quand tu parles, je comprends rien. Tais-toi ! » (page 20).

Heureusement, le Russe et le chat se comprennent, et le rabbin trouve à l’église orthodoxe un riche russe qui sert de traducteur. Le Russe a quitté son pays et veut aller en Éthiopie à la recherche des Juifs noirs, les descendants de la Reine de Saba. Des Juifs noirs ? Impossible !

Allez, tout le monde part en Afrique, le Russe, le riche qui paye les frais de l’expédition, le rabbin, son gendre et son chat, et puis aussi le Cheikh Mohammed Sfar, en pélerinage comme chaque année sur la tombe de l’ancêtre commun avec son âne.

« Croyez-moi, notre Dieu n’est pas haineux. Il aime la science et les Arts. Il n’est jamais aussi heureux que lorsque ses enfants sont paisibles. Quel dommage qu’il laisse tant d’ignorants parler en son nom. » (page 51).

Un album riche, plus épais, plein d’humour, de violence, de peinture et d’aventures.

Un hommage à Tintin, page 67, au Congo belge, avec un Tintin exécrable et accompagné d’un chien stupide !

Et puis l’amour pour le beau jeune homme russe avec une jeune et jolie serveuse noire prête à le suivre au bout du monde !

La suite « bientôt dans une tragédie érotique intitulée Tu n’auras pas d’autre Dieu que moi ! ». Mais ça fait un bout de temps qu’il est attendu, ce tome 6 !!! D’autant plus que l’intégrale des 5 albums vient de paraître chez Dargaud. Alors finalement, un tome 6 ou pas ?

Une série que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire et que je conseille à tous pour passer un excellent moment de lecture.

Et voici 5 tomes d’un coup pour le Challenge BD de Mr Zombi et pour le Challenge PAL sèches de Mo’.


Cette chronique de lecture est originellement parue le 8 décembre 2010 dans La culture se partage, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Catherine.

 

 

 

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Catherine présente Aya de Yopougon, de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie

Aya de Yopougon est une série de bandes dessinées de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie qui paraît aux éditions Gallimard/Bayou.

On me conseille cette série depuis longtemps. Je me lance enfin avec ce tome 1 paru en novembre 2005 aux éditions Gallimard/Bayou (105 pages, 15 €, ISBN 978-2-07-057311-7). Il est préfacé par Anna Gavalda. Il a reçu le Prix du meilleur album à Angoulême en 2006.

Marguerite Abouet est née à Abidjan en 1971 et a vécu dans le quartier de Yopougon, mais elle a étudié en France où un grand-oncle l’hébergeait avec son frère aîné.

Clément Oubrerie est né à Paris en 1966 et a étudié l’Art avant de partir deux ans aux États-Unis. Depuis son retour en France, il est illustrateur (ouvrages pour la jeunesse) et a fondé La Station (un studio d’animation). Il joue aussi de la batterie dans un groupe de funk et a déjà voyagé en Côte d’Ivoire (ça aide pour illustrer cette bande dessinée !). Plus d’infos sur son site officiel et sur son blog, La marge brute.


1978, à Yopougon (surnommé Yop City), quartier populaire d’Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Aya a 19 ans.

Ignace, son père, est cadre à la Solibra (fabrique de bières), Fanta, sa mère, est assistante de direction chez Singer (et guérisseuse) et elle a un petit frère, Fofana.

Adjoua et Bintou sont ses deux meilleures amies.

Pendant qu’Adjoua et Bintou sortent danser et se faire draguer au Ça va chauffer (« Elle est D.I.S.C.O. […] ») ou au Secouez-vous, Aya préfère étudier plutôt que se retrouver en « série C » (coiffure, couture et chasse au mari !). Elle aimerait être médecin mais son père préfèrerait la marier, en particulier au fils du patron mais le fils du patron ne pense qu’à s’amuser.

Lorsqu’Ignace reçoit une promotion, il devient représentant mais du coup il est toujours sur les routes…

Adjoua tombe enceinte.


