Lee Rony présente Sous un poirier sauvage, de Ko Un

Sous un poirier sauvage, de Ko Un (고 은)

Traduction : Han Dae-kyun & Gilles Cyr

Circé, novembre 2004, 105 pages, ISBN-13 978-2842421809


« Nuit d’extase

Ce qui coulait jour et nuit

maintenant a cessé

mère ne dort pas

le torrent qui dévalait tout l’automne

où dort son bruit ?

quel froid, quel bonheur !

le bruit de l’eau, soudain, vient de mon cœur

allez, ténèbres, allez illuminer ce cœur »


Solitude

« Je suis parti un jour et j’ai trouvé la paix

Je la retrouverai

Dans la solitude du soleil couchant

Un jour d’hiver

Je resterai dans la musique des jours passés »


Difficile de commenter ces poèmes, les lire, et relire, est plus intéressant, nature et nostalgie se conjuguent, le futur est une promesse qui s’appuie sur le passé et le perpétue sans le singer, ainsi Ko Un forge-t-il un pont entre hier et demain et puise-t-il dans son expérience une force sereine mais convaincue. Vous comprendrez ce que je veux dire en vous plongeant dans ce recueil que j’ai lu dans le cadre du défi : Poésie sur les 5 continents !

Né le 01 août 1933 à Gunsan (Corée du Sud), devenu moine bouddhiste en 1952, il est patronné par Cho Ji-hun pour faire paraître un poème dans la revue Poésie moderne. En 1962 il quitte la communauté bouddhiste et se consacre à la poésie avec autant de foi qu’il s’était voué au bouddhisme. Emprisonné plusieurs fois après un début de démocratisation de son pays, en 1988, il milite pour la réunification de la péninsule coréenne et visite la Corée du Nord. Le monde séculier lui est pénible longtemps, il tentera par deux fois de mettre fin à ses jours avant de trouver sa place dans le monde.

Ayant reçu de nombreux prix dans son pays il ne lui manque que le Nobel, avec un peu d’avance je veux bien parier qu’il le recevra !

Dépassant le bouddhisme il étudie la pensée chrétienne et l’hellénisme cherchant des similitudes plus qu’une synthèse.


L’ombre de l’arbre est vivante

néant, plus je lis, plus je sens ta présence

le péril où je suis, personne n’a connu

je tourne une page

tu prolifères dans la page suivante !

l’ombre de l’arbre est vivante

faisons hara-kiri, faisons hara-kiri

l’ombre de l’arbre est vivante

faisons hara-kiri, hara-kiri


Après 1985 il tourne son attention vers l’individu et écrit entre 1986 et 2003 « Dix mille vies » (20 volumes) et entre 1987 et 1994 « Mont Baekdoo » (7 volumes). Son œuvre, à ce jour, compte environ 135 volumes.


Également disponibles :

(Traduction : No Mi-Sug & Alain Genetiot)



Cette chronique de lecture est originellement parue le 10 avril dans Lire au nid, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Lee Rony.

Publicités

À propos de Défis 5 continents

Défis littéraires « sur les 5 continents » : poésie, théâtre, nouvelles, BD, littérature jeunesse...

Publié le 12 avril 2010, dans - Asie, Poésie, et tagué , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :