Archives du blog

Catherine présente Grimms manga, de Kei Ishiyama

Grimms manga est un recueil de cinq contes de Jacob et Wilhelm Grimm adaptés et dessinés par la mangaka Kei Ishiyama. Il est paru aux éditions Pika en novembre 2009 et contient 167 pages de manga dont 4 en couleur plus 56 pages des contes originaux (9,90 €, ISBN 978-2-8116-0155-3).

Dans le cadre du Challenge BD de Mr Zombi, je me suis engagée à lire au moins un manga et j’ai eu l’occasion de lire Grimms manga, mais lorsque j’ai vu qu’il y avait aussi les textes des frères Grimm, je me suis dit que ça ferait un bon classique pour J’aime les classiques de juillet en espérant que Marie n’y verra pas d’inconvénient.

Jacob (1785-1863) et Wilhelm (1786-1859) Grimm sont les deux aînés d’une famille de Hanau (Allemagne) qui eut neuf enfants. Ils ont très tôt recueilli des contes allemands mais aussi nordiques en particulier danois. Les cinq contes qui suivent ont été publiés dans Contes de l’enfance et du foyer (deux recueils, 1812 et 1815). Pour ceux qui lisent l’allemand, les contes de Kinder und Haus-Märchen sont en ligne sur http://de.wikisource.org/wiki/Kinder-_und_Hausmärchen. Sur Grimmstories.com, de nombreux contes (dont Hansel et Gretel, et Raiponce) sont disponibles en français, anglais, allemand, espagnol, néerlandais, italien et danois. Vous trouverez l’intégrale des Contes de l’enfance et du foyer dans l’édition de José Corti parue en mai 2009 (1100 pages, 2 volumes, 50 €, ISBN 978-2714310002).


Le petit Chaperon rouge

Conte : Une fillette est envoyée par sa maman dans la forêt pour donner à manger et à boire à sa grand-mère seule et malade. Mais le petit Chaperon rouge rencontre un loup qui veut dévorer à la fois la grand-mère et la fillette.

Manga : Histoire totalement différente puisque le loup est ici un garçon-loup qui va demander la fillette en mariage !


Raiponce

Conte : Un couple qui a du mal à avoir un enfant est contraint de laisser sa fille à peine née à la sorcière qui a donné des raiponces de son jardin. La vieille femme enferme Raiponce dans une tour et y accède grâce aux cheveux que la jeune fille envoit par la fenêtre. Mais un jour, un jeune prince entend Raiponce chanter et en tombe amoureux.

Manga : Histoire adaptée puisque c’est l’inverse, le bébé enlevé par la sorcière est un garçon et c’est Éva, une paysanne qui entend le chant de Raiponce et en tombe amoureuse.


Hansel et Gretel

Conte : Hansel et Gretel sont abandonnés dans la forêt par leur père et leur marâtre. En essayant de touver leur chemin, ils sont attirés par une maison en confiserie où habite une sorcière qui veut les engraisser pour les manger.

Manga : Histoire adaptée avec un Hansel narcissique et une femme cruelle mais belle, fascinée par la beauté du garçon, puis par le courage de sa petite sœur.


Les douze chasseurs

Conte : Un fils de roi a promis à son père mourant d’épouser la princesse que le vieil homme a choisie pour lui. Il quitte donc la jeune fille dont il est amoureux mais celle-ci trouve un subterfuge pour être près de son bien-aimé : elle et onze jeunes filles se déguisent et deviennent les chasseurs du nouveau roi. Le lion du roi, « un animal étrange qui avait connaissance de toutes choses cachées et secrètes » prévient le roi du subterfuge mais le jeune homme ne croit pas son animal.

Manga : Le prince Maximilien est à la chasse avec sa bien-aimée, la princesse Christina, et l’aigle Fabian, lorsqu’il est appelé en urgence auprès du roi. Il promet à son père mourant d’épouser la femme qu’il lui a choisie et quitte Christina. Mais celle-ci se déguise en chasseur et se fait appeler Christian. Le chat Bastien qui devine tout et dit la vérité essaie de prévenir son maître en vain.


Les deux frères

Conte : « Il était une fois deux frères, l’un riche et l’autre pauvre ». Le riche est mauvais et le pauvre est bon mais il doit abandonner ses deux fils car ils ont mangé chacun un petit morceau de l’oiseau d’or de son riche frère. Les deux garçons sont recueillis par un chasseur, puis partent à l’aventure. Ils se retrouvent chacun avec un lièvre, un renard, un loup, un ours et un lion et se séparent. Un des deux frères tue un dragon et se prépare à épouser la fille du roi mais il est changé en pierre par un maléfique maréchal. Un an plus tard, l’autre frère arrive dans la même ville et découvre la vérité.

Manga (en deux parties) : Walter et Volker sont deux frères jumeaux tumultueux. L’histoire se déroule un peu différemment du conte, mais ils sont bien accompagnés des mêmes animaux. Walter tue le dragon et se réjouit d’épouser la princesse Anna, lorsque le ministre Gottlos le transforme en pierre et prend sa place. Heureusement Volker et les animaux vont le libérer et rétablir la vérité.


Tout le monde (ou presque) a déjà lu des contes, de Grimm, ou d’autres auteurs, mais il est vraiment agréable de les relire et de les comprendre en tant qu’adultes car de nombreuses choses échappent aux enfants ! En fait, on sait qu’il y a plusieurs niveaux de lecture dans les contes (des études ont été menées et des livres ont été rédigés comme L’envers des contes de René-Lucien Rousseau ou Ce que disent les contes de Luda Schnitzer).

Une mère qui envoie sa fille en pleine forêt à la merci de mauvaises rencontres (il a bon dos le loup, rappelez-vous Le roman du loup, de Claude-Marie Vadrot !), des parents qui laissent une sorcière prendre leur nouveau-né, d’autres parents qui abandonnent des enfants dans la forêt car ils ne peuvent plus les nourrir, un jeune homme qui pour obéir à son père quitte lâchement sa bien-aimée, etc. Les loups, les forêts, les sorcières, les maléfices, tant de choses qui font peur et qui sont utilisées pour montrer l’indigence des parents, la faiblesse, la lâcheté, la cruauté, etc.

Des histoires à méditer donc…

D’ailleurs, je vais sûrement relire d’autres contes car c’est quand même toujours un véritable émerveillement !


C’est la douzième bande dessinée que je présente dans le cadre du Challenge BD de Mr Zombi et c’est aussi mon classique pour J’aime les classiques de juillet.

Je la présente également ici dans le cadre de BD sur les 5 continents, pour l’Asie (j’avais dit que je lirais un manga).


Cette chronique de lecture est originellement parue dans La culture se partage, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Catherine.

Publicités

Johan de ‘Les lectures de Mr. Zombi’

Je viens juste de m’apercevoir que je n’avais toujours pas annoncé ma participation à un nouveau challenge (alors que ça fait un bail que j’ai dit que j’y participais ^^) et je vais donc y remédier.

Ce nouveau challenge, est organisé par Catherine et s’intitule BD sur les 5 continents (pour tout savoir c’est par ici) et j’ai décidé d’y participer car il complète à merveille mon challenge BD (notamment la clause géographique qui se remplit plus facilement lol), et parce que Catherine est très sympa et son logo tout mimi (donc à quoi bon s’en priver ^^).

Donc si vous aussi vous avez envie de participer à ce défi BD, n’hésitez pas à aller vous inscrire et à nous faire partager vos BD venus des quatre coins du globe (plutôt des 5 coins d’ailleurs lol).

Question bonus : Des 5 continents, lequel vous n’associez pas du tout avec la BD ?

[Article paru le 20 mai sur Les lectures de Mr. Zombi]

Afrique : ?

Amérique : ?

Asie : ?

Pascale présente Tour de Terre en poésie, de Jean-Marie Henry

Tour de Terre en poésie, de Jean-Marie Henry

Rue du Monde, collection La Poésie, juillet 1998, 62 pages, ISBN 2-912084-09-1

Illustrations de Mireille Vautier

Anthologie de poésies du monde – 50 poèmes de cinquante cultures différentes dans leur langue d’origine et leur traduction en français.


Note de présentation

Une anthologie multilingue de poèmes du monde entier. Chaque texte est présenté dans sa langue originale et dans sa traduction française. Les enfants découvriront ainsi le romani, le touareg, le basque, l’arabe, le vietnamien, le turc, l’albanais, etc.

Une occasion d’évoquer de nombreuses cultures, et certains enfants s’y reconnaîtront. Une occasion, également, de situer géographiquement ou historiquement les divers poèmes. Et de constater que l’on retrouve, chez les poètes du monde entier, des préoccupations, des thèmes, des émotions similaires.

Les enfants et/ou parents pourront dire les poèmes, en français ou, pour ceux qui lisent d’autres langues, dans la version originale.


