Archives Mensuelles: avril 2010

Lee Rony présente Mes inscriptions 2 : 1945 – 1963, de Louis Scutenaire

Mes inscriptions 2 : 1945 – 1963, de Louis Scutenaire

Carnet d’indiscrétions personnelles

Éditions Allia, mai 1998, 300 pages, ISBN 2904235043


« L’esclave qui aime sa vie d’esclave a-t-il une vie d’esclave ? »

« Il y a des gens à qui la mort donne une existence. »

« La vieillesse est un alibi. »

« Je suis partagé entre mon goût pour les faits et mon goût pour l’effet. »

« Je voudrais vivre assez vieux pour savoir ce que je deviendrai. »

« Je perds souvent la tête. On ne me la rapporte jamais. »

« Il faut regarder la vie en farce. »

« La misère n’est sinistre que parce qu’elle n’est pas générale. »

« Souvent, au lieu de penser, on se fait des idées. »

« Dans ce monde, l’on n’a que la terreur pour se défendre contre l’angoisse. »

« Je méprise trop ces gens pour me déplaire en leur compagnie. »

« Le péché originel c’est la foi. »

« Si on ne me lit plus dans mille ans, on aura tort. »

« Je prends le monde tel que je suis. »

« Je ne suis pas scutenairien, c’est bien plus fort : je suis Scutenaire. »


« On dit de moi :

Il fait des calculs d’épicier : C’est vrai.

C’est un tendre : Bien sûr.

Il est dans le désarroi : Évidemment.

Comme il est détaché ! : Tiens donc !

Il est gentil : Mais oui.

Quel goujat ! : D’accord Marcel.

Il a beaucoup de talent : Le flatteur n’a pas toujours tort.

Il sent mauvais : Triste, mais possible.

Je voudrais m’offrir sa grande carcasse : Bien aimable.

Il n’est pas beau : Je le pense.

Combien il est grand ! : La toise le confirme.

Il est grossier : Merci, ma chérie.

C’est un coureur : Hum, hum !

Il est jaloux : Oui, comme Victor Hugo.

C’est un anormal : Qui ne l’est pas ?

Il s’est mal conduit : Je le crois.

Il a de l’allure : Je suis confus, vraiment, mais…

Il est fait : Il faut bien.

Il est égoïste : Je souris avec approbation.

Il est trop modeste : Oui, oui.

Il écrit très bien : Vous savez lire, monsieur.

C’est un maquereau : Le plus beau compliment.

Il se soigne comme une femme : Je le suis un peu, femme.

Il a de jolies cravates : Quelle femme de goût !

Il est propre, trop propre : On ne l’est jamais assez.

Il fait gentiment l’amour : Connaisseuse !

Il est maladif : Hélas !

C’est un beau gaillard : Oh !

Il ne sait pas aimer : Sans doute.

Il a des tics : Et vous pas ?

Quelle nouille ! : Je l’ai déjà pensé.

Mais comment se fait-il que dans ce portrait si poussé je ne me reconnaisse pas, ni personne avec moi ? »


Ainsi parla LS !

Comment l’ai-je découvert ?

Par une citation : «Je vous parle d’un autre monde, le vôtre » en exergue d’un Bob Morane lu alors que j’avais une dizaine damnée ; ainsi dois-je à Henri Vernes d’avoir découvert Jean Ray, et le fantastique, et Louis Scutenaire, de là à penser qu’il est pour quelque chose dans ce que je suis devenu… il y a un pas que je franchis avec reconnaissance. Je vous le présente avec plaisir dans le cadre du défi Poésie sur les 5 continents.

J’évoquerai HV prochainement, il le mérite (?). Au passage je remarque que JR, LS et moi sommes du même signe, ça ne veut rien dire mais c’est déjà un point commun !


Je ne suis ni poète, ni surréaliste, ni Belge !

Né à Ollignies le 29 juin 1905, il écrit ses premiers poèmes en 1916. Il fréquentera de nombreux établissements scolaires dont il sera régulièrement exclu avant de s’engager en 1924 dans des études de Droit.

En 1926 il rencontre Paul Nougé puis Magritte dont il titrera nombre d’œuvres. Plus tard, à Paris, il fréquentera André Breton. En 1938 seront recensés par Breton et Éluard dans leur Dictionnaire abrégé du surréalisme aussi bien les Textes automatiques (1931) et Les Jours dangereux les Nuits noires (1928…).

À partir de 1943 il commence Mes inscriptions somme de maximes, aphorismes, histoires, impressions et autres réflexions qui toquent à la porte de son esprit. Titre en hommage à Restif de la Bretonne qui avait ainsi nommé le recueil de graffitis qu’il avait gravés sur les quais de l’Île Saint-Louis. Ainsi pendant quarante ans Louis Scutenaire construira une œuvre puzzle atypique et foisonnante. Il parlera de tout, du reste, et d’autre chose encore. « Ne parlez pas de moi je suffis à la tâche » dit-il, ou encore « Je me suffis ; parfois il y en a même trop ».

Volontiers irrespectueux, blasphémateurs, anarchiste, admiratif de la bande à Bonnot, prônant une improbable révolution dont il sait qu’elle ne résoudrait rien il avoue lui-même : C’est probablement par conservatisme que je reste révolutionnaire ! Quoi de plus facile en effet que de jeter sur l’incendie du réel des mots qui ne font que le nourrir ? Critique du capitalisme il finit par entrevoir une nature humaine loin de ce qu’il souhaiterait, et, pour donner mon avis, quelle serait la réalité d’une société correspondant aux visions apocalyptiques des révolutionnaires ? Que nombre existent encore malgré les exemples de l’Histoire ne fait que démontrer que qui critique et vitupère change de comportement dès lors qu’il s’assoit à la table du profit.

« J’ai quelque chose à dire et c’est court » écrit-il également, et ce bien avant moi ce qui n’est pas sans me faire de la peine ! Il précise : « Mes Inscriptions sont une rivière de Californie, il faut tamiser des tonnes de sable et de gravier pour trouver quelques pépites, voire des paillettes. » Ainsi, si vous connaissez un peu ce blog, comprendrez-vous quelle filiation spirituelle me plais-je à voir entre lui et moi, la remontant même jusqu’à ce « cher Diogène » !

Il meurt le 15 août 1987 en regardant un film sur Magritte à la télévision.

« Les oiseaux viennent d’ailleurs » écrit-il, comme le regret de ne pas en être, vraiment, un !

La première leçon que donnait ce philosophe, c’était que la concision est essentielle puisqu’elle est suffisante. (…) Son œuvre ? Les bulles d’une carpe qui crèveraient entre les palettes des nénuphars pour libérer une règle de morale ou de conduite.

Frédéric Dard, Avant-propos de Louis Scutenaire, Lunes rousses, Paris, Le Dilettante, 1978.


Cette chronique de lecture est originellement parue le 19 avril dans Lire au nid, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Lee Rony.

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Pascale présente Tour de Terre en poésie, de Jean-Marie Henry

Tour de Terre en poésie, de Jean-Marie Henry

Rue du Monde, collection La Poésie, juillet 1998, 62 pages, ISBN 2-912084-09-1

Illustrations de Mireille Vautier

Anthologie de poésies du monde – 50 poèmes de cinquante cultures différentes dans leur langue d’origine et leur traduction en français.


Note de présentation

Une anthologie multilingue de poèmes du monde entier. Chaque texte est présenté dans sa langue originale et dans sa traduction française. Les enfants découvriront ainsi le romani, le touareg, le basque, l’arabe, le vietnamien, le turc, l’albanais, etc.

Une occasion d’évoquer de nombreuses cultures, et certains enfants s’y reconnaîtront. Une occasion, également, de situer géographiquement ou historiquement les divers poèmes. Et de constater que l’on retrouve, chez les poètes du monde entier, des préoccupations, des thèmes, des émotions similaires.

Les enfants et/ou parents pourront dire les poèmes, en français ou, pour ceux qui lisent d’autres langues, dans la version originale.


Mon voyage

Un ouvrage charmant et remarquable qui m’a fait découvrir une foule de poésies d’origine les moins attendues comme il est précisé dans la présentation, pourtant je ne dirais pas un tour de Terre, mais un tour de langues voire dialectes puisqu’on y croise l’occitan, le catalan, le breton, le corse, le créole, pour ceux qui nous sont proches et restent somme toute plus des langues que des dialectes, quant aux langues qui me sont étrangères je ne peux affirmer si ce sont des langues pures ou des dialectes : quelle est la différence je ne suis pas experte en la matière mais en croisant les noms je suis restée dans l’inconnu (voir ci-après).

On ne se contente plus de découvrir un continent mais bien des peuples particuliers avec leurs us et coutumes, leur langue, à travers leur poésie. Tout ce beau monde regroupé dans un album jeunesse avec le texte et l’alphabet d’origine, le tout agrémenté d’illustrations, c’est un très beau livre qui mérite d’être mis entre les petites menottes de nos enfants.

J’ai fait des découvertes de poètes bien sûr mais aussi de pays et de langues (cliquez sur les liens pour en savoir plus) comme (cliquez sur le nom pour lire la définition) : amharique, hindi, wolof *, peul, rundi, tamoul, singhalais, letton, khmer, nahuatl, inuktitut.

