Catherine présente Cyrano de Bergerac, d’Edmond Rostand

Cyrano de Bergerac est une comédie héroïque en cinq actes d’Edmond Rostand créée en 1897.

Il existe plusieurs éditions (de 300 à 400 pages selon la taille du texte), brochée, poche, scolaire, anthologie, recueil et même en bande dessinée. J’illustre mon article avec deux de mes couvertures préférées.

Edmond Rostand (son nom complet est Edmond Eugène Alexis Rostand) est né à Marseille le 1er avril 1868 dans une famille aisée (son père est économiste). Il passe ses étés à Bagnères de Luchon (une station thermale de Haute-Garonne, en Midi-Pyrénées). Il étudie le Droit à Paris et il est publié dès 1887. Il est élu à l’Académie française en 1901. Il est mort à Paris le 2 décembre 1918 (de la grippe espagnole) mais il est enterré dans sa ville natale.

Parmi ses œuvres : un vaudeville (Le gant rouge, 1888), des comédies (dont Cyrano de Bergerac, 1897), des drames (comme L’Aiglon, 1900), de la poésie.

Les fils qu’il a eus avec son épouse Rosemonde Gérard (1866-1953, poétesse) sont les célèbres Maurice Rostand (1891-1964, romancier, poète et dramaturge) et Jean Rostand (1894-1977, écrivain et biologiste, académicien).

Un site sur Edmond Rostand et un autre dédié à Cyrano de Bergerac.


Attention histoire dévoilée en partie !!!


Premier acte : Une représentation à l’hôtel de Bourgogne

1640, Paris, salle de l’hôtel de Bourgogne où va jouer Clorise.

Parmi la foule qui s’installe au parterre, des cavaliers, des bourgeois, des pages, des marquis gascons dont le jeune Christian de Neuvillette qui va entrer dans les Gardes en tant que Cadet.

Christian est amoureux d’une belle jeune fille (il ne connaît pas encore son nom) et il a toutes ses chances car il est très beau mais… : « Je n’ose lui parler car je n’ai pas d’esprit. » prouve qu’il est lucide sur sa condition de « bon soldat timide ». Puis Christian apprend que sa bien-aimée se nomme Magdeleine Robin, surnommée Roxane, et qu’elle est promise au Comte de Guiche…

Mais Clorise va commencer. Alors que Montfleury commence sa tirade, Cyrano intervient, l’oblige à se taire et fait le spectacle ! Ensuite il part à la porte de Nesle (les comédiens et la foule lui font un cortège) se battre seul contre cent hommes qui veulent tendre un piège à son ami Lignière, un poète.

Répliques cultes !

« Un ivrogne doit boire son bourgogne… (Il boit.) à l’hôtel de Bourgogne ! ».

Et évidemment celles sur le nez de Cyrano : « Un nez !… Ah ! Messeigneurs, quel nez que ce nez-là !… », « Apprenez que je m’enorgueillis d’un pareil appendice, […]. », « C’est un roc !… c’est un pic !… c’est un cap ! Que dis-je, c’est un cap ?… C’est une péninsule ! », etc.


Deuxième acte : La rôtisserie des poètes

Rue Saint-Honoré, dans la boutique de Ragueneau, rôtissier-pâtissier.

Ami de Cyrano et des poètes, Ragueneau n’hésite pas à les laisser manger contre leurs écrits, ce qui ne convient pas du tout à son épouse, Lise, qui a fait fabriquer des sacs en papier avec prose et poèmes ! « Fourmi !… n’insulte pas ces divines cigales » ! » lui répond-il.

Cyrano y rencontre Roxane qui est sa cousine. « Je me suis donc battu, madame, et c’est tant mieux, Non pour mon vilain nez , mais bien pour vos beaux yeux. » mais celle-ci lui avoue qu’elle est amoureuse d’un beau jeune homme qu’elle a vu à la Comédie. « Il a sur son front de l’esprit, du génie, Il est fier, noble, jeune, intrépide, beau… » : la pauvre, elle se fait des idées !