Mon voyage

Un ouvrage charmant et remarquable qui m’a fait découvrir une foule de poésies d’origine les moins attendues comme il est précisé dans la présentation, pourtant je ne dirais pas un tour de Terre, mais un tour de langues voire dialectes puisqu’on y croise l’occitan, le catalan, le breton, le corse, le créole, pour ceux qui nous sont proches et restent somme toute plus des langues que des dialectes, quant aux langues qui me sont étrangères je ne peux affirmer si ce sont des langues pures ou des dialectes : quelle est la différence je ne suis pas experte en la matière mais en croisant les noms je suis restée dans l’inconnu (voir ci-après).

On ne se contente plus de découvrir un continent mais bien des peuples particuliers avec leurs us et coutumes, leur langue, à travers leur poésie. Tout ce beau monde regroupé dans un album jeunesse avec le texte et l’alphabet d’origine, le tout agrémenté d’illustrations, c’est un très beau livre qui mérite d’être mis entre les petites menottes de nos enfants.

J’ai fait des découvertes de poètes bien sûr mais aussi de pays et de langues (cliquez sur les liens pour en savoir plus) comme (cliquez sur le nom pour lire la définition) : amharique, hindi, wolof *, peul, rundi, tamoul, singhalais, letton, khmer, nahuatl, inuktitut.

Pour vous donner un exemple de définition trouvée ici : * Le wolof (parfois écrit ouolof) est une langue parlée au Sénégal, en Gambie et en Mauritanie. Il appartient à la branche atlantique des langues nigéro-congolaises. Sa parenté avec le peul est très ancienne. Il a aussi des liens avec d’autres langues de la région comme le sérère, le diola, le bassari, le baïnouk.

Pour celles aux origines plus connues malgré tout qui m’ont surprise agréablement : Rromani, basque, touareg, arabe, vietnamien, turc, portugais, albanais, néerlandais, danois, finnois, chinois, malgache, espagnol, arménien, breton, cheyenne, russe, catalan, occitan, anglais, japonais, suédois, coréen, kurde, kabyle, corse, géorgien, navajo, quetchua, tibétain, italien, thaï, polonais, créole, hawaïen, allemand, hébreu, grec, français.

Voyez la longue liste hétéroclite, originale de textes que l’ont peu lire dans ce petit livre, 3 points forts pour cet album :

1. la diversité des langues,

2. multilingue pour tous les textes,

3. l’alphabet d’origine calligraphié.


Le texte que je vous présente n’est pas banal puisqu’il est d’origine Rromani :

Le toit de notre maison.

« Le toit de notre maison/c’est le grand ciel tout nu./Notre maison est solide/Personne ne peut la renverser.

Les fondaisons de notre maison/ c’est un coin de terre sans rien./Notre maison est solide/personne ne peut la ruiner.

Les murs de notre maison/c’est le froid et ce sont les vents./Notre maison est solide/personne ne peut l’atteindre.

À notre maison, il y a une fenêtre/À la fenêtre, tes yeux./Notre maison est solide/C’est le cœur tsigane. »

JENUZ DUKA (Rromani)

À lire ce texte, cela me rappelle le très beau roman ZOLI que je vous conseille de lire si vous souhaitez connaître le peuple ROM.


Je vous précise également, qu’il y a beaucoup d’auteurs anonymes surtout pour les origines moins connues comme khmer, ce qui me pousse à poursuivre ma découverte de tous ces peuples.


Comme j’ai une admiration pour les peuples nomades je vous mets un poème d’un seul vers :

« La Terre n’a qu’un soleil. »

ANONYME (Touareg)


Puis deux vers qui me parlent, extraits d’un poème vietnamien :

« Son âme est une lune dans la nuit avancée

moitié profonde ténèbre, moitié lueur de rêve. »


Préface pour clore cet article

Puis j’aimerais vous retranscrire la préface tout à fait concise et parfaite pour clore ce tour de terre en poésie :

« La langue que nous parlons, que nous écrivons est d’abord l’expression de ce que nous sommes, de ce que nous pensons, de ce que nous apprenons.

C’est par elle que nous posons notre regard sur le monde et que nous allons à sa rencontre.

Les autres utilisent parfois un langage qui n’est pas le nôtre.  Il nous faut alors dépasser un sentiment d’incompréhension pour écouter une nouvelle manière d’exprimer ou de rêver la vie.

Par la singularité de leur musique et de leur écriture, plus de cinq mille langues participent ainsi à la beauté du monde, s’enrichissant souvent de leurs différences.

Mais comme les espèces animales et végétales, les langues de la terre sont fragiles. Si certaines dominent, c’est au détriment de celles qui disparaissent, quelquefois sans laisser de traces.

Il n’existe pourtant pas de grandes et de petites langues : chacune porte en elle le poème qui nous parle, l’émotion qui nous ressemble étrangement. »

Jean-Marie Henry


J’inscris cette lecture dans le cadre du challenge de la Poésie sur les 5 continents.


Cette chronique de lecture est originellement parue le 19 avril dans Mot à mot…, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Pascale.

Lelf de ‘Imaginelf’

Bonjour Catherine,

Je t’envoie enfin mon inscription pour les Nouvelles sur les 5 continents (il n’est jamais trop tard). Je combinerai avec le challenge des Littératures de l’imaginaire sur les 5 continents puisque je ne lis que ce genre en nouvelles.

Je me présente quand même : je m’appelle Lelf, je suis une grande fan des genres de l’imaginaire depuis quelques années. J’ai (re)découvert ces genres grâce à un ami, qui m’a également fait découvrir les nouvelles. Depuis, j’adore ce format et ma PAL croule sous les anthologies et recueils en tout genre. Pratique pour un tel (double) challenge.

Participer à ce challenge c’est autant, pour moi, faire baisser ma PAL (même si ça se fait relativement spontanément) que promouvoir un format un peu méconnu qui est pourtant très riche et qui regorge de merveilles.

J’ai déjà une liste, mais elle est susceptible d’évolution, vu que je n’ai pas encore bien cherché toutes les possibilités pour certains continents et que pour d’autres j’ai déjà une masse de recueils et d’anthologies.

Afrique : Poste à pourvoir : Jésus-Christ de Kojo Laing (Ghana) et Lettre au fils de Hamilcar Barca (Tunisie), toutes deux dans l’anthologie Utopiae 2005 chez L’Atalante. Une pierre, deux coups.

Amérique : pour ne pas choisir la facilité de l’étasunien qui se glisse facilement dans une anthologie, je choisis Dimension Latino, anthologie présentée par Sylvie Miller et publiée chez Rivière Blanche (Amérique centrale et du Sud).

Asie : pour l’instant, je pense à un recueil de Haruki Murakami (Japon), mais j’aimerais découvrir autre chose de la littérature asiatique de l’imaginaire, donc titre à voir.

Europe : Janua Vera, de Jean-Philippe Jaworski (France).

Océanie : Axiomatique, recueil de Greg Egan (Australie). Titre également susceptible de changer au fur et à mesure de mes découvertes.

Et vous retrouverez bien sûr toutes les chroniques de ces ouvrages et de bien d’autres sur mon blog consacré à la bande dessinée et aux littératures de l’imaginaire : Imaginelf (http://www.imaginelf.com). ^^

Voilà pour la présentation, je file faire la présentation du challenge sur mon blog. À bientôt !

Lelf

Bulle de ‘Pensées de Bulle’

Un nouveau challenge ! Eh oui, je n’arrête pas, mais je trouve que c’est une très bonne motivation pour lire des livres de ma Pile à Lire et/ou ça permet de faire des découvertes très intéressantes. Cette fois-ci le thème est Nouvelles sur les 5 continents. Les modalités de ce challenge sont ici.


Ça y est, j’ai choisi ma liste de nouvelles à lire. Ça n’a pas été très facile à trouver ! Pfiou !

Afrique : Kilomètre 230 (recueil de 12 nouvelles écrites par 12 auteurs africains de pays différents)

Amérique : L’Aleph de Jorge Luis Borges et/ou Les nouvelles extraordinaires d’Edgar Allan Poe

Asie : Au bord du lac de Yasushi Inoue et/ou Une matinée d’amour pur de Yukio Mishima

Europe : Coup de chance et autres nouvelles de Roald Dahl

Océanie : L’enfant et le chat de Libby Hathorn


Bulle – Pensées de Bulle


[La présentation du défi sur le blog de Bulle.]

Bambi Slaughter de ‘Polars and co (mais pas que)’

Catherine, qui a déjà créé plusieurs défis du même gabarit a lancé le 10 avril le défi des Nouvelles sur les 5 continents.

Les modalités sont simples : il suffit de lire au moins une nouvelle pour chaque continent.

Bien sûr, il est possible de coupler ses nouvelles avec des challenges en cours.


En ce qui me concerne, j’ai choisi des recueils de nouvelles pour tous les continents.