Petite réflexion par rapport à ce que dit Anna Gavalda dans la préface : j’ai remis cette histoire dans le contexte de l’époque c’est-à-dire en 1978. Je pense que – comme tous les pays du monde – la Côte d’Ivoire a changé depuis toutes ces années. Et puis est-ce que ça s’appelle être « très maligne » de se retrouver enceinte alors qu’on ne s’y attend pas et d’épouser un gars idiot qui n’est même pas le père du bébé ?

Enfin, je ne me suis pas attardée à cette préface et j’ai beaucoup aimé ce premier tome. C’est vivant, c’est frais et c’est drôle ! Il est possible de voir les cinq premières pages sur le site de l’éditeur.

Bon, il va falloir essayer le gnaman koudji (jus de gingembre) et la sauce arachide ! Et aussi lire la suite d’Aya de Yopougon !

Le tome 6 paraît d’ailleurs demain.

Je présente cette bande dessinée pour les deux défis BD auxquels je participe : le Challenge BD de Mr Zombi et le Challenge PAL sèche de Mo’.

 

Cette chronique de lecture est originellement parue le 24 novembre 2010 dans La culture se partage, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Catherine.

Catherine présente Grimms manga, de Kei Ishiyama

Grimms manga est un recueil de cinq contes de Jacob et Wilhelm Grimm adaptés et dessinés par la mangaka Kei Ishiyama. Il est paru aux éditions Pika en novembre 2009 et contient 167 pages de manga dont 4 en couleur plus 56 pages des contes originaux (9,90 €, ISBN 978-2-8116-0155-3).

Dans le cadre du Challenge BD de Mr Zombi, je me suis engagée à lire au moins un manga et j’ai eu l’occasion de lire Grimms manga, mais lorsque j’ai vu qu’il y avait aussi les textes des frères Grimm, je me suis dit que ça ferait un bon classique pour J’aime les classiques de juillet en espérant que Marie n’y verra pas d’inconvénient.

Jacob (1785-1863) et Wilhelm (1786-1859) Grimm sont les deux aînés d’une famille de Hanau (Allemagne) qui eut neuf enfants. Ils ont très tôt recueilli des contes allemands mais aussi nordiques en particulier danois. Les cinq contes qui suivent ont été publiés dans Contes de l’enfance et du foyer (deux recueils, 1812 et 1815). Pour ceux qui lisent l’allemand, les contes de Kinder und Haus-Märchen sont en ligne sur http://de.wikisource.org/wiki/Kinder-_und_Hausmärchen. Sur Grimmstories.com, de nombreux contes (dont Hansel et Gretel, et Raiponce) sont disponibles en français, anglais, allemand, espagnol, néerlandais, italien et danois. Vous trouverez l’intégrale des Contes de l’enfance et du foyer dans l’édition de José Corti parue en mai 2009 (1100 pages, 2 volumes, 50 €, ISBN 978-2714310002).


Le petit Chaperon rouge

Conte : Une fillette est envoyée par sa maman dans la forêt pour donner à manger et à boire à sa grand-mère seule et malade. Mais le petit Chaperon rouge rencontre un loup qui veut dévorer à la fois la grand-mère et la fillette.

Manga : Histoire totalement différente puisque le loup est ici un garçon-loup qui va demander la fillette en mariage !


Raiponce

Conte : Un couple qui a du mal à avoir un enfant est contraint de laisser sa fille à peine née à la sorcière qui a donné des raiponces de son jardin. La vieille femme enferme Raiponce dans une tour et y accède grâce aux cheveux que la jeune fille envoit par la fenêtre. Mais un jour, un jeune prince entend Raiponce chanter et en tombe amoureux.

Manga : Histoire adaptée puisque c’est l’inverse, le bébé enlevé par la sorcière est un garçon et c’est Éva, une paysanne qui entend le chant de Raiponce et en tombe amoureuse.


Hansel et Gretel

Conte : Hansel et Gretel sont abandonnés dans la forêt par leur père et leur marâtre. En essayant de touver leur chemin, ils sont attirés par une maison en confiserie où habite une sorcière qui veut les engraisser pour les manger.

Manga : Histoire adaptée avec un Hansel narcissique et une femme cruelle mais belle, fascinée par la beauté du garçon, puis par le courage de sa petite sœur.


Les douze chasseurs

Conte : Un fils de roi a promis à son père mourant d’épouser la princesse que le vieil homme a choisie pour lui. Il quitte donc la jeune fille dont il est amoureux mais celle-ci trouve un subterfuge pour être près de son bien-aimé : elle et onze jeunes filles se déguisent et deviennent les chasseurs du nouveau roi. Le lion du roi, « un animal étrange qui avait connaissance de toutes choses cachées et secrètes » prévient le roi du subterfuge mais le jeune homme ne croit pas son animal.

Manga : Le prince Maximilien est à la chasse avec sa bien-aimée, la princesse Christina, et l’aigle Fabian, lorsqu’il est appelé en urgence auprès du roi. Il promet à son père mourant d’épouser la femme qu’il lui a choisie et quitte Christina. Mais celle-ci se déguise en chasseur et se fait appeler Christian. Le chat Bastien qui devine tout et dit la vérité essaie de prévenir son maître en vain.


Les deux frères

Conte : « Il était une fois deux frères, l’un riche et l’autre pauvre ». Le riche est mauvais et le pauvre est bon mais il doit abandonner ses deux fils car ils ont mangé chacun un petit morceau de l’oiseau d’or de son riche frère. Les deux garçons sont recueillis par un chasseur, puis partent à l’aventure. Ils se retrouvent chacun avec un lièvre, un renard, un loup, un ours et un lion et se séparent. Un des deux frères tue un dragon et se prépare à épouser la fille du roi mais il est changé en pierre par un maléfique maréchal. Un an plus tard, l’autre frère arrive dans la même ville et découvre la vérité.

Manga (en deux parties) : Walter et Volker sont deux frères jumeaux tumultueux. L’histoire se déroule un peu différemment du conte, mais ils sont bien accompagnés des mêmes animaux. Walter tue le dragon et se réjouit d’épouser la princesse Anna, lorsque le ministre Gottlos le transforme en pierre et prend sa place. Heureusement Volker et les animaux vont le libérer et rétablir la vérité.


Tout le monde (ou presque) a déjà lu des contes, de Grimm, ou d’autres auteurs, mais il est vraiment agréable de les relire et de les comprendre en tant qu’adultes car de nombreuses choses échappent aux enfants ! En fait, on sait qu’il y a plusieurs niveaux de lecture dans les contes (des études ont été menées et des livres ont été rédigés comme L’envers des contes de René-Lucien Rousseau ou Ce que disent les contes de Luda Schnitzer).

Une mère qui envoie sa fille en pleine forêt à la merci de mauvaises rencontres (il a bon dos le loup, rappelez-vous Le roman du loup, de Claude-Marie Vadrot !), des parents qui laissent une sorcière prendre leur nouveau-né, d’autres parents qui abandonnent des enfants dans la forêt car ils ne peuvent plus les nourrir, un jeune homme qui pour obéir à son père quitte lâchement sa bien-aimée, etc. Les loups, les forêts, les sorcières, les maléfices, tant de choses qui font peur et qui sont utilisées pour montrer l’indigence des parents, la faiblesse, la lâcheté, la cruauté, etc.

Des histoires à méditer donc…

D’ailleurs, je vais sûrement relire d’autres contes car c’est quand même toujours un véritable émerveillement !


C’est la douzième bande dessinée que je présente dans le cadre du Challenge BD de Mr Zombi et c’est aussi mon classique pour J’aime les classiques de juillet.

Je la présente également ici dans le cadre de BD sur les 5 continents, pour l’Asie (j’avais dit que je lirais un manga).


Cette chronique de lecture est originellement parue dans La culture se partage, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Catherine.

Johan présente Là où vont nos pères, de Shaun Tan

Là où vont nos pères, de Shaun Tan

Dargaud, 2008, 120 pages, 15,50 €, ISBN 978-2205059700


Je vais faire d’une pierre, trois coups aujourd’hui. En effet l’ouvrage que je vais vous présenter entre dans le cadre de 3 challenges auxquels je participe : À la découverte d’un pays d’Everthkorus (consacré à l’Australie pour la première édition), le défi BD sur les 5 continents de Catherine (pour l’Océanie) et mon challenge BD. Eh oui aujourd’hui c’est encore mieux que le shampooing, c’est du 3 en 1 sur mon blog ^^

Là ou vont nos pères (The arrival en VO) est un album de BD franco-belge de Shaun Tan (auteur sino-australien donc j’espère que ça ira pour les deux autres challenges ^^) publié chez Dargaud dans la collection Long Courrier en 2008. À noter que cet album a reçu le Fauve d’or à Angoulême en 2008 (prix qui récompense le meilleur album).