Pour vous donner un exemple de définition trouvée ici : * Le wolof (parfois écrit ouolof) est une langue parlée au Sénégal, en Gambie et en Mauritanie. Il appartient à la branche atlantique des langues nigéro-congolaises. Sa parenté avec le peul est très ancienne. Il a aussi des liens avec d’autres langues de la région comme le sérère, le diola, le bassari, le baïnouk.

Pour celles aux origines plus connues malgré tout qui m’ont surprise agréablement : Rromani, basque, touareg, arabe, vietnamien, turc, portugais, albanais, néerlandais, danois, finnois, chinois, malgache, espagnol, arménien, breton, cheyenne, russe, catalan, occitan, anglais, japonais, suédois, coréen, kurde, kabyle, corse, géorgien, navajo, quetchua, tibétain, italien, thaï, polonais, créole, hawaïen, allemand, hébreu, grec, français.

Voyez la longue liste hétéroclite, originale de textes que l’ont peu lire dans ce petit livre, 3 points forts pour cet album :

1. la diversité des langues,

2. multilingue pour tous les textes,

3. l’alphabet d’origine calligraphié.


Le texte que je vous présente n’est pas banal puisqu’il est d’origine Rromani :

Le toit de notre maison.

« Le toit de notre maison/c’est le grand ciel tout nu./Notre maison est solide/Personne ne peut la renverser.

Les fondaisons de notre maison/ c’est un coin de terre sans rien./Notre maison est solide/personne ne peut la ruiner.

Les murs de notre maison/c’est le froid et ce sont les vents./Notre maison est solide/personne ne peut l’atteindre.

À notre maison, il y a une fenêtre/À la fenêtre, tes yeux./Notre maison est solide/C’est le cœur tsigane. »

JENUZ DUKA (Rromani)

À lire ce texte, cela me rappelle le très beau roman ZOLI que je vous conseille de lire si vous souhaitez connaître le peuple ROM.


Je vous précise également, qu’il y a beaucoup d’auteurs anonymes surtout pour les origines moins connues comme khmer, ce qui me pousse à poursuivre ma découverte de tous ces peuples.


Comme j’ai une admiration pour les peuples nomades je vous mets un poème d’un seul vers :

« La Terre n’a qu’un soleil. »

ANONYME (Touareg)


Puis deux vers qui me parlent, extraits d’un poème vietnamien :

« Son âme est une lune dans la nuit avancée

moitié profonde ténèbre, moitié lueur de rêve. »


Préface pour clore cet article

Puis j’aimerais vous retranscrire la préface tout à fait concise et parfaite pour clore ce tour de terre en poésie :

« La langue que nous parlons, que nous écrivons est d’abord l’expression de ce que nous sommes, de ce que nous pensons, de ce que nous apprenons.

C’est par elle que nous posons notre regard sur le monde et que nous allons à sa rencontre.

Les autres utilisent parfois un langage qui n’est pas le nôtre.  Il nous faut alors dépasser un sentiment d’incompréhension pour écouter une nouvelle manière d’exprimer ou de rêver la vie.

Par la singularité de leur musique et de leur écriture, plus de cinq mille langues participent ainsi à la beauté du monde, s’enrichissant souvent de leurs différences.

Mais comme les espèces animales et végétales, les langues de la terre sont fragiles. Si certaines dominent, c’est au détriment de celles qui disparaissent, quelquefois sans laisser de traces.

Il n’existe pourtant pas de grandes et de petites langues : chacune porte en elle le poème qui nous parle, l’émotion qui nous ressemble étrangement. »

Jean-Marie Henry


J’inscris cette lecture dans le cadre du challenge de la Poésie sur les 5 continents.


Cette chronique de lecture est originellement parue le 19 avril dans Mot à mot…, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Pascale.

Lelf de ‘Imaginelf’

Bonjour Catherine,

Je t’envoie enfin mon inscription pour les Nouvelles sur les 5 continents (il n’est jamais trop tard). Je combinerai avec le challenge des Littératures de l’imaginaire sur les 5 continents puisque je ne lis que ce genre en nouvelles.

Je me présente quand même : je m’appelle Lelf, je suis une grande fan des genres de l’imaginaire depuis quelques années. J’ai (re)découvert ces genres grâce à un ami, qui m’a également fait découvrir les nouvelles. Depuis, j’adore ce format et ma PAL croule sous les anthologies et recueils en tout genre. Pratique pour un tel (double) challenge.

Participer à ce challenge c’est autant, pour moi, faire baisser ma PAL (même si ça se fait relativement spontanément) que promouvoir un format un peu méconnu qui est pourtant très riche et qui regorge de merveilles.

J’ai déjà une liste, mais elle est susceptible d’évolution, vu que je n’ai pas encore bien cherché toutes les possibilités pour certains continents et que pour d’autres j’ai déjà une masse de recueils et d’anthologies.