Voici ma liste :

Afrique : Les baleines de Quissico de Mia Couto

Amérique : Moisson noire 2003 : Les meilleures nouvelles policières américaines

Asie : Saules aveugles et femmes endormies de Haruki Murakami

Europe : Kiss Kiss de Roald Dahl

Océanie : Le koala tueur et autres histoires du bush de Kenneth Cook


La présentation de Bambi Slaughter sur Polars and co (mais pas que).

Pascale présente Entre source et nuage, de François Cheng

Entre source et nuage, de François Cheng

Vous trouverez plusieurs éditions de ce livre, la plus récente dont descriptif ci-après et plus bas rééditée en format poche, celle que je possède.

Albin Michel, nouvelle édition, février 2002, Collection Spiritualités vivantes, broché, 248 pages, ISBN 978-2-22613-160-7

L’édition plus ancienne celle que je possède : 1990, première édition, réédition en poche 2002.


Rentrons en matière avec un poème de cet auteur qui je le rappelle n’est pas lui-même auteur des textes contenus dans ce recueil mais simplement le maître d’œuvre et je vous convie à lire la quatrième de couverture pour connaître un aperçu du contenu.

L’infini n’est autre

Que le va-et-vient

Entre ce qui s’offre

Et ce qui se cherche.

Va-et-vient sans fin

Entre arbre et oiseau,

Entre source et nuage.

(François Cheng)


Quatrième de couverture

Entre source et nuage n’est pas une simple anthologie, mais la transcription d’un héritage poétique et spirituel auquel François Cheng donne ici une vie renouvelée, avec toute la ferveur née de son expérience intérieure de poète naviguant entre deux langues et deux cultures.

Ce recueil se compose principalement de poèmes de la dynastie des Tang (618-907) et de celle des Sung (960-1279), qui font partie de l’âge d’or de la poésie classique chinoise. Li Po, taoïste, chante la communion totale avec la nature et les êtres ; Tu Fu, confucéen, exprime le destin douloureux de l’homme, mais aussi sa grandeur ; Wang Wei, l’adepte du bouddhisme Ch’an, fixe ses méditations dans des vers d’une parfaite simplicité. À côté de ces géants, d’autres voix dans la Chine contemporaine participent de la même aventure. Malgré une histoire sauvent tragique, les poètes de la Chine d’hier et d’aujourd’hui ont su porter témoignage d’une spiritualité toujours vivante.


L’auteur vu par l’éditeur

François Cheng est né en 1929 dans la province de Shandong, non loin du Yang Tsé et des brumes du Mont Lu. Il vit en France depuis 1949.

Universitaire, poète, calligraphe, traducteur en chinois de Baudelaire, Rimbaud, René Char, des surréalistes etc., auteur d’essais remarquables sur la poésie et l’art de la Chine, il a reçu en 1998 le prix Fémina pour son premier roman Le dit de Tianyi publié par Albin Michel et le prix André Malraux du livre d’art pour Shitao : la saveur du monde (Phébus).

Son œuvre a été couronnée par le Grand prix de la Francophonie de l’Académie française. Il est le premier asiatique à être élu académicien.


Présentation du livre

Si on aborde la poésie chinoise, ce recueil est une parfaite entrée en matière, puisqu’il couvre une belle dynastie de 618 à 1279 appelée l’âge d’or de la poésie classique chinoise.

L’avant-propos, vous offrira le ton de cette poésie chinoise sans doute mal connue à tort car elle est chargée de sagesse, de spiritualité et de simplicité donnant cette pureté et légèreté à la lecture, toutefois, on peut croiser quelques blessures évidentes laissées comme des stigmates d’un peuple qui a traversé des turbulences.

Trois grands courants nourris de la spiritualité : le taoïsme, le confucianisme et le bouddhisme, trois pensées à la fois opposées et complémentaires qui donneront toute cette richesse de la pensée chinoise. Ce vaste pays qui est la Chine donne aussi une certaine dimension à cette poésie, selon l’origine des poètes, les écrits seront plus ou moins marqués par cette géographie multiple et ces pensées variées : exemple repris dans l’avant-propos : « au centre-sud de la Chine, poésie fortement marquée par cette région à la végétation luxuriante et aux paysages par endroits féeriques et fantastiques […] les chants de Ch’u sont avant tout une recherche de la  communion avec les éléments de la nature… ».