Un homme quitte sa famille pour partir à l’étranger et tenter de s’en sortir là-bas, dans cet endroit où il ne connaît rien n’y personne et où tout lui est étranger.


Mon avis

J’ai envie de dire OUAHOU !!! On prend une bonne claque dans la gueule devant cet album. Déjà il faut savoir que vous ne trouverez pas le moindre texte, point de phylactères par ici, juste les dessins somptueux de Shaun Tan qui parlent d’eux-mêmes. Parfois les dessins s’étalent sur une double page, d’autres fois c’est une succession de petites vignettes semblables à des photos dans un album, ce découpage sert habilement le récit et renforce la beauté de l’histoire.

Cet album est un fantastique hommage muet à tous ces gens qui ont décidé de tout quitter et de partir dans un pays étranger dans l’espoir de pouvoir y vivre une vie meilleure pour eux et leur famille. Ces gens qui partent dans un endroit complètement inconnu, en ne parlant pas la langue, en ne connaissant rien des coutumes, etc., qui risquent tout avec seulement un espoir, celui de mieux vivre, d’assurer un avenir radieux pour leur famille.

Le fait qu’il n’y ait pas le moindre texte, fait également que chacun s’approprie l’histoire à sa façon, y voyant ce qu’il veut en fonction de son vécu, etc., en faisant ainsi un album abordable à tous les âges. En revanche cette absence de texte peut, peut-être, en déboussoler certains, puisqu’ici c’est au lecteur de comprendre et d’imaginer ce qu’il veut.

Les dessins sont entièrement dans des tons sépias, grisés, etc., qui donnent également l’impression d’avoir entre les mains un album de photos souvenirs, dont tous les instantanés mis bout à bout nous racontent l’histoire de la famille.

En bref, une BD atypique, mais qui vaut vraiment le coup de s’y intéresser (enfin comme d’hab je vous conseille de feuilleter avant d’acheter, ou d’emprunter avant, pour vous faire une idée) ne serait-ce que pour le superbe trait de Shaun Tan et pour le vibrant hommage qu’il rend à tous les exilés, immigrés, réfugiés, etc., qui ont pris un jour leur courage à deux mains et ont tout quitté dans l’espoir d’une vie meilleure.


Question bonus : vous seriez prêt à quitter tous vos proches, pour partir vivre ailleurs dans l’espoir d’une meilleure vie ?


Cette chronique de lecture est originellement parue le 25 mai dans Les lectures de Mr. Zombi, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Johan.

Johan de ‘Les lectures de Mr. Zombi’

Je viens juste de m’apercevoir que je n’avais toujours pas annoncé ma participation à un nouveau challenge (alors que ça fait un bail que j’ai dit que j’y participais ^^) et je vais donc y remédier.

Ce nouveau challenge, est organisé par Catherine et s’intitule BD sur les 5 continents (pour tout savoir c’est par ici) et j’ai décidé d’y participer car il complète à merveille mon challenge BD (notamment la clause géographique qui se remplit plus facilement lol), et parce que Catherine est très sympa et son logo tout mimi (donc à quoi bon s’en priver ^^).

Donc si vous aussi vous avez envie de participer à ce défi BD, n’hésitez pas à aller vous inscrire et à nous faire partager vos BD venus des quatre coins du globe (plutôt des 5 coins d’ailleurs lol).

Question bonus : Des 5 continents, lequel vous n’associez pas du tout avec la BD ?

[Article paru le 20 mai sur Les lectures de Mr. Zombi]

Afrique : ?

Amérique : ?

Asie : ?

Catherine présente Burquette, de Francis Desharnais

Burquette est une bande dessinée de Francis Desharnais parue en janvier 2008 aux éditions Les 400 coups dans la collection Strips (81 pages, 10 €, ISBN 978-2-89540-366-1).

Prix Bédis Causa, catégories Prix Réal Fillion et Grand prix de la Ville de Québec, 2009.


Québécois, Francis Desharnais a étudié le graphisme et travaillé dans le cinéma d’animation dès 2001. En 2003, il a l’occasion de venir un an à Paris et le débat sur le port des signes religieux lui donne l’idée de cette bande dessinée.


Un intellectuel de gauche dépité par le comportement superficiel de sa fille de 14 ans, Alberte, qu’il élève seul, souhaite « lui ouvrir l’esprit » et « l’amener à réfléchir davantage sur la condition humaine ».

Après avoir vu dans la rue, une femme et sa fille en voile intégral, il oblige Alberte à porter une burqa pendant un an. « Tu sais, papa, sous ce drap et derrière ce grillage je me sens inexistante, sans identité. » (page 13).

Alberte subit alors l’incompréhension, la curiosité ou le rejet de ses amis, camarades de classe, petit copain… « C’est pas juste. Ce gros drap laid attire plus l’attention que ma belle petite jupe courte. » (page 19).

L’adolescente fait la connaissance du voisin algérien : « Je n’ai pas fui les barbus de mon pays pour retrouver les mêmes horreurs ici… » (page 33) et de son neveu kabyle, Kader dont elle tombe amoureuse.

Puis elle retrouve sa mère, participe à une émission de télé-réalité, et se rebelle contre son père mais tout ça n’était pas au programme !


Les dessins sont simples mais expressifs. J’ai surtout apprécié le côté humoristique de cette histoire parce que j’ai du mal à comprendre le but réel de ce père…

Et hop ! Une bande dessinée québécoise pour le Challenge BD de Mr Zombi !


Cette chronique de lecture est originellement parue le 30 mars dans La culture se partage, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Catherine.

Catherine de ‘La culture se partage’

BD sur les 5 continents sur le blog Défis sur les 5 continents. Je vais coupler avec le Challenge BD de Mr Zombi et avec le Challenge BD PAL sèches de Mo’.

Afrique : Aya de Yopougon, de Marguerite Abouet (Côte d’Ivoire), depuis le temps qu’on me conseille cette série !

Amérique : Burquette, de Francis Desharnais (Canada/Québec)

Asie : j’hésite entre un manga (Japon) et un manhwa (Corée du Sud)… Grimms manga, de Kei Ishiyama (Japon)

Europe : Le chat du rabbin, de Joann Sfar

Océanie : ?

[Publié sur mon blog le 6 avril]

BD sur les 5 continents

C’est parti pour le défi BD sur les 5 continents !

Je vous laisse consulter les modalités du défi et j’espère que vous aurez envie de lire des bandes dessinées du monde entier et de partager vos découvertes.


En ce qui concerne les participants, les notes de lecture, etc., vous pouvez consulter la page BD.

Littératures de l’imaginaire sur les 5 continents

Le défi Littératures de l’imaginaire sur les 5 continents pensé dès mars 2009 par Catherine de La culture se partage a vu le jour le 4 avril 2009 et le blog consacré au défi a été créé le jour même.

Il y a 12 participants inscrits en 2009 qui continuent d’ailleurs leur défi et un nouveau participant en janvier 2010.

Comme prévu dès le départ, le défi continue en 2010 et vous pouvez visiter le blog Littératures de l’imaginaire sur les 5 continents pour consulter les listes d’auteurs et de titres, lire les notes de lecture des participants, vous donner des idées de lectures et participer vous aussi.

Littérature policière sur les 5 continents

Le défi Littérature policière sur les 5 continents a été pensé par Catherine dès novembre 2008 et un article est paru sur La culture se partage le 3 décembre 2008 puis le blog consacré au défi a été créé le 1er janvier 2009.

Sur l’année 2009, il y a eu 62 participants (dont deux participantes qui ont doublé voire triplé le défi).

Le défi est reconduit en 2010 et vous pouvez évidemment visiter le blog Littérature policière sur les 5 continents pour consulter les listes d’auteurs et de titres, lire les notes de lecture des participants, vous donner des idées de lectures et participer vous aussi.