Afrique : Poste à pourvoir : Jésus-Christ de Kojo Laing (Ghana) et Lettre au fils de Hamilcar Barca (Tunisie), toutes deux dans l’anthologie Utopiae 2005 chez L’Atalante. Une pierre, deux coups.

Amérique : pour ne pas choisir la facilité de l’étasunien qui se glisse facilement dans une anthologie, je choisis Dimension Latino, anthologie présentée par Sylvie Miller et publiée chez Rivière Blanche (Amérique centrale et du Sud).

Asie : pour l’instant, je pense à un recueil de Haruki Murakami (Japon), mais j’aimerais découvrir autre chose de la littérature asiatique de l’imaginaire, donc titre à voir.

Europe : Janua Vera, de Jean-Philippe Jaworski (France).

Océanie : Axiomatique, recueil de Greg Egan (Australie). Titre également susceptible de changer au fur et à mesure de mes découvertes.

Et vous retrouverez bien sûr toutes les chroniques de ces ouvrages et de bien d’autres sur mon blog consacré à la bande dessinée et aux littératures de l’imaginaire : Imaginelf (http://www.imaginelf.com). ^^

Voilà pour la présentation, je file faire la présentation du challenge sur mon blog. À bientôt !

Lelf

Bulle de ‘Pensées de Bulle’

Un nouveau challenge ! Eh oui, je n’arrête pas, mais je trouve que c’est une très bonne motivation pour lire des livres de ma Pile à Lire et/ou ça permet de faire des découvertes très intéressantes. Cette fois-ci le thème est Nouvelles sur les 5 continents. Les modalités de ce challenge sont ici.


Ça y est, j’ai choisi ma liste de nouvelles à lire. Ça n’a pas été très facile à trouver ! Pfiou !

Afrique : Kilomètre 230 (recueil de 12 nouvelles écrites par 12 auteurs africains de pays différents)

Amérique : L’Aleph de Jorge Luis Borges et/ou Les nouvelles extraordinaires d’Edgar Allan Poe

Asie : Au bord du lac de Yasushi Inoue et/ou Une matinée d’amour pur de Yukio Mishima

Europe : Coup de chance et autres nouvelles de Roald Dahl

Océanie : L’enfant et le chat de Libby Hathorn


Bulle – Pensées de Bulle


[La présentation du défi sur le blog de Bulle.]

Bambi Slaughter de ‘Polars and co (mais pas que)’

Catherine, qui a déjà créé plusieurs défis du même gabarit a lancé le 10 avril le défi des Nouvelles sur les 5 continents.

Les modalités sont simples : il suffit de lire au moins une nouvelle pour chaque continent.

Bien sûr, il est possible de coupler ses nouvelles avec des challenges en cours.


En ce qui me concerne, j’ai choisi des recueils de nouvelles pour tous les continents.


Voici ma liste :

Afrique : Les baleines de Quissico de Mia Couto

Amérique : Moisson noire 2003 : Les meilleures nouvelles policières américaines

Asie : Saules aveugles et femmes endormies de Haruki Murakami

Europe : Kiss Kiss de Roald Dahl

Océanie : Le koala tueur et autres histoires du bush de Kenneth Cook


La présentation de Bambi Slaughter sur Polars and co (mais pas que).

Pascale présente Entre source et nuage, de François Cheng

Entre source et nuage, de François Cheng

Vous trouverez plusieurs éditions de ce livre, la plus récente dont descriptif ci-après et plus bas rééditée en format poche, celle que je possède.

Albin Michel, nouvelle édition, février 2002, Collection Spiritualités vivantes, broché, 248 pages, ISBN 978-2-22613-160-7

L’édition plus ancienne celle que je possède : 1990, première édition, réédition en poche 2002.


Rentrons en matière avec un poème de cet auteur qui je le rappelle n’est pas lui-même auteur des textes contenus dans ce recueil mais simplement le maître d’œuvre et je vous convie à lire la quatrième de couverture pour connaître un aperçu du contenu.

L’infini n’est autre

Que le va-et-vient

Entre ce qui s’offre

Et ce qui se cherche.

Va-et-vient sans fin

Entre arbre et oiseau,

Entre source et nuage.

(François Cheng)


Quatrième de couverture

Entre source et nuage n’est pas une simple anthologie, mais la transcription d’un héritage poétique et spirituel auquel François Cheng donne ici une vie renouvelée, avec toute la ferveur née de son expérience intérieure de poète naviguant entre deux langues et deux cultures.

Ce recueil se compose principalement de poèmes de la dynastie des Tang (618-907) et de celle des Sung (960-1279), qui font partie de l’âge d’or de la poésie classique chinoise. Li Po, taoïste, chante la communion totale avec la nature et les êtres ; Tu Fu, confucéen, exprime le destin douloureux de l’homme, mais aussi sa grandeur ; Wang Wei, l’adepte du bouddhisme Ch’an, fixe ses méditations dans des vers d’une parfaite simplicité. À côté de ces géants, d’autres voix dans la Chine contemporaine participent de la même aventure. Malgré une histoire sauvent tragique, les poètes de la Chine d’hier et d’aujourd’hui ont su porter témoignage d’une spiritualité toujours vivante.


L’auteur vu par l’éditeur

François Cheng est né en 1929 dans la province de Shandong, non loin du Yang Tsé et des brumes du Mont Lu. Il vit en France depuis 1949.

Universitaire, poète, calligraphe, traducteur en chinois de Baudelaire, Rimbaud, René Char, des surréalistes etc., auteur d’essais remarquables sur la poésie et l’art de la Chine, il a reçu en 1998 le prix Fémina pour son premier roman Le dit de Tianyi publié par Albin Michel et le prix André Malraux du livre d’art pour Shitao : la saveur du monde (Phébus).

Son œuvre a été couronnée par le Grand prix de la Francophonie de l’Académie française. Il est le premier asiatique à être élu académicien.


Présentation du livre

Si on aborde la poésie chinoise, ce recueil est une parfaite entrée en matière, puisqu’il couvre une belle dynastie de 618 à 1279 appelée l’âge d’or de la poésie classique chinoise.

L’avant-propos, vous offrira le ton de cette poésie chinoise sans doute mal connue à tort car elle est chargée de sagesse, de spiritualité et de simplicité donnant cette pureté et légèreté à la lecture, toutefois, on peut croiser quelques blessures évidentes laissées comme des stigmates d’un peuple qui a traversé des turbulences.

Trois grands courants nourris de la spiritualité : le taoïsme, le confucianisme et le bouddhisme, trois pensées à la fois opposées et complémentaires qui donneront toute cette richesse de la pensée chinoise. Ce vaste pays qui est la Chine donne aussi une certaine dimension à cette poésie, selon l’origine des poètes, les écrits seront plus ou moins marqués par cette géographie multiple et ces pensées variées : exemple repris dans l’avant-propos : « au centre-sud de la Chine, poésie fortement marquée par cette région à la végétation luxuriante et aux paysages par endroits féeriques et fantastiques […] les chants de Ch’u sont avant tout une recherche de la  communion avec les éléments de la nature… ».


Pour ne pas allonger ce billet, je note les 3 géants de la poésie chinoise :

1. Li Po, de tendance taoïste

2. Tu Fu, essentiellement confucéen

3. Wang Wei, bouddhiste Ch’an


Bien sûr il serait dommage de se limiter à ces 3 auteurs, tant la richesse et la diversité de la poésie chinoise est vaste, quelques noms parmi tant d’autres dont regorgent ce livre :

1. Meng Hao-jan et Chiao Tao aux vers dépouillés révélent leur désir d’évasion et de communion spontanée

2. Po Chü-i dénonçant l’injustice sociale et décrivant la souffrance

3. Ch’ien Chi avec ses chants rythmés proches de l’incantation

4. Li Ho hanté par la vision de l’au-delà dévoile avec un accent pathétique, la tragique beauté de la vie terrestre

5. Li Shang-yin chantre ardent de la passion de l’amour

6. Tu Mu et Wen T’ing-yun expriment toute la nostalgie d’un bonheur vécu ou rêvé, désormais inaccessible

7. Li Ch’ing-chao (poétesse) honore la poésie chinoise par son chant frémissant de sensibilité, tout de nuances subtiles et de musicalité


J’ai choisi de vous présenter parmi tous ces poètes cette dame, Li Ch’ing-chao née en 1084? sans certitude et décédée après 1141.

Son nom ‘Pure-clarté’ à l’image de sa personne, un être à la pensée élevée, à la sensibilité frémissante, d’une vaste culture, faisant montre dans les épreuves de courage tenace et d’héroïque aspiration.

Sa vie est intimement mêlée aux événement de son époque : mariage heureux durant l’ère prospère de l’empereur Hui-tsung, où l’art des Sung atteint son apogée ; exode dramatique lors de l’invasion des tribus barbares des Chin ; mort de son mari dans la tourmente ; vieillesse passée dans la région du Lac de l’Ouest après l’effondrement des Sung du Nord.

Épousant de près les différentes étapes de sa vie, sa poésie, cristallisation de ses expériences intimes, montre des qualités propres à un grand poète : finesse et vivacité des sentiments permettant de saisir les dons des instants  à travers des détails concrets ; sens aigu de la valeur imaginaire et musicale des mots ; vision de vie très personnelle intensément éprouvée et patiemment intériorisée, etc.

Voici un poème : Sur l’air de « I-chien-mei »

Le parfum des lotus rouges faiblit

déjà la natte sent la fraîcheur d’automne

Ma robe de soie légèrement dégrafée

je monte sur la barque d’orchidée

De quel nuage attendre un message,

au passage d’oies sauvages

seule la lune inonde le pavillon d’Ouest

Les fleurs s’éparpillent

au gré du vent au gré de l’eau

une même pensée partagée

deux tristesses séparées

et cet ennui

À peine chassé des sourcils

le revoici à la pointe du cœur.


Poussons notre découverte de la poésie chinoise

Pour allier poésie et calligraphie, deux arts qui se communient en osmose, je vous invite à découvrir ce livre dont les textes ne sont autres que ceux présentés ci-dessus, d’ailleurs dans l’avant-propos du précédent livre, j’avais relevé ceci : « Au point que la poésie, en liaison avec la calligraphie et la peinture – appelées en Chine la Triple-Excellence – devient l’expression la plus haute de la spiritualité Chinoise. ».

Résumé

Des poèmes tirés de « Entre source et nuage » de François Cheng. Les poètes de la dynastie des Tang (618-907) ont su continuer, en la magnifiant, une culture littéraire millénaire. Au point que la poésie, en liaison avec la calligraphie et la peinture – appelées en Chine, la Triple Excellence – est devenue l’expression de la plus haute spiritualité.

Quatrième de couverture

« Les poèmes proposés dans ce Carnet du calligraphe illustrent une tradition qui correspond à l’âge d’or de la poésie classique chinoise. Les poètes de la dynastie des Tang ont su continuer, en la magnifiant, une culture littéraire dont l’origine remonte à presque mille ans avant notre ère. »

François Cheng

Spécialiste de l’art et de la poésie de son pays d’origine, la Chine, François Cheng a publié de nombreux ouvrages, dont Le dit de Tianyi, prix Fémina 1998 ; L’écriture poétique chinoise ; Shi Tao, la saveur du monde, prix André Malraux 1998 ; Chu Ta, le génie du trait, et Entre source et nuage.

Dans ce Carnet du calligraphe, François Cheng donne sa traduction d’un héritage poétique qu’il connaît par cœur, en lui insufflant une vie nouvelle. Par la magie du pinceau et des couleurs, les calligraphies de Fabienne Verdier participent de ce même élan créateur.

64 pages, 22 x 13 cm, broché, ISBN 978-2-22611-237-8


Ces livres vous ont été présentés dans le cadre du challenge Poésie sur les 5 continents : l’Asie.


Cette chronique de lecture est originellement parue le 17 avril dans Mot à mot…, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Pascale.

Laura présente Anthologie de Haïkus de poétesses japonaises

Anthologie de Haïkus de poétesses japonaises découverte à l’occasion du Printemps des poètes 2010.


Au Japon, pays profondément patriarcal, les femmes ont longtemps été écartées des activités artistiques et littéraires. Toutefois, fort heureusement, on peut relever quelques exceptions notoires : certaines dames de cour ou certaines nonnes.

Ainsi, parmi d’autres :

Sei Shônagon (XIe siècle), cette dame d’honneur qui inventa la poésie du « fragment » en composant ses admirables Notes de chevet ;

Seifu-jo (1732–1814), cette nonne bouddhiste qui écrivit dans la veine de Bashô en l’enrichissant de sa sensibilité personnelle ;

ou encore Kikusha-ni (1753–1826), cette fille de samouraï, devenue veuve à 28 ans, qui était à la fois peintre, musicienne (elle jouait du koto, cette cithare à 13 cordes) et poète.

Il faut garder à l’esprit que, par le passé, les Japonaises n’avaient pas le droit d’accéder à l’écriture chinoise (savante) ; leur était réservée une écriture spécifique, dite « écriture de femmes » (onna-de : « main féminine ») qui – belle revanche – sera à la source d’une littérature raffinée et à l’origine des signes (hiragana) employés aujourd’hui par tous les Japonais.

Parmi les poètes de haïku au Japon, l’histoire littéraire – ou plutôt une certaine historiographie réalisée par des hommes – retient peu de noms de femmes.

Cependant, à l’orée du XXe siècle, trois grandes figures féminines (ce ne sont pas les seules) se distinguent : Shizuno-jo, Hisa-jo et Tei-jo (cette finale des noms en « -jo » indique que ce sont des « demoiselles »).

Ces femmes poètes gravitent autour de la revue Hototogisu (Le Coucou), fondée par Shiki et dirigée par Kyoshi ; leur génie est aussi d’avoir réussi à émerger et à s’imposer.


Takeshita Shizuno-jo (1887-1951) ou Shizuno-jo, cette institutrice osa composer un haïku d’été sur l’épuisement et l’agacement d’une mère face à son enfant en pleurs :

Par cette nuit brève / l’enfant au sein et qui braille / si je le jetais ? *

Cet accent de franchise a choqué la société conventionnelle qui, on s’en doute, ne l’apprécia guère.


Sugita Hisa-jo (1890-1946) ou Hisa-jo dont le caractère passionné lui valut d’être exclue de la revue Le Coucou. Elle finira par s’enfermer dans un quasi-silence. Pourtant, c’est elle qui a écrit ce bel haïku à la note élégante et érotique :

Fraîcheur de la chaise / la lune perce ma robe / je ne bouge plus.


Nakamura Tei-jo (1900- 1988) ou Tei-jo qui parvient à capter cette scène sensible et à l’exact opposé de celle citée au début :

L’enfant fait pitié / au cœur de la nuit si froide / j’approche la couette.

On évitera de considérer ce dernier poème comme un « haïku de cuisine » (daïdokoro haïku), ce genre de haïku centré sur les travaux ménagers, les occupations domestiques ; bien au contraire, on y percevra une inflexion toute féminine.


Dans sa « Lettre du Voyant », Rimbaud avait audacieusement annoncé : « Quand sera brisé l’infini servage de la femme, quand elle vivra pour elle et par elle, l’homme, jusqu’ici abominable – lui ayant donné son renvoi, elle sera poète, elle aussi ! La femme trouvera de l’inconnu ! Ses mondes d’idées diffèreront-ils des nôtres ? – Elle trouvera des choses étranges, insondables, repoussantes, délicieuses ; nous les prendrons, nous les comprendrons. »

Le servage de la femme est-il fini ? Pas si sûr. Chez nous, par exemple, sur le plan du langage, pourquoi faut-il que, selon le dictionnaire, le mot « poétesse » soit considéré comme péjoratif, alors que « les langues sont des femmes », comme l’écrit superbement le fin linguiste Claude Hagège ?

Par bonheur, certains haïkistes de sexe masculin ont su prendre-comprendre l’inconnu des femmes et célébrer en 17 syllabes l’accord homme-femme à travers la chair sensible du monde. Parmi eux, Shiki, auteur de cette merveille poétique (après l’enfer rimbaldien, voici l’esquisse d’un paradis) :

Le paradis c’est / un lotus de couleur rouge / avec une femme.

Roland Halbert, président de Haïkouest.


* Les haïkus sont donnés dans la traduction de R.H.


Pour le défi Poésie sur les cinq continents de Catherine : https://defis5continents.wordpress.com/2010/03/23/laura-de-laura-vanel-coytte/.


Cette chronique de lecture est originellement parue le 13 avril dans Laura Vanel-Coytte, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Laura.

Laura présente Beach Burial, de Kenneth Slessor

Beach Burial, de Kenneth Slessor

J’avoue, j’ai cherché sur Wikipédia, parce que je ne connaissais pas de poète australien ; grâce à Catherine, c’est fait :


Kenneth Slessor (27 mars 1901 – 30 juin 1971)

La suite sur Wikipédia.


Derniers vers de Beach Burial

Dead seamen, gone in search of the same landfall,

Whether as enemies they fought,

Or fought with us, or neither ; the sand joins them together,

Enlisted on the other front.

Marins morts, partis à la recherche du même débarquement,

Ou bien ils ont combattu comme ennemis,

Ou bien ont combattu avec nous, ou ni l’un ni l’autre ; le sable les a réunis,

Engagés sur l’autre front.


Œuvres de Kenneth Slessor

1920 : Country towns

1926 : Earth Visitors

1930 : A Bushranger

1932 : Cuckooz Contrey

1939 : Five Bells

1944 : Beach Burial ; One Hundred Poems

1957 : Poems


Une note de lecture de Laura, participante que vous pouvez retrouver sur son blog Laura Vanel-Coytte.

Lee Rony présente Sous un poirier sauvage, de Ko Un

Sous un poirier sauvage, de Ko Un (고 은)

Traduction : Han Dae-kyun & Gilles Cyr

Circé, novembre 2004, 105 pages, ISBN-13 978-2842421809


« Nuit d’extase

Ce qui coulait jour et nuit

maintenant a cessé

mère ne dort pas

le torrent qui dévalait tout l’automne

où dort son bruit ?

quel froid, quel bonheur !

le bruit de l’eau, soudain, vient de mon cœur

allez, ténèbres, allez illuminer ce cœur »


Solitude

« Je suis parti un jour et j’ai trouvé la paix

Je la retrouverai

Dans la solitude du soleil couchant

Un jour d’hiver

Je resterai dans la musique des jours passés »


Difficile de commenter ces poèmes, les lire, et relire, est plus intéressant, nature et nostalgie se conjuguent, le futur est une promesse qui s’appuie sur le passé et le perpétue sans le singer, ainsi Ko Un forge-t-il un pont entre hier et demain et puise-t-il dans son expérience une force sereine mais convaincue. Vous comprendrez ce que je veux dire en vous plongeant dans ce recueil que j’ai lu dans le cadre du défi : Poésie sur les 5 continents !