Cyrano me plaît beaucoup, il veut être libre, indépendant, et ne pas être obligé d’écrire pour les puissants.

Alors qu’il raconte à la demande générale ses exploits, Christian l’interrompt continuellement en faisant des allusions à son nez mais Cyrano n’ose rien dire au bien-aimé de Roxane et lui propose finalement : « Dis, veux-tu qu’à nous deux nous la séduisions ? ».


Troisième acte : Le baiser de Roxane

Roxane connaît les lettres de Christian (Cyrano) par cœur mais elle est toujours courtisée – et promise – à Monsieur de Guiche… Heureusement ce dernier doit partir pour le siège d’Arras où il est nommé mestre de camp ! Roxane use d’un subterfuge pour que le régiment des Cadets dont fait partie Christian (et Cyrano) reste à Paris. Christian parle seul avec Roxane mais il se montre tellement sot qu’elle le renvoie. Cyrano rattrape le coup avec la scène du balcon (clin d’œil à Roméo et Juliette ?). Cyrano s’emporte un peu : « Ah ! que pour ton bonheur je donnerais le mien […]. » mais l’affaire est faite pour Christian !


Quatrième acte : Les Cadets de Gascogne

Monsieur de Guiche ayant compris la ruse de Roxane a bien sûr envoyé le régiment des Cadets à Arras. Mais le siège se prolonge, il y a de nombreux morts, les survivants meurent de faim… « Qu’est-ce qu’on pourrait bien dévorer ? (Cyrano, lui jetant le livre qu’il tient à la main.) L ‘Iliade. » : éclat de rire ! Enfin Cyrano écrit deux fois par jour des lettres à Roxane au nom de Christian et risque à chaque fois sa vie pour les envoyer. Mais Roxane arrive dans un carrosse conduit par Ragueneau et rempli de bonnes nourritures et boissons : de quoi remonter le moral des troupes ! Mais Christian…


Cinquième acte : La gazette de Cyrano

Automne 1655, Paris, couvent des Dames de la Croix où Roxane s’est retirée après la mort de Christian. De temps en temps, Monsieur de Guiche lui rend visite, elle lui a pardonné et ils sont devenus amis. Chaque semaine, Cyrano vient également la voir et lui raconte ce qui se passe à Paris. Mais ce jour-là…


J’ai essayé de ne pas trop en dire à la fin car il faut que vous puissiez le lire et garder le plaisir de la découverte et du suspense.

Je l’avais déjà lu, deux fois, peut-être même trois, mais le charme était encore au rendez-vous pour cette nouvelle lecture ! J’en déduis que cette histoire est intemporelle et apporte quelque chose à chaque lecture.

En plus, c’est vraiment drôle.

Note : Edmond Rostand cite Théophraste Renaudot (1586-1653) et parle de sa Gazette. Effectivement, Renaudot est un des fondateurs de la presse avec sa Gazette qu’il a lancé le 30 mai 1631 avec le soutien de Richelieu (1585-1642). Ce journal – le plus ancien en France – paraîtra jusqu’en 1915. Cent-vingt numéros de la Gazette sont consultables librement sur Gallica.


Cette chronique de lecture est originellement parue le 26 avril dans La culture se partage, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Catherine.

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Publié le 14 mai 2010, dans - Europe, Théâtre, et tagué , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Aaaah… La plus belle pièce au monde !!!
    Je l’ai lue pour la première fois à douze ans, sur les conseils de mon père, et j’ai été ébloui et ému aux larmes.
    Je la relis encore et encore, environ tous les deux ans, je l’ai vue au TNN dans une mise en scène de Weber, je l’ai jouée il y a longtemps (pitoyable à voir mais agréable à faire), et je ne m’en lasse pas, chaque lecture est effectivement pleine de surprises.
    Merci parce que tu viens de me donner envie de le relire…

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