Pour ne pas allonger ce billet, je note les 3 géants de la poésie chinoise :

1. Li Po, de tendance taoïste

2. Tu Fu, essentiellement confucéen

3. Wang Wei, bouddhiste Ch’an


Bien sûr il serait dommage de se limiter à ces 3 auteurs, tant la richesse et la diversité de la poésie chinoise est vaste, quelques noms parmi tant d’autres dont regorgent ce livre :

1. Meng Hao-jan et Chiao Tao aux vers dépouillés révélent leur désir d’évasion et de communion spontanée

2. Po Chü-i dénonçant l’injustice sociale et décrivant la souffrance

3. Ch’ien Chi avec ses chants rythmés proches de l’incantation

4. Li Ho hanté par la vision de l’au-delà dévoile avec un accent pathétique, la tragique beauté de la vie terrestre

5. Li Shang-yin chantre ardent de la passion de l’amour

6. Tu Mu et Wen T’ing-yun expriment toute la nostalgie d’un bonheur vécu ou rêvé, désormais inaccessible

7. Li Ch’ing-chao (poétesse) honore la poésie chinoise par son chant frémissant de sensibilité, tout de nuances subtiles et de musicalité


J’ai choisi de vous présenter parmi tous ces poètes cette dame, Li Ch’ing-chao née en 1084? sans certitude et décédée après 1141.

Son nom ‘Pure-clarté’ à l’image de sa personne, un être à la pensée élevée, à la sensibilité frémissante, d’une vaste culture, faisant montre dans les épreuves de courage tenace et d’héroïque aspiration.

Sa vie est intimement mêlée aux événement de son époque : mariage heureux durant l’ère prospère de l’empereur Hui-tsung, où l’art des Sung atteint son apogée ; exode dramatique lors de l’invasion des tribus barbares des Chin ; mort de son mari dans la tourmente ; vieillesse passée dans la région du Lac de l’Ouest après l’effondrement des Sung du Nord.

Épousant de près les différentes étapes de sa vie, sa poésie, cristallisation de ses expériences intimes, montre des qualités propres à un grand poète : finesse et vivacité des sentiments permettant de saisir les dons des instants  à travers des détails concrets ; sens aigu de la valeur imaginaire et musicale des mots ; vision de vie très personnelle intensément éprouvée et patiemment intériorisée, etc.

Voici un poème : Sur l’air de « I-chien-mei »

Le parfum des lotus rouges faiblit

déjà la natte sent la fraîcheur d’automne

Ma robe de soie légèrement dégrafée

je monte sur la barque d’orchidée

De quel nuage attendre un message,

au passage d’oies sauvages

seule la lune inonde le pavillon d’Ouest

Les fleurs s’éparpillent

au gré du vent au gré de l’eau

une même pensée partagée

deux tristesses séparées

et cet ennui

À peine chassé des sourcils

le revoici à la pointe du cœur.


Poussons notre découverte de la poésie chinoise

Pour allier poésie et calligraphie, deux arts qui se communient en osmose, je vous invite à découvrir ce livre dont les textes ne sont autres que ceux présentés ci-dessus, d’ailleurs dans l’avant-propos du précédent livre, j’avais relevé ceci : « Au point que la poésie, en liaison avec la calligraphie et la peinture – appelées en Chine la Triple-Excellence – devient l’expression la plus haute de la spiritualité Chinoise. ».

Résumé

Des poèmes tirés de « Entre source et nuage » de François Cheng. Les poètes de la dynastie des Tang (618-907) ont su continuer, en la magnifiant, une culture littéraire millénaire. Au point que la poésie, en liaison avec la calligraphie et la peinture – appelées en Chine, la Triple Excellence – est devenue l’expression de la plus haute spiritualité.

Quatrième de couverture

« Les poèmes proposés dans ce Carnet du calligraphe illustrent une tradition qui correspond à l’âge d’or de la poésie classique chinoise. Les poètes de la dynastie des Tang ont su continuer, en la magnifiant, une culture littéraire dont l’origine remonte à presque mille ans avant notre ère. »

François Cheng

Spécialiste de l’art et de la poésie de son pays d’origine, la Chine, François Cheng a publié de nombreux ouvrages, dont Le dit de Tianyi, prix Fémina 1998 ; L’écriture poétique chinoise ; Shi Tao, la saveur du monde, prix André Malraux 1998 ; Chu Ta, le génie du trait, et Entre source et nuage.

Dans ce Carnet du calligraphe, François Cheng donne sa traduction d’un héritage poétique qu’il connaît par cœur, en lui insufflant une vie nouvelle. Par la magie du pinceau et des couleurs, les calligraphies de Fabienne Verdier participent de ce même élan créateur.

64 pages, 22 x 13 cm, broché, ISBN 978-2-22611-237-8


Ces livres vous ont été présentés dans le cadre du challenge Poésie sur les 5 continents : l’Asie.


Cette chronique de lecture est originellement parue le 17 avril dans Mot à mot…, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Pascale.

Laura présente Anthologie de Haïkus de poétesses japonaises

Anthologie de Haïkus de poétesses japonaises découverte à l’occasion du Printemps des poètes 2010.


Au Japon, pays profondément patriarcal, les femmes ont longtemps été écartées des activités artistiques et littéraires. Toutefois, fort heureusement, on peut relever quelques exceptions notoires : certaines dames de cour ou certaines nonnes.

Ainsi, parmi d’autres :

Sei Shônagon (XIe siècle), cette dame d’honneur qui inventa la poésie du « fragment » en composant ses admirables Notes de chevet ;

Seifu-jo (1732–1814), cette nonne bouddhiste qui écrivit dans la veine de Bashô en l’enrichissant de sa sensibilité personnelle ;

ou encore Kikusha-ni (1753–1826), cette fille de samouraï, devenue veuve à 28 ans, qui était à la fois peintre, musicienne (elle jouait du koto, cette cithare à 13 cordes) et poète.

Il faut garder à l’esprit que, par le passé, les Japonaises n’avaient pas le droit d’accéder à l’écriture chinoise (savante) ; leur était réservée une écriture spécifique, dite « écriture de femmes » (onna-de : « main féminine ») qui – belle revanche – sera à la source d’une littérature raffinée et à l’origine des signes (hiragana) employés aujourd’hui par tous les Japonais.

Parmi les poètes de haïku au Japon, l’histoire littéraire – ou plutôt une certaine historiographie réalisée par des hommes – retient peu de noms de femmes.

Cependant, à l’orée du XXe siècle, trois grandes figures féminines (ce ne sont pas les seules) se distinguent : Shizuno-jo, Hisa-jo et Tei-jo (cette finale des noms en « -jo » indique que ce sont des « demoiselles »).

Ces femmes poètes gravitent autour de la revue Hototogisu (Le Coucou), fondée par Shiki et dirigée par Kyoshi ; leur génie est aussi d’avoir réussi à émerger et à s’imposer.


Takeshita Shizuno-jo (1887-1951) ou Shizuno-jo, cette institutrice osa composer un haïku d’été sur l’épuisement et l’agacement d’une mère face à son enfant en pleurs :

Par cette nuit brève / l’enfant au sein et qui braille / si je le jetais ? *

Cet accent de franchise a choqué la société conventionnelle qui, on s’en doute, ne l’apprécia guère.


Sugita Hisa-jo (1890-1946) ou Hisa-jo dont le caractère passionné lui valut d’être exclue de la revue Le Coucou. Elle finira par s’enfermer dans un quasi-silence. Pourtant, c’est elle qui a écrit ce bel haïku à la note élégante et érotique :

Fraîcheur de la chaise / la lune perce ma robe / je ne bouge plus.


Nakamura Tei-jo (1900- 1988) ou Tei-jo qui parvient à capter cette scène sensible et à l’exact opposé de celle citée au début :

L’enfant fait pitié / au cœur de la nuit si froide / j’approche la couette.

On évitera de considérer ce dernier poème comme un « haïku de cuisine » (daïdokoro haïku), ce genre de haïku centré sur les travaux ménagers, les occupations domestiques ; bien au contraire, on y percevra une inflexion toute féminine.


Dans sa « Lettre du Voyant », Rimbaud avait audacieusement annoncé : « Quand sera brisé l’infini servage de la femme, quand elle vivra pour elle et par elle, l’homme, jusqu’ici abominable – lui ayant donné son renvoi, elle sera poète, elle aussi ! La femme trouvera de l’inconnu ! Ses mondes d’idées diffèreront-ils des nôtres ? – Elle trouvera des choses étranges, insondables, repoussantes, délicieuses ; nous les prendrons, nous les comprendrons. »

Le servage de la femme est-il fini ? Pas si sûr. Chez nous, par exemple, sur le plan du langage, pourquoi faut-il que, selon le dictionnaire, le mot « poétesse » soit considéré comme péjoratif, alors que « les langues sont des femmes », comme l’écrit superbement le fin linguiste Claude Hagège ?

Par bonheur, certains haïkistes de sexe masculin ont su prendre-comprendre l’inconnu des femmes et célébrer en 17 syllabes l’accord homme-femme à travers la chair sensible du monde. Parmi eux, Shiki, auteur de cette merveille poétique (après l’enfer rimbaldien, voici l’esquisse d’un paradis) :

Le paradis c’est / un lotus de couleur rouge / avec une femme.

Roland Halbert, président de Haïkouest.


* Les haïkus sont donnés dans la traduction de R.H.


Pour le défi Poésie sur les cinq continents de Catherine : https://defis5continents.wordpress.com/2010/03/23/laura-de-laura-vanel-coytte/.


Cette chronique de lecture est originellement parue le 13 avril dans Laura Vanel-Coytte, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Laura.

Lee Rony présente Sous un poirier sauvage, de Ko Un

Sous un poirier sauvage, de Ko Un (고 은)

Traduction : Han Dae-kyun & Gilles Cyr

Circé, novembre 2004, 105 pages, ISBN-13 978-2842421809


« Nuit d’extase

Ce qui coulait jour et nuit

maintenant a cessé

mère ne dort pas

le torrent qui dévalait tout l’automne

où dort son bruit ?

quel froid, quel bonheur !

le bruit de l’eau, soudain, vient de mon cœur

allez, ténèbres, allez illuminer ce cœur »


Solitude

« Je suis parti un jour et j’ai trouvé la paix

Je la retrouverai

Dans la solitude du soleil couchant

Un jour d’hiver

Je resterai dans la musique des jours passés »


Difficile de commenter ces poèmes, les lire, et relire, est plus intéressant, nature et nostalgie se conjuguent, le futur est une promesse qui s’appuie sur le passé et le perpétue sans le singer, ainsi Ko Un forge-t-il un pont entre hier et demain et puise-t-il dans son expérience une force sereine mais convaincue. Vous comprendrez ce que je veux dire en vous plongeant dans ce recueil que j’ai lu dans le cadre du défi : Poésie sur les 5 continents !

Né le 01 août 1933 à Gunsan (Corée du Sud), devenu moine bouddhiste en 1952, il est patronné par Cho Ji-hun pour faire paraître un poème dans la revue Poésie moderne. En 1962 il quitte la communauté bouddhiste et se consacre à la poésie avec autant de foi qu’il s’était voué au bouddhisme. Emprisonné plusieurs fois après un début de démocratisation de son pays, en 1988, il milite pour la réunification de la péninsule coréenne et visite la Corée du Nord. Le monde séculier lui est pénible longtemps, il tentera par deux fois de mettre fin à ses jours avant de trouver sa place dans le monde.

Ayant reçu de nombreux prix dans son pays il ne lui manque que le Nobel, avec un peu d’avance je veux bien parier qu’il le recevra !

Dépassant le bouddhisme il étudie la pensée chrétienne et l’hellénisme cherchant des similitudes plus qu’une synthèse.


L’ombre de l’arbre est vivante

néant, plus je lis, plus je sens ta présence

le péril où je suis, personne n’a connu

je tourne une page

tu prolifères dans la page suivante !

l’ombre de l’arbre est vivante

faisons hara-kiri, faisons hara-kiri

l’ombre de l’arbre est vivante

faisons hara-kiri, hara-kiri


Après 1985 il tourne son attention vers l’individu et écrit entre 1986 et 2003 « Dix mille vies » (20 volumes) et entre 1987 et 1994 « Mont Baekdoo » (7 volumes). Son œuvre, à ce jour, compte environ 135 volumes.


Également disponibles :

(Traduction : No Mi-Sug & Alain Genetiot)



Cette chronique de lecture est originellement parue le 10 avril dans Lire au nid, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Lee Rony.

Catherine de ‘La culture se partage’

Nouvelles sur les 5 continents sur le blog Défis sur les 5 continents.

Afrique : pas encore choisi…

Amérique : peut-être Julio Cortazar (Argentine)

Asie : pas encore choisi…

Europe : soit Guy de Maupassant (France) soit Anton Tchekhov (Russie, pour coupler avec le challenge Une année en Russie) et pourquoi pas les deux ? Finalement La perspective Nevski, de Nicolas Gogol

Océanie : après avoir lu (et beaucoup aimé) Le koala tueur et autres histoires du bush, je voudrais lire La vengeance du wombat et autres histoires du bush, de Kenneth Cook (Australie)

[Publié sur mon blog le 6 avril]