Né le 01 août 1933 à Gunsan (Corée du Sud), devenu moine bouddhiste en 1952, il est patronné par Cho Ji-hun pour faire paraître un poème dans la revue Poésie moderne. En 1962 il quitte la communauté bouddhiste et se consacre à la poésie avec autant de foi qu’il s’était voué au bouddhisme. Emprisonné plusieurs fois après un début de démocratisation de son pays, en 1988, il milite pour la réunification de la péninsule coréenne et visite la Corée du Nord. Le monde séculier lui est pénible longtemps, il tentera par deux fois de mettre fin à ses jours avant de trouver sa place dans le monde.

Ayant reçu de nombreux prix dans son pays il ne lui manque que le Nobel, avec un peu d’avance je veux bien parier qu’il le recevra !

Dépassant le bouddhisme il étudie la pensée chrétienne et l’hellénisme cherchant des similitudes plus qu’une synthèse.


L’ombre de l’arbre est vivante

néant, plus je lis, plus je sens ta présence

le péril où je suis, personne n’a connu

je tourne une page

tu prolifères dans la page suivante !

l’ombre de l’arbre est vivante

faisons hara-kiri, faisons hara-kiri

l’ombre de l’arbre est vivante

faisons hara-kiri, hara-kiri


Après 1985 il tourne son attention vers l’individu et écrit entre 1986 et 2003 « Dix mille vies » (20 volumes) et entre 1987 et 1994 « Mont Baekdoo » (7 volumes). Son œuvre, à ce jour, compte environ 135 volumes.


Également disponibles :

(Traduction : No Mi-Sug & Alain Genetiot)



Cette chronique de lecture est originellement parue le 10 avril dans Lire au nid, blog sur lequel vous pouvez lire d’autres articles de Lee Rony.

Laura présente Œuvre poétique, de Léopold Sédar Senghor

Œuvre poétique, de Léopold Sédar Senghor : Chants d’ombre, Hosties noires, Éthiopiques, Nocturnes, Lettres d’hivernage, Élégies majeures, Poèmes perdus, ainsi que les Dialogues sur la poésie francophone et un ensemble de poèmes divers.
Points/Seuil


Léopold Sédar Senghor : homme d’État et écrivain sénégalais (1906-2001).


4e de couverture : « J’écris d’abord pour mon peuple. Et celui-ci sait qu’une kôra n’est pas une harpe non plus qu’un balafong un piano. Au reste, c’est en touchant les Africains de langue française que nous toucherons mieux les Français et par delà mers et frontières, les autres hommes. »

C’est au lycée Louis-Le-Grand (où il fait une classe préparatoire) qu’il rencontre Georges Pompidou, avec qui il restera toujours ami, mais également Aimé Césaire, autre grand ami au contact duquel vont naître le concept et le mouvement de la « Négritude ». En 1935, il est reçu à l’agrégation de grammaire et devient le premier Africain agrégé.

Fait prisonnier par les Allemands, il fait l’expérience douloureuse des camps de travail entre 1940 et 1942.

Deux événements importants marquent, en 1945 les débuts de sa double carrière de poète et d’homme politique : son premier recueil, Chants d’ombre, est publié au Seuil, et il est élu député du Sénégal à l’Assemblée constituante. En 1955-1956, il devient secrétaire d’État à la présidence du Conseil dans le cabinet d’Edgar Faure et participe activement aux débats sur l’autonomie des colonies. En 1960, le Sénégal accède à l’indépendance et le 5 septembre, Senghor remporte les élections présidentielles : débutent alors vingt ans de pouvoir à la tête de l’État sénégalais, qu’il quitte volontairement avant la fin de son cinquième mandat, en décembre 1980.

Source : http://crdp.ac-paris.fr/parcours/index.php/category/senghor


Femme noire

« Femme nue, femme noire
Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
J’ai grandi à ton ombre ; la douceur de tes mains bandait mes yeux
Et voilà qu’au cœur de l’Été et de Midi,
Je te découvre, Terre promise, du haut d’un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein cœur, comme l’éclair d’un aigle
Femme nue, femme obscure
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fait lyrique ma bouche
Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d’Est
Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur
Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l’Aimée
Femme noire, femme obscure
Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l’athlète, aux flancs des princes du Mali
Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau.
Délices des jeux de l’Esprit, les reflets de l’or ronge ta peau qui se moire
À l’ombre de ta chevelure, s’éclaire mon angoisse aux soleils prochains de tes yeux.
Femme nue, femme noire
Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l’Éternel
Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie. »

(Chants d’ombre)


Une chronique de lecture de Laura, également publiée sur son blog.