Pascale présente L’étoile qui tombit – Pardieu la belle fête !, de Gilles Durieux

L’étoile qui tombit – Pardieu la belle fête !, de Gilles Durieux

Le cherche midi, mai 2010, 144 pages, ISBN 978-2-7491-1730-0


Quatrième de couverture

De Gilles Durieux, son ami et préfacier Bernard Giraudeau écrit : « Alors on écrit la vie avec des cris accrochés à la douleur, au chagrin, à la jouissance des jours, des femmes, de l’alcool… ». Comme il a raison !

« Avec ce nouveau recueil, Gilles continue de s’exprimer sur le registre singulier qui est le sien : celui de la fraternité nostalgique, de l’amitié indéfectible, de la souffrance et du bonheur – ou des bonheurs – qu’apportent la vie. Je ne vois aucun poète, aujourd’hui, exprimant de façon aussi directe, aussi simple, aussi « populaire » (au meilleur sens du mot) cette émotion au quotidien qui est l’expression de la vie même.

Les souvenirs se bousculent, les personnages se croisent, se rencontrent et se perdent dans les poèmes de Gilles. Sous une apparente simplicité de forme et de contenu, il y a beaucoup de culture, de clins d’œil, de références multiples dans ces poèmes plus « composés » qu’il paraît. Mais Gilles nous fait oublier ce savant débraillé pour ne nous laisser à lire que la « substantifique moelle » de cette émotion nommée poésie. Fidèle à son habitude, il nous livre aussi une galerie de portraits « en creux » de tous ceux qui comptent ou ont compté à ses yeux… et ils sont légion, car je ne connais pas de Breton solitaire moins isolé que Gilles Durieux. Le vrai barde, c’est lui. Ça va « barder » !

Jean Orizet


La loco et son train

La poésie ça/ se braconne/ Des Flandres au Rhône/ De haut en bas

Les muses on les rançonne/ celles qui se nichent / sur ma péniche/ Sont à la barre / du tôt ou du tard

Avec un col bleu de marin/ des bas résille de la Liza/ il y a encore le Baron de l’écluse/qui chante en imitant quelqu’un

Dans son dimanche au bord de l’eau/ les répliques fusent / sur un bateau l’engin / réclame encore sa loco et son train

La poésie ça s’illusionne / cartonne / sur ton calepin / de petits dessins

Chantent l’eau vive / et Bapaume/ chantent le poulet d’grain/ et tous les enfants de Chaplin / que l’on compte pour s’endormir

Gilles Durieux


(suite de la présentation du recueil gagné chez Celsmoon : L’étoile qui tombit – Pardieu la belle fête !)

J’ai lu pour ne pas dire braconné ce livre à petit pas, d’un texte à un autre, j’ai souvent perdu mon latin, bousculé par des mots venus du cœur d’un poète vers ses proches, un clin d’œil par-ci et par-là à des illustres personnages, ces textes se lisent comme des dessins en trompe-l’œil.

C’est étrange, troublant et même déstabilisant de se plonger dans cette poésie d’ailleurs, on admire sans vraiment se douter ce qui se cache derrière ces poèmes, et pourtant on ressent ô combien l’humain pur et chaleureux, ambitieux et généreux tout le long du recueil.

La plume de Gilles Durieux devient des ciseaux d’argent taillant le roc brut, texte après texte, se dévoile une facette puis une autre où la lumière vient s’y mirer en toute simplicité mais avec une authenticité telle que ce roc se mue en un diamant pur et admirablement travaillé.

Des textes à l’odeur d’un vécu, d’un personnage haut d’estime, sincère qui ne fait pas de manière.

Ne tentez pas de mettre une étiquette sur cette poésie, ni forme ni principe, c’est la poésie de Gilles Durieux : belle et chantante, bousculant nos a priori poétiques, un langage unique pour un poète atypique.

Les mots en offrande se chahutent dans les vers, les rimes n’en font qu’à leur tête, et le tout devient un joyeux mélange savoureux et original qui surprend certes mais nous offre un vent nouveau aux embruns vivifiants.

Tout un recueil qui ressemble aux vagues frappant les récifs, l’écume nous laisse rêveur, le bruit fracassant nous rend un peu pantois, alors que la fraîcheur nous laisse en éveil prêt à affronter la prochaine déferlante.

Une poésie qui swingue, caracole et fanfaronne, sous un petit air américain, il faut avoir le pied marin, et vogue ce joyeux rafiot vers une lecture d’aventure.

Chapeau bas Monsieur Durieux !


La préface de Bernard Giraudeau est sublime, elle est poème, une entrée en matière qui nous met déjà du vague à l’âme (début de la préface).

« Il fut un jour, un beau jour sans doute, je ne me souviens d’aucun nuage, d’une pluie, peut-être lumineuse, bleue.

J’étais sans conscience, mon maître. Je t’ai glissé des mots en attente. Et tu as murmuré les tiens. Un vent d’Ouessant, Belle-Ile, je ne sais plus, nous dispersa. Il ne restera rien de nos empreintes, des ombres dessinées sur une mémoire tenace. Un jour, au coin d’une page sans brume, je te revis, ami. Tu me reçus comme une crique et nous nous ‘lîmes’ du verbe lire, bien sûr, aucune râpe en ces lignes, que des douleurs après ponçage des mots, des bois flottés en chapelet sur les vagues. »


J’inscris ce livre au challenge de la Poésie sur les 5 continents.


Cette chronique de lecture est originellement parue le 4 juillet dans Les mots de Pascale, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Pascale.

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Publié le 23 juillet 2010, dans - Europe, Poésie, et tagué , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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